R.I.P : Anna Karina s'en va faire Bande à Part

La Rédaction | 16 décembre 2019 - MAJ : 16/12/2019 12:52
La Rédaction | 16 décembre 2019 - MAJ : 16/12/2019 12:52

Anna Karina est morte. Alors que l’icône disparaît, c’est une carrière et un symbole qui se rappellent à nous, dans une lumière paradoxale et insaisissable.

Égérie de Jean-Luc Godard entre 1960 et 1967, Anna Karina en est venue à symboliser presque à elle seule l’air créative de son temps, traversant quelques uns des très grands films de Godard, lui-même créateur alors aux avant-postes d’une Nouvelle Vague sur laquelle tous les yeux du monde était braqués.

Le Petit soldat, Une femme est une femme, Vivre sa vie, Bande à part, Pierrot le fouAlphaville et Made in U.S.A. sont des œuvres qui secouent le 7e Art, le tordent et insufflent des révolutions formelles profondes, le monde du cinéma les scrute et les commente abondamment. Et Anna Karina y évolue avec un mélange d’énergie, de grâce et d’évidence qui la rend rapidement indissociable de ces créations.

 

photo, Roulette chinoiseAnna karina dans Roulette chinoise

 

On a parfois l’impression que la carrière de celle qui arriva à Paris depuis le Danemark encore mineure et en stop se résume à ces collaborations éclatantes, mais ce serait oublier que sa carrière se prolongea bien au-delà du duo et du couple qu’elle forma avec Jean-luc Godard, puisqu’elle fut tout aussi excellente du côté de chez Rivette, dans La Religieuse ou pour Luchino Visconti dans L'Etranger.

Devenue petit à petit l’icône d’un certain cinéma français parisien, Anna Karina aura continué à rayonner sur la cinéphilie mondiale (la pluie d’hommage de réalisateurs de tous pays et générations depuis l’annonce de son décès est frappante), quand l’aura de la Nouvelle Vague décroissait, pour finalement se recroqueviller.

Il n’empêche, cette muse, qui fut bien plus qu’une muse, régnait encore sur le dernier âge d’or de la production hexagonale, comme si elle en avait capturé l’essence, devenant la dernière incarnation d’une liberté et d’une créativité qui paraissent parfois à des années lumières.

 

photoL'affiche hommage du Festival de Cannes en 2018

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commentaires

warriors
16/12/2019 à 20:35

une grande dame

Dirty Harry
16/12/2019 à 18:23

Exactement. Pas à coté, pas n'importe où....Qu'est ce que je peux faire, je sais pas quoi faire....On se retrouve bientôt chérie, le temps que je termine ma vie ici bas...

captp
16/12/2019 à 14:44

sous le soleil pour toujours !
rip.

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