A part Ça, les trésors perdus de Stephen King : Salem

Christophe Foltzer | 20 août 2017
Christophe Foltzer | 20 août 2017

Tous les week-end jusqu'à la sortie de Ça, la rédaction se penche sur une adaptation oubliée du maître de l'horreur ! 

Carrie au bal du diableShiningThe Mist … L’œuvre foisonnante de Stephen King a logiquement servi de matrice à certains des grands films fantastiques de ces dernières décennies. Alors qu’approche la sortie du remake de Ça, que La Tour Sombre débarque sur les écrans et que la série Mr. Mercedes démarre, la rédaction vous propose de revenir sur les adaptations de King.

Mais pas n’importe lesquelles : pas les chefs d’œuvres ultra-commentés, pas les réussites éclatantes ou les perles du genre. Non, derrière ces emblèmes bien connus se niche une tripotée d’adaptations beaucoup moins connues, qui composent un coffre à trésors horrifiques particulièrement réjouissant.

Films fous, inclassables, ratés, malades ou incompris... chaque week-end, Ecran Large plonge dans l’héritage bizarroïde du Maître de la Terreur, en vous proposant de revenir sur des adaptations peu ou mal connues.

 

Photo Salem 2004

 

LE SHERIFF A LES DENTS LONGUES

Quand on parle de l'adptation du roman Salem de Stephen King, une référence vient immédiatement en tête, Les Vampires de Salem, mini-série de Toebe Hooper réalisée en 1979 avec David Soul, charcutée chez nous pour avoir un film cinéma et enfin sortie dans sa version d'origine il y a quelques années en DVD. Un petit classique télévisé qui accuse néanmoins son âge puisque, à bien y regarder aujourd'hui, le format de l'époque rend l'expérience douloureuse entre costumes 70's, photographie de série télé vieillotte et rythme sacrifié. S'il vaut toujours le coup d'oeil, pour la culture et l'Histoire, nous préférons nous intéresser ici au remake de 2004, plus actuel et beaucoup moins connu.

 

Photo Salem 2004

 

Publié en 1975 par un Stephen King encore en pleine ascension, Salem fait en réalité partie d'un triptyque, puisqu'il s'intercale chronologiquement entre deux nouvelles parues dans le recueil Danse Macabre : Celui qui garde le ver et Un dernier pour la route. Avec Simetierre, Salem est l'un des grands récits horrifiques du Maître dans sa première période ainsi qu'une violente critique de la société rurale Américaine dont il pose les bases qui seront par la suite sa marque de fabrique : Un héros écrivain, Ben Mears, qui revient dans la ville où il a grandi, Jerusalem's Lot, dans le Maine, encore marquée par un drame et un douloureux secret lié à la fameuse Marsten House sur les hauteurs. En parallèle un vieil antiquaire, Richard Strakervient d'acheter le manoir et d'ouvrir une boutique en ville en compagnie de son associé, le mystérieux Kurt Barlow, qui ne devrait pas tarder à arriver. A moins qu'il ne soit déjà là.. Revenu chez lui pour écrire son prochain roman, sur Marston House justement, Mears remarque bientôt que des phénomènes étranges se passent dans la petite communauté. 

 

Photo Salem 2004

 

ANATOMIE DE L'HORREUR  

Sans être exceptionnelle, cette nouvelle adaptation de Salem se révèle très fidèle au matériau original, si l'on dépasse les petites trahisons obligatoires dans sa construction dramatique pour livrer une mini-série trépidante propre à scotcher le spectateur. Ce qui fait diablement plaisir, c'est que le fond terrible et potentiellement choquant du roman n'a pas été adouci, les séquences attendues sont belles et bien présentes et fonctionnent comme il se doit. La grande différence avec la version Tobe Hooper, c'est bel et bien son ton général. Si le Salem de 1979 proposait une production dans les clous des canons de l'époque pour mieux la pervertir ensuite, le Salem de 2004 ne perd pas de temps et pose tout de suite son ambiance dark et crépusculaire. Ici, on n'est pas là pour rigoler et l'ambiance y sera poisseuse et inquiétante. Et ça fonctionne plutôt pas mal, il faut bien le reconnaitre. 

 

Photo Salem 2004

 

Il faut dire aussi que la mini-série réalisée par Mikael Salomon a su ramener du beau monde puisque nous y retrouvons Rob Lowe (déjà présent dans l'adaptation du Fléau), le toujours parfait James Cromwell, Samantha MathisRutger Hauer (qui, après le sinistre film Buffy, trouvait enfin un vrai rôle de vampire) et un Donald Sutherland des plus inquiétants jusqu'au moment où il décide de partir en roue libre et de nous gratifier d'un numéro de cabotinage anthologique.

 

Photo Salem 2004

 

Evidemment, production télé oblige, la mini-série a quelques défauts, notamment une légère simplification de certains enjeux visant quand même à adoucir légèrement le propos et, si elle est inquiétante du début à la fin, elle n'est jamais vraiment terrifiante. Pourtant, elle intrigue, accroche son spectateur et promet un beau voyage.

Différente de la version Tobe Hooper, Salem lui est donc complémentaire et prouve la puissance des histoires de Stephen King, qui ne connaissent pas de problèmes de temporalité et s'adaptent à toutes les époques. Si jamais elle repasse sur M6 ou que vous la trouvez dans un bac DVD d'Auchan, n'hésitez pas une seconde, c'est très sympa, mais que cela ne vous dispense pas de lire le roman, vraiment fantastique lui, pour le coup.

 

 

commentaires

RiffRaff
22/08/2017 à 09:10

@phil37: King a joué, ou plutôt a figuré dans plusieurs adaptations de ses romans, il a un tout petit role dans son maximum overdrive, dans Simetierre, dans le fléau, dans le shining de 97 etc.

phils37
21/08/2017 à 22:44

A part dans les Langoliers de Tom Holland ou il joue un rôle S.King a-t-il joué dans l'une de ces adaptations oubliees?

Cooper
20/08/2017 à 21:06

Vu que la version de tobe hooper mais qui a vachement vieillie mais comme ça a été dis dur dur de d arriver à niveau du roman

Matt
20/08/2017 à 19:13

Téléfilm loupé. Le personnage du père Callahan est bien en deçà du roman. Acteurs fades et réalisation mtv. Le côté nostalgie n'est pas réussi à mon sens. Et mettre du Rolling Stone à la fin pour faire cool ça marche pas. J'irais presque revoir la version de Tobe Hooper qui n'est pas fofolle non plus.
Dommage car Salem reste pour moi l'une des plus brillantes pièces de l'oeuvre de Stephen King.

Et toujours bravo pour ces articles bien sympa à lire pendant l'été.
Reste quelques pépites encore à traiter comme La Peau Sur Les Os par exemple?!

nimbari
20/08/2017 à 18:36

Sympa ces articles, j'attends celui sur The Night Flier, très bon film complètement passé inaperçu.

Galamoth
20/08/2017 à 18:06

j'avais vu cette adaptation et je n'avais pas du tout aimé. C'est justement les "petites trahisons" au roman qui ont, je trouve, déstabilisé le téléfilm. La présence de "têtes d'affiche" n'est , ici, pas un atout, je dirais même le contraire. Quant à l'adaptation de 1979, je prends ça comme une curiosité et quoiqu'il en soit je préfère largement le roman, terrible, l'un de mes préférés du maître. Chacun ses goûts n'est-ce pas:) En tout cas merci EL de faire état de ces œuvres pour certaines , méconnues.

votre commentaire