Angelina Jolie est une grande actrice : la preuve en 5 rôles

Geoffrey Crété | 22 mars 2021
Geoffrey Crété | 22 mars 2021

Oui, Angelina Jolie est une excellente actrice, et il ne faut pas l'oublier.

Elle est associée à Lara Croft : Tomb Raider, Mr. & Mrs. SmithWanted : choisis ton destin, Salt, ou encore Maléfique. Et qu'elle rejoigne les écuries Marvel pour Eternals, n'arrange pas l'histoire : Angelina Jolie est considérée par beaucoup comme une star plus qu'une actrice, dont l'actualité est plus liée à ses mômes et histoires d'amour que ses rôles au cinéma.

Pourtant, il serait triste d'oublier qu'elle a d'abord émergé grâce à des interprétations puissantes, où elle a prouvé la grandeur de son jeu et sa capacité à brûler l'écran. La preuve en 5 rôles.

 

Capitaine Sky et le monde de demain Pensée pour Capitaine Sky et le monde de demain

 

1988 : A STAR IS BORN 

Tout commence sur le petit écran, dans un biopic sous forme de téléfilm HBO sur Gia Carangi, top modèle et étoile filante des années 70-80. Contemporaine de Cindy Crawford, elle a sombré dans la drogue, et a explosé en plein vol avant de mourir du SIDA à 26 ans.

Lorsqu'elle est castée, Angelina Jolie n'est personne ou presque. Fille de Jon Voight, elle a été vue dans Cyborg 2 - Glass Shadow, Hackers et quelques autres films oubliés, et vient de remporter un Golden Globe pour la mini-série George Wallace. Ce sera une rampe de lancement pour elle, qui donne la réplique à Faye Dunaway et décroche un deuxième Golden Globe.

Et Anatomie d'un top model a merveilleusement capté tout ce qui va forger l'image d'Angelina Jolie : une beauté inouïe, une énergie carnassière, une fragilité renversante, et une capacité à flotter entre ces états en malmenant son corps, en tordant son image, et en questionnant sans cesse la sexualité et la brutalité des corps. 

Réalisé par Michael Cristofer (qu'elle retrouvera des années plus tard pour le navet Péché originel avec Antonio Banderas), le téléfilm (parfois connu sous les titres alternatifs Gia et Femme de rêve) est entièrement dédié à Angelina Jolie, qui en habite toutes les scènes, des plus lumineuses aux plus lugubres. 

 

photo Un premier rôle en or, qui sied parfaitement à Angelina Jolie

 

1999 : UN OSCAR PAS VOLÉ

Anatomie d'un top model était presque une répétition pour Une vie volée réalisé par James Mangold. Perçu comme un véhicule pour Winona Ryder, qui a cherché à adapter le livre de Susanna Kaysen pendant des années, le film a été bouffé par Angelina Jolie. Dans le rôle de Lisa, la patiente charismatique et destructrice de l'hôpital psychiatrique où l'héroïne est envoyée, elle est grandiose.

C'est un rôle en or, et Winona Ryder en avait conscience. L'actrice et productrice a expliqué qu'elle avait choisi le rôle de Susanna, et n'a été ni surprise ni amère qu'Angelina Jolie en tire tant de gloire.

 

photo, Angelina Jolie, Winona Ryder Winona Ryder réalise qu'Angelina Jolie possède le film à sa place

 

Le rôle hors-normes de Lisa permet à Angelina Jolie d'habiter chaque scène en grand, sans retenue, avec une énergie vorace qui écrase toutes ses partenaires - et le casting est beau, avec Clea DuVallElisabeth MossBrittany MurphyAngela Bettis ou encore Whoopi Goldberg.

Mais Angelina Jolie n'est pas qu'une tornade de spectacle : elle brûle dans une émotion vive, qu'elle exploite sous diverses formes. Dans une scène incroyable, elle fixe Daisy pour la pousser au suicide avec des mots qui ont l'effet de coups de poignard. Dans un gouffre final, elle s'écroule en pleurs, elle irradie. Elle est drôle, elle est terrifiante, elle est minable, elle est grandiose : c'est un personnage fascinant et fort, que l'actrice investit totalement.

Et Angelina Jolie a beau avoir gagné un Golden Globe (le troisième) et un Oscar (le seul à ce jour) pour ce rôle, l'étiquette de rôle à Oscar est trop facile. Le film et l'actrice méritent mieux.

 

photo, Angelina JolieWho's the captain now ?

 

2004 : LA REINE MARTEAU

Bide spectaculaire en salles (à peine 170 millions pour un budget officiel de 155 millions), critiques très négatives, nombreuses moqueries et diverses versions qui ont permis de réévaluer, mais également perdre le public : Alexandre d'Oliver Stone est entouré d'un parfum sinistre. L'ambition ne manque pourtant pas dans cette fresque vibrante, qui s'élance avec une énergie folle, entre violence et candeur.

