Venom 2, Capone : Tom Hardy s'est-il transformé en acteur tout pourri ?

La Rédaction | 17 octobre 2020 - MAJ : 17/10/2020 18:41
La Rédaction | 17 octobre 2020 - MAJ : 17/10/2020 18:41

Comédien adoré, artiste adulé, le monstre de Venom 2 et Capone, le spectaculaire Tom Hardy, s'est-il transformé en acteur tout pété ?

En une poignée de rôles à peine, Tom Hardy s’est imposé comme un acteur détonnant, une créature de cinéma à part, au potentiel imprévisible, illimité, capable de passer du cinéma d’auteur aux cimes d’Hollywood, à la force d’un charisme invraisemblable et d’un physique de colosse toujours au bord de l’implosion. Monstre sensible, il façonne un à un des personnages instantanément reconnaissables, qu’il s’approprie au point de rendre risible la simple idée de voir un autre les interpréter. 

Mais la gloire fulgurante qui accompagne l’artiste ? Le géant à la voix caverneuse n’est-il pas déjà en train de se caricaturer et de franchir le Rubicon du cabotinage cosmique. Interprète de l’excès et amateur de transformations physiques radicales, n’est-il pas sur le point de sombrer dans une caricature de lui-même embarrassante.  Alors, jouons à nous faire peur et préparons-nous au pire, alors que sort l’embarrassant Capone et que se termine la production de Venom 2, il est temps de se demander si Tom Hardy n’est pas soudain devenu un acteur tout pété. 

 

photo, Tom HardyQuand Ecran Large commence à t'agacer

 

DRÔLES DE RÔLES 

C’était en 2001. La série Frères d'armes, produite par Steven Spielberg, est un beau succès, qui suit une galerie de jeunes soldats précipités dans l’enfer de la Seconde Guerre mondiale, lors de l’offensive alliée en Europe de 1944. Le public suit les épisodes intenses, spectaculaires, souvent écrits au cordeau, et se passionne pour cette collection de personnages charismatiques. Parmi eux, on remarque un jeune comédien d’à peine 24 ans, presque fluet. Tom Hardy. 

Revoir sa performance d’alors (et celles qui suivront, jusqu’à Layer Cake) a quelque chose de stupéfiant, tant l’homme à l’écran paraît taillé dans un bois différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Souple, doux, presque élancé, il trimballe avec ses premiers rôles une belle versatilité, donnant au premier homme de main venu une épaisseur à contretemps. Malcolm Martin avec Sucker Punch et Guy Ritchie avec RockNRolla ne s’y tromperont pas. 

Et puis vint Bronson. Long-métrage atypique réalisé par Nicolas Winding Refn, qui le compose alors comme un manifeste mégalo et désespéré, geste absurde d’un cinéaste qui, ne sachant plus où aller, se rêve en héros carcéral ultra-violent. Tom y apparaît transfiguré, presque monstrueux, boule à zéro, moustache provocante et torse sculpté par la démence (et la gonflette). 

 

photo, Frères d'armesUn tout jeune Frère d'Armes

 

Et c’est peut-être là que tout va commencer à dévisser. Sa performance est magistrale, hypnotique. Son corps menaçant paraît sur le point d’exploser, mais va croître encore. Pendant un peu moins d’une décennie, dont les deux symboles demeureront Warrior et The Dark Knight Rises, Hardy se métamorphose en veau sous hormones. 

Toujours plus gargantuesque, pour ne pas dire monstrueux, il paraît dévorer l’écran comme un Américain une côte de bœuf rissolée à la javel. Et partout, on loue l’investissement, les réussites de celui qui ferait passer Matthias Schoenaerts pour une brindille. Pourtant, à bien y regarder, exception faite de quelques succès massifs, on peut sentir que l’acteur expérimente... étonnamment. On ne l’a jamais senti franchement bavard, et on a connu des perruches plus à l’aise avec la langue de Shakespeare. Mais ce que Tom nous offre soudain, par la grâce de ses cordes vocales, c’est l’alliage d’un haut fourneau copulant avec une scie sauteuse dans la rosée moite d’un matin d’octobre. Et le procédé paraît l'amuser comme un petit fou.

 

photo, Tom HardyLe beau bébé de Bronson

 

STUPEUR ET GROGNEMENTS 

Bane avait donné des sueurs froides à Warner, qui contraint Christopher Nolan à revoir son mixage sonore de manière à ce qu’au moins une fraction des spectateurs soient en mesure de comprendre les grognements du personnage. Et on a comme l’impression que l’acteur lui, n’a plus jamais retiré le masque du grand vilain. Mutique dans Mad Max : Fury Road, il n’y ouvre la bouche que pour grommeler avec la douceur d’un pneu crevé. Son accent de Legend filerait la fièvre au plus fier des cockneys, quant à Dunkerquedans lequel il est masqué dans sa quasi-intégralité, on se demande régulièrement si c’est le moteur de son avion ou les ronflements du comédien qui nous vrillent les tympans. 

