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Alan Parker : le réalisateur de Midnight Express, Fame, The Wall… est mort

Par Camille Vignes
1 août 2020
MAJ : 3 août 2020
28 commentaires
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Alan Parker, l’homme derrière les fameux Midnight Express, Birdy, Les Cendres d’Angela ou encore La Vie de David Gale est décédé. 

Alan Parker, c’était dès le départ une proposition forte, une volonté de se démarquer et de marquer l’histoire du cinéma avec Du riffy chez les mômes (Bugsy Malone en version originale) : une parodie des films de gangsters sortie en 1976, où des acteurs enfants sont propulsés dans des rôles d’adultes.

Alan Parker, c’était ensuite Midnight Express, l’un de ses films les plus célèbres, le deuxième de sa filmographie en tant que réalisateur. Arrivé en salles en 1979, le film avait reçu alors deux Oscars (Meilleur scénario adapté pour Oliver Stone, Meilleure musique), et Alan Parker avait été nommé comme meilleur réalisateur. Ce cauchemar mené par Brad Davis donnait, et donne encore aujourd’hui, le frisson, s’attaquant avec une rare intensité au milieu carcéral. Impossible depuis de filmer une prison sans être dans l’ombre de ce classique du cinéma. Midnight Express a provoqué de vives réactions, notamment en Turquie, lieu de l’action, où il a été interdit jusqu’en 1993.

 

photo, I Brad DavisMidnight Express

 

Alan Parker, c’était aussi un amour pour les films musicaux, et il l’avait prouvé avec son troisième film, lui aussi culte : Fame. Décliné depuis en comédie musicale ou encore à la télévision, le film avait lui aussi été récompensé de deux Oscars (Meilleure chanson, Meilleure musique).

Et cet amour pour les films musicaux ne s’envolera pas de si tôt puiqu’il donnera naissance en 1982 à l’un des grands chefs d’oeuvre du cinéma : Pink Floyd The Wall, une fresque rock complètement psychédélique et incroyable. Un film contestataire qui parle de libération sexuelle et de folie… bref, un ovni de cinéma. Et peu importe si le cinéaste parlera d’une expérience de tournage terrible et difficile, en partie à cause des conflits avec Roger Waters et Gérald Scarfe.

Alan Parker, c’était en 1984 Birdy, autre film culte réunissant Matthew Modine et Nicolas Cage, qui lui aussi touche à la folie en racontant l’histoire de deux gars revenus complètement traumatisés du Vietnam… l’un des deux se prennant pour un oiseau.   

 

photoWe don’t need no education

 

Les films cultes, Alan Parker les a enchainés, et il ne s’est pas arrêté après Birdy puisqu’en 1987, c’était Angel Heart qui perçait les écrans de cinéma. Un film noir et intense avec un Robert De Niro et un Mickey Rourke mémorables, qui n’a pas rencontré le public à l’époque, mais est depuis devenu un objet de fascination.

 

photo, Alan ParkerAlan Parker garde la tête froide sur le plateau d’Angel Heart

 

Ensuite il y a eu Mississippi Burning en 1988, un film lourd, qui plante son décor en 1964 sur fond de racisme et de Ku Klux Klan. Parker sera nommé à l’Oscar du meilleur réalisateur. Et en 1990, Alan Parker, c’était Bienvenue au paradis, un métrage qui raconte la romance entre un américain et une japonaise, Pearl Harbour venant semer la pagaille en arrière-plan.  

 

photo, Gene Hackman, Willem DafoeMississippi Burning

 

En 1991, Alan Parker revenait à la musique avec Les Commitments, échec en salles mais film culte depuis. En 1994, Alan Parker c’était la réunion d’Anthony Hopkins, Bridget Fonda, Matthew Broderick ou encore John Cusack dans la comédie excentrique Aux bons soins du Docteur Kellogg. Et en 1997, c’était au tour d’Antonio Banderas et de Madonna de se rencontrer devant sa caméra, une nouvelle fois pour un film musical : Evita.  

Après ça, Alan Parker, ce n’est plus que deux films en qualité de réalisateur, deux films forts, lourds et sombres, même si moins célébrés. Les Cendres d’Angela d’abord, un long-métrage terrible sur la misère humaine, suivant une famille américaine quittant l’Amérique pour se réinventer en Irlande… sans y parvenir. La Vie de David Gale ensuite : un long-métrage avec Kevin Spacey et Kate Winslet qui parle de peine de mort, de viol, de meurtre. C’est son dernier film en tant que réalisateur.

Depuis Alan Parker c’était surtout l’absence. Il avait bien signé les musiques Britannic ou encore D-Day, leur jour le plus long… mais il avait tiré sa révérence derrière la caméra. Après des années passées sans vraiment faire parler de lui, l’homme qui avait commencé dans une agence de publicité de Londres avant de se tourner vers le cinéma, avait annoncé prendre sa retraite en 2015. Il est décédé ce vendredi 31 juillet 2020 des suites d’une longue maladie. 

 

photo, La Vie de David GaleAlan Parker sur le plateau de La vie de David Gale 

 

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Marc

Le film qui ma le plus marqué de Alan Parker c’est BIRDY un chef-d’oeuvre. L’ histoire de deux potes après le Vietnam le personnage de Nicolas Cage retrouve son pote BIRDY interprété par Mattew Modine dans un asile traumatisé par la guerre, un film choc . Alan Parker un géant du Cinéma ses films ont marqué des générations de Cinefiles.

Clay

Parmi sa filmographie impressionnante, Angel Heart m’avait marqué quant je l’ai vu ado.Son atmosphère poisseuse et moite, la lumière et le duel Rourke vs De Niro.The Commitments aussi avec sa bo et ses personnages gouailleurs et débrouillards.

Grand réalisateur.RIP

Daddy Rich

J’aime beaucoup de ses films (The Commitments, Mississippi Burning ou Angel Heart)!
Mais celui qui aura marqué et imprégné ma rétine jusqu’à la fin de ma vie, restera BIRDY!!!!!!!
Une sorte de CHOC pour le minot que j’étais!

alulu

C’est une montagne qui disparaît. Le mec savait poser une ambiance poisseuse comme personne. Les réals de films d’horreur devraient en prendre de la graine. J’ai mis un paquet de temps pour revisionner Midnight Express. Des films immersifs, tout ça sans casque virtuel.

Andarioch1

Mon préféré, Mississipi burning, mais bon, pas facile de choisir tant Parker est un des très rares réalisateurs qui aurait décemment put se vanter de n’avoir aucune daube dans sa filmo.