Michael Lonsdale, interprète de Moonraker et Des Hommes et des Dieux, est mort

Par La Rédaction
21 septembre 2020
MAJ : 23 septembre 2020
23 commentaires
photo, Agora

Visage emblématique du cinéma international, le grand Michael Lonsdale est mort, à l’âge de 89 ans. 

Peu d’artistes auront embrassé la carrière de comédien avec l’intensité et la versatilité de Michael Lonsdale, acteur protéiforme, dont la poétique sérénité accueillait une palette de jeu d’une ampleur unique. Metteur en scène, interprète, aussi à l’aise sur les planches que devant la caméra, il fut également un comédien de doublage reconnu. 

C’est François Truffaut qui lui permettra de se faire connaître à l’écran, grâce à La mariée était en noir et Baisers volés. Dès lors, il ne cessera plus de tourner, oscillant entre un cinéma d’auteur parfois très pointu, et un cinéma plus grand public, voire hollywoodien. Sa filmographie est émaillée de collaborations prestigieuses et variées, puisqu’il travailla avec Orson Welles, Joseph Losey, Jean Eustache, mais également Jean-Pierre Mocky ou encore Steven Spielberg

 

photo, MoonrakerUn des meilleurs adversaires de James Bond

 

Entre ces compositions brillantes et instantanément reconnaissables, il eut l’occasion de composer des personnages, souvent truculents, dans des productions américaines telles que Moonraker, un des James Bond les plus kitsch et cosmiques, ainsi que Munich de Steven Spielberg. Des choix étonnants, qui contribuèrent à en faire un artiste complet, incontournable. Parallèlement, il collabora notamment avec Marguerite Duras, pour laquelle il interpréta une partie du doublage d’India Song

Les années n’entamèrent ni son enthousiasme ni son aura, puisqu’on le retrouvait encore en 2010 à l’affiche de Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, pour lequel il obtint le César du meilleur second rôle masculin. En 2015, on le retrouvait à l’affiche du précieux polar Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners. Ne manquant pas de curiosité, il se prêta à l’exercice du doublage de jeu vidéo, pour 007 Legends et Californium

Sa malice, son érudition et la générosité avec laquelle il abordait la spiritualité (Michael Lonsdale était un catholique fervent et passionné) manqueront au 7e Art, au théâtre et à ses contemporains. 

 

photo, Munich

photo, Agora

photo, Des hommes et des dieuxLonsdale chez Spielberg, Amenabar et Beauvois

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TOCAP

Génial aussi dans « CHACAL » !

Ray Peterson

Ça commence à faire beaucoup les hécatombes là!
Un grand bonhomme ce Lonsdale. Au delà de son rôle subtil dans le Truffaut, la Mariée état en noir, il m’avait trop impressionné, quand j’étais jeune avec sa coupe de cheveux noire et son regard noire et ses habits noire dans le Nom de la Rose.
Plus de 60 ans de carrière le monsieur. Et quand je pense que pour moi, un de ses meilleurs et derniers rôles dans le très beau Maestro, il avait plus de 80 ans! Chapeau bas l’artiste!

Brasch-Eazy-E

Grand rôle aussi, très politiquement correct, dans « Le Fantôme de la Liberté ».

Chonrei

On a partagé le même TGV il y a 20 ans. Je n’ai pas osé le déranger. Un grand monsieur.

Kyle Reese

Sir Hugo Drax un méchant très flegmatique dans un des James Bond les plus Kitch.
Je ne connaissais pas bien l’acteur mais il semblait vraiment à part, profond.

Une phrase du Téléphone rose devenu culte pour moi car annonçant 10h sur les ondes de Nova:

« 10h, c’est un peu tôt pour le champagne »