Chaque année, le Paris International Fantastic Film Festival ravit les amateurs de cinéma… fantastique. Chaque année, la programmation est aussi pointue que jouissive. Et chaque année, on ne peut s’empêcher d’aller y faire un tour.
Pour cette édition, les organisateurs avaient mis les petits plats dans les grands. Plusieurs séances étaient attendues de pied ferme (The Color Out of Space, les projections de Battle Royale, Vendredi 13 ou Rencontres du troisième type), mais comme toujours, des surprises se sont glissées durant cette petite semaine de festival. Retour sur cinq claques qu’on n’attendait pas forcément et qui risquent de faire parler d’elles dans les mois ou les années à venir.
Notre critique de Color Out of Space est ici
Jallikattu
S’il y a bien une raison pour laquelle on vient au PIFFF, c’est pour découvrir des gestes de cinéma extrêmes, qu’on ne verrait pas ailleurs. En ça, Jallikattu était clairement un des plus grands moments de cette édition. Un taureau s’échappe dans un village du fin fond de l’Inde. Les humains qui le peuplent vont passer tout le film à le chasser, dans une poursuite surréaliste au rythme dantesque appuyé par une bande originale assourdissante, qui se termine dans une sorte d’orgie malsaine. L’expérience est éprouvante, mais elle n’en demeure pas moins unique.
Why don’t you just die !
Le long-métrage russe a tout raflé, et c’était largement prévisible. Why don’t you just die ! est certes parfois un peu trop référencé, mais il détourne les codes du film à twist de façon absolument jubilatoire, déversant des hectolitres de sang au passage. Forcément, en festival, la formule, bien plus travaillée formellement que la moyenne, provoque l’hilarité.
Une réunion de famille classique, en somme
The Wave
Autre film en compétition, The Wave est l’œuvre d’un ancien consommateur de substances hallucinogènes. Un peu traumatisé par la prise non consentie d’une de ces substances, il a étalé sur pellicule ses impressions, parfois hilarantes, parfois non sensiques et souvent visuellement somptueuses. Loin de la comédie mollement provocatrice sur fond de drogue promise, le résultat se veut surtout très poétique, grâce à une gestion de la narration se mariant très bien avec les délires psychédéliques et absurdes qui ponctuent les délicieuses 1h30 de métrage.
Mope
Deux ratés de l’industrie du porno veulent devenir des stars, et sont prêts à tout pour y arriver. La saleté de l’image, le traitement du détestable personnage principal et certains tics de mise en scène font forcément penser aux premières œuvres de Winding Refn, (les Pusher et Bleeder). Parfois un peu trop démonstratif pour son propre bien, le film rend hommage à son modèle, crachant la morbidité psychologique et physique qui gît dans une industrie sans pitié et donc très humaine à la tronche de son spectateur. A ne pas mettre entre toutes les mains.
Dogs don’t wear Pants
Les chiens ne portent pas de pantalon, surtout ceux qui pratiquent le BDSM, thème principal de cette réalisation finlando-letto-tchèque (on a totalement inventé ce mot). Chose assez étrange à la clôture d’un festival adorant le cinéma d’horreur sous toutes ses formes : il s’agit en fait d’une comédie romantique pure. Et là où le geste devient très beau, c’est que ce statut ne l’empêche jamais de traiter de la pratique sexuelle de façon méprisante ou ignorante. Les chiens ne portent pas de pantalon, mais les humains portent leurs émotions, qu’elles soient simples ou extrêmes.