Seul Contre Tous, Calvaire : Philippe Nahon, génial ogre du cinéma de genre, est décédé

La Rédaction | 19 avril 2020 - MAJ : 19/04/2020 17:56
La Rédaction | 19 avril 2020 - MAJ : 19/04/2020 17:56

Il était devenu une des tronches les plus emblématiques du cinéma de genre français. Philippe Nahon est décédé. 

Présent sur les planches, à la télévision et au cinéma depuis les années 60, Philippe Nahon est instantanément devenu un monstre de cinéma en 1991, quand sa rencontre avec un jeune réalisateur, Gaspar Noé, fait de lui la personnification d’un cinéma alors ostracisé. Haute tensionCalvaireIrréversibleLe Pacte des loupsLes Rivières PourpresUne affaire privée et quantité d'autres longs-métrages ont bénéficié de ses compositions reconnaissables entre mille. Signe aussi bien de son influence auprès des générations émergentes de cinéastes que de l'attention qu'il leur portait, l'acteur fut, jusqu'à la fin de sa carrière, investi dans quantité de courts-métrages.

 

photo, Seul contre tousLe choc Seul contre tous

 

Les 40 minutes de Carne, annonçant le choc à venir Seul contre tous (1998) cristallise tout ce qui bouillonne alors dans une création hexagonale désireuse de faire sauter verrous et carcans. Monolithique, toujours sur le point d’exploser, roc de violence rentrée terriblement humain, Nahon imprime la rétine des cinéphiles et nombreux cinéastes en devenir. Dans les années qui suivront, Mathieu Kassovitz, Guillaume Nicloux, Fabrice Du Welz ou encore Alexandre Aja auront recours à ce talent singulier. 

Silhouette menaçante, figure gouailleuse, chasseur enragé ou assassin au borborygme facile, second couteau ou figure passagère, Philippe Nahon insuffle une hargne gourmande au cinéma à la papa et chaleur aux propositions radicales, comme s’il unifiait dans un même geste un 7e Art de gueules et de voix, et l’éruption en devenir qu’on appellera la french frayeur. 

Devenu quasiment un effet spécial à lui seul, l’artiste s’était finalement mû en un totem référentiel, capable de passer en une inflexion de sourcil de la truculence à une violence sourde. Sa voix rocailleuse, son œil rieur jusque dans l’horreur, cet appétit rabelaisien pour les films remuants, se sont éteints et nous manquent déjà.  

 

photo, Mafiosa, le clanMafiosa

photo, Haute tensionHaute tension

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commentaires

captp
20/04/2020 à 18:43

Bordel l'hommage de gaspar Noe sur le site de libe est à chialer tellement c'est émouvant :(

Split frequence
20/04/2020 à 11:16

je pense qu'on peut projeter le film "Carne" à un jeune public pour l'inciter a ralentir sur la consommation de viande rouge,

Pseudo1
20/04/2020 à 00:00

@Goustan le Cruel
Mais regardez mon fils, Léodagan, toute ma vie je l'ai traité de trou du cul, et bien regardez l'résultat ! Tout l'monde l'appelle le Sanguinaire.

Goustan Le Cruel
19/04/2020 à 20:48

« C'est justement parce que vous avez été cocollé par une lopet** de jardinier que vous gouvernez comme une femme ! »

Stavos
19/04/2020 à 19:57

Aucune mention de son rôle dans LES VISITEURS 2, je suis très déçu.

captp
19/04/2020 à 19:07

très triste nouvelle.
le verra t'on dans kaamelott en pére de léodagan ? je l’espère :(

Ray Peterson
19/04/2020 à 18:43

Raaah, encore un qui part. Un comédien au talent démentiel, une tronche et une voix unique.
Une filmo hallucinante où il n'hésitait pas à se mouiller dans des courts aussi.
Ça commence à faire beaucoup là... RIP maestro

Mx
19/04/2020 à 18:30

Et n’oublions pas non plus Charles subra dans mr73!

RIP, pour une sacrée gueule de cinoche.

Arnaud (le vrai)
19/04/2020 à 18:10

On est des orphelins de Carmelide maintenant :(

Dirty Harry
19/04/2020 à 18:07

Il va manquer çuilà ! Dire qu'il a commencé au théâtre à moucheter au fleuret, de mousquetaire agile et léger il est devenu une masse de brutalité géniale ! Allons rappelons nous son évangile dans Seul contre tous : "Si je pouvais recommencer une existence, je devrais faire des films porno. Là au moins, c'est clair. Les gens qui font ça, ils ont tout compris au sens de notre espèce. Soit t'es né avec une bite et tu n'es utile que si tu te comportes comme une bonne bite bien dure qui bourre des trous. Soit t'es né avec un trou et tu ne seras utile que si tu te fais bien bourrer. Mais dans les deux cas t'es tout seul. Oui, moi je suis une bite. C'est ça. Je suis une misérable bite. Et pour me faire respecter, il faudra que je reste toujours bien dur..."
RIP la bite !

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