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Luke Cage : le premier faux pas de l’alliance entre Marvel et Netflix ?

Par Simon Riaux
4 octobre 2016
MAJ : 21 mai 2024
16 commentaires

Luke Cage est la troisième série Marvel concoctée par Netflix. Et c’est aussi le premier échec de cette alliance particulièrement prolifique.

netflix

Le troisième Defender à entrer dans l’arène Netflix, Luke Cage, a donc dévoilé sur la plateforme américaine l’intégralité de sa première saison. Après un démarrage fracassant, se pose la question de la réussite artistique de cette nouvelle création.

Après avoir découvert les premiers épisodes du show, un double constat s’imposait. D’un côté Luke Cage bénéficiait d’un univers et d’une direction artistique qui lui permettaient de se hisser très au-dessus du tout-venant, de l’autre, la série souffrait méchamment de son format. Sur la durée, cette première saison parvient-elle à équilibrer ses ingrédients ?

 

 

LE GRAND SOMMEIL 

Hélas, non. Des épisodes avoisinant la soixantaine de minutes, voilà probablement la cause de l’échec de l’ensemble. Car si pendant une demi-douzaine d’épisodes, le récit se tient à peu près, la structure, obligée de dilater à l’extrême la moindre sous-intrigue, provoque progressivement l’écroulement du show sur lui-même.

Car pour nous faire avaler qu’un type surpuissant et indestructible va mettre 13 épisodes d’une heure pour régler un problème qui ne réclame finalement qu’une grosse pluie de gnons, il faut offrir au public un tempo qui le happe et soutienne la suspension d’incrédulité. Hors, Luke Cage fait précisément l’inverse, étirant de plus en plus à chaque épisode ses dialogues, ses articulations, quand ses séquences spectaculaires, peu ou pas soutenues par la mise en scène, peinent à maintenir intérêt et adrénaline.

 

Photo Alfre Woodard, Luke Cage

 

Et le scénario de tenter par tous les moyens d’empêcher son charismatique héros de régler le problème qui l’occupe à Harlem, quitte à totalement saboter cette même intrigue. On en vient ainsi à s’ennuyer ferme quand le récit écarte plusieurs épisodes durant son protagoniste principal, pour renouveler ses adversaires et lui inventer très artificiellement un point faible. Le récit se focalise alors sur Harlem, mais le show dévoile à cette occasion qu’il n’a ni la finesse d’analyse ni la force nécessaire pour aborder frontalement ces questions.

 

Photo Mike Colter, Luke Cage

 

D’UN Z QUI SIGNIFIE ZOZO

Luke Cage s’avère donc le premier véritable faux pas de la collaboration Netflix/Marvel. Depuis la première saison de Daredevil en passant par Jessica Jones, le rythme a toujours été la principale déficience de ces productions. Mais la mise en scène et la richesse des thèmes abordés empêchait ces précédents efforts de tirer à la ligne. Malheureusement, cette dimension est également à la peine dans Luke Cage.

 

Photo Mike Colter

  

Si la série démarre sur les chapeaux de roue et sait faire appel à tout un pan de la culture afro-américaine rarement appréhendé avec autant de talent et bienveillance, l’ensemble vire malheureusement au gros Z qui tâche en cours de route. Qu’il s’agisse d’une intrigue familiale qui ne dépareillerait pas dans un spin-off de Plus Belle la Vie, de révélations grosses comme des maisons sur le passé de Cage, ou d’un pseudo-climax dont la direction artistique rendrait une taupe aveugle, la série se met soudain à enchaîner les faux pas avec une régularité qui sape totalement sa crédibilité.

Enfin, on se désole que les articulations de l’ensemble deviennent si outrageusement visibles. D’un méchant initial qu’on identifie dès le début comme bien trop faible pour tenir la distance, en passant par une intrigante censée apporter une touche de drama Shakespearien, tout est mécanique, voire ridiculement souligné. Une fois encore, la durée excessive des épisodes n’aide pas à faire passer la pilule.

 

Photo

 

QUITTE OU DOUBLE ?

Evidemment, ce faux pas est loin d’invalider les espoirs placés dans le futur Iron Fist, programmé pour mars 2017, ou rendre caduque l’attente que génère The Defenders, le crossover concocté par Netflix. Mais le ratage de Luke Cage, si patent qu’il en effacerait presque les évidentes qualités du show et l’amour évident de la culture populaire qui en transpire, ferait bien d’inspirer une profonde remise en cause de la recette, usée jusqu’à la corde.

 

Photo Mike Colter

 

Car si les intentions sont résolument appréciables (offrir un cadre mature aux super-héros, prendre le temps nécessaire à l’édification d’un univers, ne pas esquiver la violence, ne pas verser dans le clin d’œil goguenard), elles réclament néanmoins d’être repensées et adaptées à chaque personnage. Car le traitement qui fit la réussite de Daredevil et Jessica Jones est ici précisément le point faible de Luke Cage.

Une déception d’autant plus dommageable que l’interprète principal du show, Mike Colter, fait ici une percée absolument remarquable. Lors des trois derniers épisodes, il s’impose même comme la seule raison de continuer à suivre Luke Cage. Gaegons qu’au contact de Charlie Cox et Krysten Ritter, il fera encore plus d’étincelles.

 

Affiche Mike Colter

 

 

Rédacteurs :
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Bof

Affaire à suivre …

Alix84

Vu les 3 premiers episodes.
Quelque chose d’intéressant dans l’aspect blaxploitation, dans la band-originale (le superbe Raphaël Saadiq dans l’épisode 1 ).
Mais ça s’essouffle très vite et les dialogues sont souvent aussi inutiles qu’interminables.
Dommage

shtroumphette

série assez nulle comme pour daredevil d’ ailleurs je ne comprends pas tout cette engouement pour cette série dialogue très long série sur – estimée interprétation daubesque netflix comme a baisser sérieusement au niveau de la qualité de ses séries

Le connaisseur

Je ne suis pas d’accord (si si j’ai le droit). J’ai aimé cette saison un de Luke Cage, alors certes y a des longueurs, certes le final de la saison est à mon gout un peu loupé, en bref, tout n’est pas parfait. Mais honnêtement, j’ai dévoré toute la saison en 2 jours, est j’avoue que j’ai été super agréablement surpris, surtout sur un personnage Marvel que je ne connaissais pratiquement pas et dont je n’attendais pas grand chose.
Le mal de notre siècle c’est qu’on veut que ça pète dans tout les sens, qu’il y ai un rythme hyper soutenu, et bien là ça prend son temps.

Pseudo

J’ai trouvé ça bien…