Joker : Quentin Tarantino adore la scène la plus choquante du film

Gael Delachapelle | 5 février 2021 - MAJ : 05/02/2021 13:19
Gael Delachapelle | 5 février 2021 - MAJ : 05/02/2021 13:19

Quentin Tarantino a donné son avis sur le Joker avec Joaquin Phoenix, un film qu'il qualifie de subversif. Attentions, spoilers !!!

Depuis sa sortie en 2019 et son milliard de dollars au box-office mondial, le Joker de Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix dans le rôle-titre, a été sujet à débats dans la communauté cinéphile. En effet, après son succès à la Mostra de Venise, dont il est reparti avec le Lion d’Or, et aux Oscars où son acteur a été enfin couronné meilleur acteur, la qualité de cette ambitieuse origin story librement adaptée des comics DC a été remise en question par certains cinéastes.

Ce fut le cas notamment de David Fincher, réputé pour dire haut et fort ce qu’il pense de l’industrie hollywoodienne, qui a confié récemment, lors de la promotion de son dernier film NetflixMank, un regard assez cynique sur le succès critique et commercial du film de Todd Phillips. Selon ce dernier, personne n’aurait en effet parié sur un succès aussi géant d'un film de comics qui mélange Taxi Driver et La valse des pantins de Martin Scorsese si The Dark Knight de Christopher Nolan n’avait pas eu un succès aussi massif quelques années auparavant, ayant prouvé à l’époque la rentabilité de cette formule en atteignant le milliard de dollars.

 

photoQuand le Joker entend David Fincher parler de son film... 

 

Mais un autre cinéaste tout aussi important et apprécié dans l’industrie hollywoodienne a également donné son avis sur Joker, à savoir Quentin Tarantino en personne. Et apparemment, le réalisateur de Once Upon a Time... in Hollywood aime le film de Todd Phillips, au point même de le trouver "subversif".

En effet, dans un entretien avec le cinéaste britannique Edgar Wright, pour le numéro du magazine Empire supervisé par le réalisateur de Baby Driver, Tarantino parle de Joker comme d’un film subversif, en évoquant précisément une scène clé du long-métrage, pour ne pas dire l’une des meilleures. En ligne de mire, le meurtre du présentateur Murray Franklin (Robert De Niro) sur le plateau de son talk-show, assassiné d’une balle dans la tête par le Joker :

« La subversion a un niveau énorme, ce qui est profond dans cette scène, c’est que ce n’est pas seulement surprenant, ce n’est pas seulement fascinant et excitant, le réalisateur subvertit le public parce que le Joker est un putain de cinglé. Le personnage du talk-show de Robert De Niro n’est pas un méchant de cinéma. Il ressemble à un connard, mais ce n’est pas plus un connard que David Letterman [présentateur du Late Show sur CBS jusqu’en 2015, ndlr]. C’est juste un connard de comédien, un gars de talk-show.

 

photo, Robert De NiroRobert De Niro qui semble peu convaincu par l'avis de Tarantino sur sa mort... 

 

Ce n’est pas un méchant de cinéma. Il ne mérite pas de mourir. Pourtant, pendant que le public regarde le Joker, ils veulent qu’il tue Robert De Niro ; ils veulent qu’il prenne ce flingue, qu’il le colle dans ses yeux et fasse sauter sa putain de tête. Et si le Joker ne l’avait pas tué ? Vous seriez énervé. C’est de la subversion à un niveau énorme ! Ils ont amené le public à penser comme un fou et à vouloir quelque chose [qu’ils ne voudraient normalement jamais]. Et ils mentiront à ce sujet ! [Le public] dira ‘Non, je ne [voulais pas que ça se produise] !’ Et ce sont des putains de menteurs. Ils l’ont fait. »   

Apparemment, Quentin Tarantino a un regard beaucoup moins cynique sur la subversion que représente Joker au milieu des adaptations de comics à Hollywood, comparé à un David Fincher qui ne voit derrière l’audace du film de Todd Phillips qu’une recette toute faite pour piéger son public. En attendant, vous avez l’avis du maître de la subversion en personne sur la question.

Et pour savoir si on trouve que Joker est un film subversif, ou tout simplement pour savoir si on a aimé ou pas, vous pouvez aller voir notre critique du film.

Tout savoir sur Joker

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commentaires
Thekiller
08/02/2021 à 04:42

Ce film n'a rien de subversif.

Terryzir
07/02/2021 à 14:32

@Arthur
C'est un espace de commentaires ici, désolé d'avoir froissé ton idole de pacotille mais pour moi (et nombre de cinéphiles qui se respectent), Tarantino, c'est ni plus ni moins que le David Guetta des salles obscures ! Je reprends mot pour mot ses dires : "Je suis un voleur. Je me sers dans tous les films déjà réalisés. Les grands artistes ne font pas d'hommages, ils volent !"
Source : https://www.lepoint.fr/cinema/tarantino-accuse-de-plagiat-31-12-2015-2006376_35.php
Encore faudrait-il être un Fellini pour assumer de tels propos, mais Tarantino c'est tout sauf l'authenticité, la subtilité et la génialité du cinéaste de 8 et demi. Ca y va avec ses gros sabots yankees de fétichiste-cinéphage pour un résultat toujours plus décevant, hideux et poseur, à l'image du gros tas de m**** qu'il est.

