A part Ça, les trésors perdus de Stephen King : La Créature du Cimetière

Christophe Foltzer | 13 août 2017
Christophe Foltzer | 13 août 2017

Tous les week-end jusqu'à la sortie de Ça, la rédaction se penche sur une adaptation oubliée du maître de l'horreur ! 

Carrie au bal du diableShiningThe Mist … L’œuvre foisonnante de Stephen King a logiquement servi de matrice à certains des grands films fantastiques de ces dernières décennies. Alors qu’approche la sortie du remake de Ça, que La Tour Sombre débarque sur les écrans et que la série Mr. Mercedes démarre, la rédaction vous propose de revenir sur les adaptations de King.

Mais pas n’importe lesquelles : pas les chefs d’œuvres ultra-commentés, pas les réussites éclatantes ou les perles du genre. Non, derrière ces emblèmes bien connus se niche une tripotée d’adaptations beaucoup moins connues, qui composent un coffre à trésors horrifiques particulièrement réjouissant.

Films fous, inclassables, ratés, malades ou incompris... chaque week-end, Ecran Large plonge dans l’héritage bizarroïde du Maître de la Terreur, en vous proposant de revenir sur des adaptations peu ou mal connues.

 

affiche française La créature du cimetière

 

LE SOUS-SOL DE LA PEUR

Décidément, le recueil Danse Macabre a été une source d'inspiration inépuisable pour les producteurs de cinéma dans les années 80 et 90 puisqu'il a inspiré plusieurs adaptations, et pas des moindres - on y retrouve notamment la nouvelle originale des Enfants du Maïs. En adaptant Poste de Nuit, le réalisateur Ralph S. Singleton ne sort cependant pas de sa zone de confort puisqu'il avait déjà produit le premier Simetierre (et il récidivera avec sa suite).

Mais le même problème que d'habitude ne tarde pas à faire surface : comment raconter un court texte d'à peine 50 pages en un film de 90 minutes ? A la différence de The ManglerLa Créature du Cimetière possède tous les ingrédients pour une adaptation basique, certes, mais efficace.

 

Photo La créature du cimetière

 

Dans une usine de textile du Maine, le patron ordonne à une petite équipe d'employés de nettoyer une cave très encombrée et envahie par les rats. Le nouveau venu John Hall, au passé mystérieux, accepte le job mais très rapidement son caractère se frotte à celui de son boss en acier trempé. Tandis que les drames se multiplient en sous-sols, l'équipe découvre que le souterrain est en réseau avec le cimetière et qu'une terrible créature s'y tapit.

 

 

LE SOUS-SOL DE L'ALIEN

Une formule classique, comme on le voit mais parfaitement adaptée à une petite série B sans prétentions. Et d'ailleurs, La Créature du Cimetière n'essaye jamais d'être autre chose que ce qui est inscrit dans son ADN. Une honnêteté artistique qui le rend extrêmement sympathique dès le départ. Après, il faut bien l'avouer, le film est loin d'être un chef-d'oeuvre et souffre de gros problèmes de rythme tout autant que d'un budget riquiqui qui ne permet pas à l'horreur de la nouvelle de vraiment faire effet.

 

Photo La créature du cimetière

 

Terrifiant sur le papier, King étant alors en pleine période Lovecraftienne avec l'approximation des détails qui vont avec, le monstre n'est malheureusement jamais impressionnant ou tétanisant à l'écran. Pourtant, on ne peut que saluer l'effort de l'équipe de le garder dans l'ombre et de le montrer intelligemment. Mais sa révélation ne donne jamais l'impact escompté.

Cela dit, La Créature du Cimetière n'en reste pas moins une très bonne adaptation de Stephen King à l'écran, peut-être l'une des moins connues parce qu'elle n'a pas rencontré le succès auprès du public. Sorti fin 90, le film a tout juste remboursé son budget officiel de 10 millions de dollars en en rapportant 11 millions et sa sortie discrète en France ne lui a pas permis de toucher un large public, handicapé il est vrai par un changement de titre prompt à perdre les moins experts, passant de La Créature du Cimetière à Rats pour revenir à son titre d'origine. 

 

Photo La créature du cimetière

 

L'une des grosses qualités du film, c'est bien évidemment son côté crasseux, ses personnages un brin barrés (avec Brad Dourif et Andrew Divoff au casting, on ne s'attendait pas à moins) et le fait qu'il assume totalement sa fonction de film de couloir dans la droite lignée d'un Alien par exemple. Y ajoutant un petit discours social bienvenu mais un peu trop lourd par instants, le film reste très regardable encore aujourd"hui et d'ailleurs on vous le conseille plus que par curiosité.

 

Photo La créature du cimetière

 

Mais il faut garder à l'esprit qu'il est très loin de la terreur et du ton désespéré et implacable de la nouvelle originale. Et puis bon, vous allez voir, pour tout film tiré de Danse Macabre, la conclusion sera la même implicitement : regardez les films si vous voulez, mais lisez absolument Danse Macabre. C'est un chef-d'oeuvre absolu du King première période et il comporte un grand nombre de pépites, comme Celui qui garde le ver, Une sale grippe, La pastorale, Un dernier pour la route et surtout, surtout, Le Croque-Mitaine.

 

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commentaires

Cooper
14/08/2017 à 13:39

@ Dj fest, non il n'y a pas le croquemitaine dans cat's eye, il y a desintox, la corniche et la dernière c est un scénario spécialement écrit pour le film

DJ Fest
13/08/2017 à 22:31

Bien d'accord, Danse Macabre est un pur chef d'oeuvre. Sinon Matt c'est da's Cat's Eye l'adaptation (bien soft au regard de la nouvelle) du Croquemitaine.

Matt
13/08/2017 à 21:29

Merci pour vos lumières aliasniko!

aliasniko
13/08/2017 à 21:10

Matt, c'est Jeff Schiro qui a réalisé The Boogeyman. (Frank Darabont a réalisé The Woman In The Room dans la même compile).

Théo
13/08/2017 à 17:02

Vous allez faire Cujo?

Matt
13/08/2017 à 16:12

Bien dommage que le film n'explore pas les dernières pages de la nouvelle de Stephen King notamment les descriptions sur l'évolution des rats qui virent carrément au grotesque.

Reste une honnête série B, qui m'avait bien fait sourire lors de sa location dans mon bon vieux vidéoclub, rangée dans son rayon horreur/fantastique au côté des "Peur Bleue", "Vengeance Diabolique"et toute la ribambelles des "Enfants du maïs". Aaaaah que de souvenirs.

Quant à la surprenante nouvelle "Le Croque-mitaine" citée à juste titre dans l'article ci-dessus, son adaptation ( par Darabont je crois ?) était pas super super (1/2 heure de métrage pas très rythmée et qui faisait partie de plusieurs courts métrages sur une VHS prêtée par un pote de l'époque).

Si quelqu'un pouvait m'apporter ses lumières là-dessus d'ailleurs...
Meri pour ces articles en tout cas!

Cooper
13/08/2017 à 12:50

Plutôt sympa, assez sombre c est sur que ça dépasse pas la nouvelle mais toujours mieux que the mangler pour voir que ca sort de danse macabre. D après mes souvenirs la meilleure adaptation de danse macabre c est petit soldat ( voir l'une des meilleures histoires du bouquin ) c est " petit soldat " premier épisode d une série consacrée à des épisodes du King ( rêves et cauchemars), plutôt méconnue mais ca tiens d'une adaptation parfaite.

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