Amare Amaro : critique sicilienne

Chris Huby | 3 octobre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Chris Huby | 3 octobre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Dans un petit village de Sicile, Gaetano décide d'enterrer son frère décédé à la suite d'une rixe ambiguë, bravant les lois du pays ancestrales claniques et mettant en péril sa propre famille. 

Le premier film de Julien Paolini annonce d'office la couleur : les personnages principaux sont des intrus, des étrangers du pays sicilien, des "français" dérangeants qui n'ont guère de racines sur le territoire. La thématique de l'enracinement clanique est donc abordée de front avec toutes les problématiques que cela sous-entend.

Règlements de comptes de voisinages, histoires cachées, secrets révélés et paranoïa aiguë, ce qui marque d'emblée dans Amare Amaro est cette utilisation des plans d'isolement et de misère relative des rues du village. Nous sommes délibérément plongés au sein de quelque chose qui ne veut pas bouger, macabre, dans un immobilisme apparent qui ne cessera de vouloir régler les soucis dans la radicalité, le silence et la discrétion.

 

Photo

 

Le script développe la volonté du personnage principal à réagir vite alors qu'il se retrouve confronté tour à tour à la coutume villageoise, à sa belle famille divisée et au pointage quasi raciste de l'étranger. Joutes de pouvoirs et naturalisme violent se mélangent tout au long d'un récit à l'écriture simple mais efficace.

A l'image, la mise en scène est travaillée, beaucoup d'idées de plans apparaissent pour marteler l'importance de la nature. Comme s'il s'agissait d'un miroir lointain, brandi, qui nous rappelle la nature profonde des clans ne cherchant qu'à survivre et à se protéger.

 

photo Julien PaoliniJulien Paolini

 

La question de l'intrus ne cesse de se poser, mais d'autres mythes plus souterrains apparaissent ici et là dans Amare Amaro. En se basant sur le récit d'Antigone, le réalisateur adapte la fresque de Sophocle dans un universalisme roi : pour des raisons soi-disant politiques, la belle-mère interdit ainsi au héros d'enterrer son frère, martelant toute son ambiguïté du pouvoir et son désir sous-jacent.

Ce que l'humain porte d'ancestral dans ses méandres sexuelles finit par apparaître dans ses mains à travers des décisions brutales et refoulées. C'est ce qui est finalement montré dans un premier film au fond maîtrisé à côté d'une forme intéressante et qui promet pour la suite. 

 

En conclusion, un film franco-italien à voir, pour ceux qui suivent depuis longtemps les productions entre les deux pays et la sagesse de l'histoire mythologique qui se reproduira, encore et encore. Découvert au dernier Festival International du Film de Saint-Jean-De-Luz.

 

Affiche

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commentaires
MystereK
03/10/2018 à 20:32

"une phrase sur trois gifle violemment les règles les plus élémentaires de syntaxe"

On aime les gens pour ce qu'il sont, ce qu'ils pensent, ce qu'il transmettent comme savoir, comme plaisir, pas pour la façon dont ils écrivent,. Mieux vaut un article qui veut dire quelque chose avec quelques fautes qu'un article qui ne veut rien dire impeccable grammaticalement et sans fautes. IL faut regarder ce qu'il y a dans la maison, pas sa façade.

mmmmmmmmm
03/10/2018 à 15:54

La Corse....quoi.

Geoffrey Crété - Rédaction
03/10/2018 à 15:26

@Kamitora

Ecrire en direct d'un festival est un exercice périlleux, et sur ce coup, l'article a été publié avant relecture par accident.

Kamitora
03/10/2018 à 14:25

Désolé, mais une fois encore sur EL, un article dont une phrase sur trois gifle violemment les règles les plus élémentaires de syntaxe (on ne parle même plus d'orthographe, là). C'est indigne d'un texte destiné à un public. Relisez vous bordel, par respect pour vos lecteurs...!

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