Il suivra ces mutilations de cordes vocales de The Revenant, en passant par Taboo et évidemment Peaky Blinders, où on se demande souvent pourquoi il cause ou s’efforce de mâcher sa propre langue. Ce chuintement est devenu une marque de fabrique, immédiatement identifiable. Et il faut dire qu’elle fonctionne, ajoutant une aura ombrageuse, trouble, à plusieurs de ses rôles. 

 

Photo Tom HardyHardcore Hardy

 

Mais si le ridicule ne tue pas, l’auto-caricature est autrement plus menaçante pour un acteur. Et la série que Tom Hardy produit par et pour lui-même en témoigne. Tous les Hardysmes y sont concentrés et explosent à l’image. Allure de dandy rincé au mauvais whisky, poil épais qui sent le vieux cigare, œil mauvais, physicalité imposante et surtout cette foutue voix, si gargouillante qu’elle en devient un snobisme chichiteux.  C’est trop, c’est absurde, mais on en redemande, encore et encore. Il est hardi le Tom, et à la manière des dinosaures de Jurassic Park, on guette chacune de ses apparitions, la bave aux lèvres. Jusqu’à ce que gargouillor se prenne franchement les pieds dans le tapis. 

 

photo, Tom Hardy"Vous pouvez répéter la question ?"

 

CHRISTIAN BAILLE, TOM PÂTIT 

Ah il les aime les postiches, les grosses barbes capables d’accueillir un microcosme intégral, les cicatrices purulentes et les costumes de vieux lord fumé au crack. Tom se transforme... et pourtant on ne voit que lui. Le vieux démon hollywoodien de la métamorphose grand-guignolesque s’empare de lui et, chaque fois qu’il se risque à une nouvelle bizarrerie, un phénomène contreproductif se fait jour. Ses formidables efforts devraient lui permettre de totalement se fondre dans ses personnages, mais de plus en plus, ils peinent à exister, et on ne voit plus que Tom. 

Le phénomène devient parfois si évident que, dans un film où il n’arbore ni postiche ni prothèses ou autres latexeries voyantes, il en devient encombrant. On cause bien sûr de Legend, où il interprète deux jumeaux et paraît toujours interdire à ce duo de frangin d’advenir, préférant nous offrir un double Hardy on the rocks. Malgré une indéniable technicité, en dépit d’un investissement indiscutable, l’acteur asphyxie la mise en scène et le récit. 

 

Photo Tom HardyBad day for bad Tom

 

Soit l’exact opposé de Christian Bale, pourtant peu avare en effet de style et autres coups de force (à l’image de sa récente prise de poids dans Vice). Mais aussi vantées soient ses altérations physiques lors de vastes séquences promotionnelles, il est rare de sentir la persona de l’artiste surplomber celle de son personnage. Hardy a passé la ligne jaune en la matière, et à voir l’état de sa carrière, on se demande s’il n’est pas plus Mad que Max. 

Son travail dans Capone est d’un embarras sans nom, au moins équivalent au n’importe quoi endémique de Venom, dans lequel il gigotait en bavouillant, jusqu’à ressembler à Louis De Funès sous stéroïdes. Tour à tour clownesque et premier degré, en roue libre et comateux, on ne comprend ni le sens de sa composition ni ce qu’il souhaite faire de son personnage. Un partage en cacahouète d’autant plus désolant que pour revoir le comédien il faudra attendre... Venom: Let There Be Carnage. 

 

photo, tom hardyTiens, voilà du Venom

 

C’est d’ailleurs le seul projet de Tom pour le moment, toujours programmé pour juin 2021 sous réserve de situation sanitaire maîtrisée. La seconde saison de Taboo n’a pas démarré sa production, trois ans après la diffusion de la première, et on n’a strictement aucune nouvelle de War Party d’Andrew DominikComme si Hollywood, après lui avoir mangé dans la main depuis une grosse dizaine d’années, l’avait brutalement oublié. 

On espère que le performeur va retrouver la puissance fascinante de Bronson, la finesse de Locke et la sensibilité de Warrior. Ces qualités qui lui ont permis de fasciner des millions de spectateurs, avant que le Tom Hardy qu’on adore ne s’évapore dans une tornade de râles gutturaux et de surjeu compulsif. 

commentaires

Sylvinception
19/10/2020 à 13:14

Pour une fois que Riaux chie sur quelqu'un d'autre que Villeneuve, un peu de respect, bordel!! (lolilol)
Alors sinon je trouve moi aussi qu'il file un mauvais coton depuis quelques années, un peu façon Laurel et Hardy... (de rien, vous pourrez la ressortir en soirée.)
Ce qui est fort dommage puisque je kiffe cet acteur, bref, va falloir se ressaisir, mon cher Tom.