Une étude sur les "hommages du grand artiste" autoproclamé :
https://www.youtube.com/watch?v=KYM_ZRjPD-A

En littérature, si tu t'amuses à agir de façon similaire, tu es voué aux gémonies. Au cinéma, on t'encense... Seule explication à cela : le public (et désormais la critique) n'y connaît rien ou ne cherche pas vraiment à creuser le sujet. Ou parce que c'est avant tout une industrie acéphale qui pond des films comme des boîtes de conserve à la Warhol, le geste arty et cynique en moins. Lis la dernière interview de James Gray dans les Cahiers.

Et comparaison n'est pas raison ! Certes, on ne crée pas ex nihilo, mais quand Picasso s'inspire de l'art africain, il ne le copie pas. Quand James Joyce s'inspire d'Homère pour son Ulysse, il le transpose. Au cinéma, quand Scorsese réalise Cape Fear, c'est en assumant un véritable hommage à Hitchcock et Orson Welles jusque dans sa BO. Et c'est un acte pas du tout manqué, unique et signé comme tel.

Que Tarantino ait été assez malin pour faire les films qu'il a fait, c'est grâce (à cause ?) de l'indigence de son auditoire alors victime consentie de son imposture devenue culte.
Et si toutefois "pasticher" les autres depuis 30 ans fait de ce Rastignac un cinéaste à part entière, s'il est coupable d’une chose, c’est peut-être bien de ne rien avoir finalement à dire.

beyond
06/02/2021 à 22:09

Le point de vue de Tarantino sur la scène du Joker m'évoque un épisode des SOPRANOS qui m'avait beaucoup marqué justement pour les mêmes raisons.

ATTENTION SPOIL ALERT!

Il s'agit de l'épisode où la psychologue de Tony Soprano se fait violer. Elle retrouve plus tard l'identité de son agresseur et le spectateur se prend à espérer qu'elle va en parler à son client qui est le boss de la mafia afin qu'il la venge.
A la fin de l'épisode, Tony remarque qu'elle n'est pas dans son assiette. Il lui demande si elle va bien. Elle lui répond oui et elle appuie sa réponse d'un regard à la caméra qui place chaque spectateur face à sa conscience.
J'ai trouvé ça très fort comme procédé.

Cépafo
06/02/2021 à 21:28

Erratum: '' celle de l'appartement ''

Cépafo
06/02/2021 à 21:27

J'ai surkiffé ce film de Todd Phillips.

Mais de là à ce que Q.T considère cette scène comme subversive ???

La scène la plus '' marquante'' est belle et bien celle de l'ammqrtement.

J' ai beaucoup aimé ce Joker mais de là à le qualifier de subversif.

Ce n'est pas non plus Fight Club ou Seul contre tous non plus.

Arthur
06/02/2021 à 15:26

@Terryzir d'accord... Si Tarrentino est un DJ en musique toi tu es quoi ? La poussière sur le disque ? Quoique ce serait offensant pour la poussière...

Flo
06/02/2021 à 13:14

C’est exactement ce que cherchaient certains cinéastes, en mettant les spectateurs dans les pas d’un criminel : faire en sorte qu’ils soient brièvement de son côté, même dans le Crime.
C’est Norman Bates qui met trop de temps à couler la voiture avec le cadavre de Marion Crane, par exemple… Le suspense empathique y est détourné au profit de l’assassin (et avant cela, de la voleuse). L’angoisse serait qu’il ne réussisse pas totalement son forfait et qu’il soit arrêté à ce moment là, ce qu’il mérite pourtant – la conclusion de « Psychose » allant aussi jusqu’à le dédouaner partiellement de ses actes.

Sascha
06/02/2021 à 11:24

@Glitch

Surtout que le compositeur de cette chanson ne toute plus aucune royalitie ni droit d auteur. Donc bon, il n'a que ses yeux pour pleurer vu que la thune va direct à sa maison de disque

Terryzir
05/02/2021 à 20:49

Tarantino au cinéma, c'est l'équivalent d'un DJ en musique : ça mixe et remixe le boulot des autres.
En littérature, on parlerait de plagiaire... Au cinéma, on préfère les "hommages".
Ses avis, ses films, tout y est faux, simulé, surfait et mauvais.

Eddie Felson
05/02/2021 à 20:29

@Glitch bidule...
Et alors?!?!? RAF de qui est cette musique tant qu’elle porte et transcende l’image! Marre du révisionnisme culturel

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