Ses meilleurs rôle pour ma part : Bronson, Warrior, Inception, Locke et Fury Road,

Chris Tophe
19/10/2020 à 11:57

L'article est à charge certes mais pas forcément faux sur tous les points. Tom Hardy propose depuis plusieurs années (2014 je dirais avec Peaky Blinders) des compositions plus "théâtrale" en prenant la voix comme point de départ dans la construction de ses personnage. Parfois ça fonctionne comme dans Peaky Blinders, sa carrure, sa gestuelle, sa démarche donne une caractérisation immédiate à son personnage d'Alfi, parfois ça part un peu loin comme dans Venom. C'est la que l'on constate que le cabotinage es un parti-pris difficile car il faut constamment faire attention à ne pas dépasser les limites afin de pas être en dehors de la tonalité général du film (c'est au réalisateur faire attention à être vigilent). Tout les acteurs ne sont pas de bons cabotineur, Hardy peut exceller dans ce domaine, tout comme être dans un jeu plus subtil (dommage que l'article ne cite pas son excellente performance dans The Drop, puisque Schoenaerts est cité).

À propos de Capone vous dites: "Tour à tour clownesque et premier degré, en roue libre et comateux, on ne comprend ni le sens de sa composition ni ce qu’il souhaite faire de son personnage."
L'intention de jeu m'a paru pourtant clair, dans le film Al Capone est au crépuscule de sa vie, malade, ayant la syphilis, sujet a des hallucinations, il est dans une bulle mentale. Le cabotinage lui permet d'être en décalage avec les gens qui l'entoure, accentuant son excentricité et sa folie. Ça ne signifie pas que je suis pas du film ni de sa performance, mais l'intention de jeu ne me paraît pas contradictoire avec le projet du film ni du personnage à ce moment de sa vie.

Pour résumé, oui Tom Hardy cabotine mais le cabotinage n'est pas automatiquement mauvais, c'est une intention de jeu comme la subtilité, à surveiller pour ne pas pas dépasser la ligne jaune (de même que la jjouer trop subtil peut entrainer du sous-jeu). Et il est vrai que Tom Hardy doit faire attention à ne pas devenir une caricature de lui-même pour éviter de se répéter et de se perdre dans des rôles similaires (d'autant plus que la figure du gangster revient souvent dans ses choix)

Ps: L'auteur ou l'autrice de l'article peut-il me définir cette phrase svp ? "il est rare de sentir la persona de l’artiste surplomber celle de son personnage."
Persona est un terme que je revois souvent et malgré la définition j'ai du mal à lui donner un sens précis dans le cadre de cette phrase. Merci par avance

Ronny
19/10/2020 à 11:16

J ai bien rit merci ecran large :) il a été excellent dans taboo et dans warrior également (quel travail il effectue derrière l ecran pour être au top)
J ai pas le souvenir qu il ait été naze dans les films dans lesquels il a joué. Apres sans doute que des films sont pas ouf mais lui a toujours été bon dedans

Ahtssé
19/10/2020 à 09:01

L'idée de l'article pouvait être intéressante. Est ce qu'il fait de bon choix, reste t'il un bon acteur dans les blockbusters ?
À la limite, on élargie la question à tout ces grands acteurs qui osent jouer dans de mauvais films où ils s'investissent à peine.
Mais là, vous démontez quasiment tout ses rôles. C'est pas du tout objectif.
Quel intérêt ?
Si c'était l'occasion de faire de mauvais jeux de mots c'est réussi.

Pierre
19/10/2020 à 08:26

Je trouve que cet article est un torchon où l'auteur a essayé de se donner un style de critique alors qu'il n'en est rien. Le pire est de dire "on aime pas ci, on le trouve médiocre" non non, tu le trouve médiocre et tu es bien le seul, ne nous inclu pas dans ton délire personnel.

Taker24
19/10/2020 à 02:51

Je suis sûr que tu devais être trop fière quand tu as fini ton article, mais je suis désolé, c'est de la mer.e.
Comme le critique de cinéma véreux qui pensent qu'ils sont grands et influençants, tu te rendra compte que tu es en décalage avec la vérité. N'oublie pas une chose, un acteur ce fait diriger, alors quand il fait des choses absurdes ou grotesques, c'est peut être parce-qu'on lui a demandé...

Bastien
19/10/2020 à 01:19

Qu’est ce que tu raconte toi Tom Hardy est un acteur incroyable et c’est pas parce qu’il a fait des rôles qui ne te plaisent pas qu’il devient un mauvais acteur peut être que ses performances sont juste moins dures à réaliser dans des films tél que venom mais il n’en reste pas moins un très bon acteur.

Antony
19/10/2020 à 00:22

Ça va se savoir toute cette censure riaux

cooper
19/10/2020 à 00:21

J'avais bien aimé " quand vient la nuit aussi ", film sympa avec un bon casting.

tnecniv
19/10/2020 à 00:02

Entièrement d'accord avec l'analyse de cet article, ( au passage l'image de Tom Hardy en Venom m'a fait crever de rire en faisant le lien avec ce qui est dit plus haut ) . D'ailleurs ça me rappelle un peu la phrase d'un pote à une époque qui disait " Gérard Lanvin joue Gérard Lanvin " , alors certes c'est pas le même calibre j'en conviens, mais à titre personnel ça fait un petit moment que je tique sur Tom Hardy en me disant que sa personne prend le dessus sur ses rôles . Cela dit j'aime beaucoup cet acteur, Bronson m'avait marqué et j'aime bien son rôle dans PB.

Plus

votre commentaire