Mais au-delà du film qui doit être réévalué et (re)découvert en Final Unrated Cut, la performance d'Angelina Jolie mérite l'attention. Dans le rôle d'Olympias, mère d'Alexandre le Grand, elle n'a que quelques scènes pour exister. Mais quelle existence : magnifique monstre d'amour prêt à mourir pour son fils, animée par des sentiments extrêmes autour de sa progéniture et le père, elle est fabuleuse. 

Angelina Jolie a rarement été aussi belle, hypnotique et statuesque, filmée par Oliver Stone comme une déesse incandescente, une Médée infernale. Impossible d'imaginer quiconque à sa place, tant c'est une évidence.

 

photoL'amour à mort

 

2007 : UN CŒUR FRAGILE

Après beaucoup de performances extrêmes, articulées autour de sa physicalité et son charisme hors-normes, Angelina Jolie trouvait là un rôle terrien. Elle incarne Mariane Pearl, journaliste française et veuve de Daniel Pearl, assassiné au Pakistan en 2002. C'est Michael Winterbottom, réalisateur iconoclaste à la filmographie riche et diverse (24 Hour Party People, Code 46, Tournage dans un jardin anglais, The Killer Inside Me), qui transforme la star en femme.

Au-delà de la métamorphose physique, qui gomme le corps de l'actrice pour remettre en lumière l'humain, Angelina Jolie apparaît plus calme et silencieuse, débarrassée des fioritures habituelles.

Un coeur invaincu arrive en plus à un moment charnière dans la carrière de l'actrice. Elle a été Lara Croft et sort du succès de Mr. & Mrs. Smith, a enchaîné pas mal de films oubliables (60 secondes chrono, Péché originel7 jours et une vie,Taking Lives, destins violés), et après le raté Sans frontière, elle revient ici dans un cinéma plus modeste. Une flamme se réveille, discrètement.

 

photo, Angelina Jolie Retour à un cinéma terrien

2008 : TOUT SUR SA MÈRE

L'histoire est proprement incroyable. À la fin des années 20, et suite à l'enlèvement de son fils Walter, Christine Collins se retrouve face à un enfant trouvé par la police, et qui assure être sa progéniture. Mais elle est certaine que c'est faux, lutte contre la police corrompue, est envoyée en hôpital psychiatrique pour être réduite au silence... avant que la vérité n'éclate. Elle avait raison, et tout ça cachait une sordide histoire de meurtres d'enfants. Christine Collins passera le restant de sa vie à chercher la vérité sur son fils, présumé mort.

 

photo, Angelina Jolie"T'es nommée aux Oscars au fait"

 

Une histoire folle et terrible, adaptée par Clint Eastwood, où Angelina Jolie se retrouve en équilibre, à devoir concilier plusieurs facettes de son talent, presque comme un best of. Christine Collins est certes une femme introvertie, fragile, dont la lutte est conditionnée par une époque où sa place de femme encadre chacun de ses gestes. Mais l'actrice retrouve ces grands moments d'émotion spectaculaires, repasse par un asile psychiatrique, et lutte avec un courage dément, surtout dans ce contexte.

Ce n'est peut-être pas anodin si elle passera les années suivantes à séparer sa carrière, entre présence en pilotage automatique dans de gros films (Wanted : choisis ton destinSaltThe TouristMaléfique, les suites de Kung Fu Panda), et réalisatrice sur des projets engagés (Au pays du sang et du mielInvincible). L'Échange (qui lui vaudra une nomination aux Oscars) est presque un chant du cygne, et l'une des dernières grandes preuves de ses talents d'actrice.

Prochaine raison de croire à un retour digne de ce nom : Those Who Wish Me Dead, un western réalisé par Taylor Sheridan (Comancheria, Wind River), sur un adolescent poursuivi par deux assassins dans la nature. Un film plus qu'intrigant, qui sortira en mai 2021 sur HBO Max aux Etats-Unis.

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commentaires
Tom’s
23/03/2021 à 13:55

Pardon comme le lien que vous donnez ds l’article .

Tom’s
23/03/2021 à 13:53

Qui a suivi sait qu’elle est excellente actrice, elle dévore l’écran, trouver des projets alliant les deux facteurs c’est pas facile, donc attendu dans Those ... le film
De Taylor Sheridan ou elle semble joué une garde forestière qui tombe sur le gamin poursuivi à ceci d’ajoute un énorme incendie qui joue un rôle centrale dans le film, le précédent film de Sheridan était top, donc ça met la hype autour. Énorme travail de Post prod a prévoir le truc qui doit être vu sur Grd Écran !! Par contre rien a voir avec The Kept que la rédaction mentionne ds l’article .

Ethan
23/03/2021 à 09:25

@Tuk
Sosie pour toi moi je préfère l'original à la copie :)

Le vrai problème de ces films c'est qu'ils ont voulu copier la Lara du jeu. Ils ont même ajouté la voix française du personnage il me semble. Ça donne l'impression d'une pâle copie.
Du coup on adhère pas vraiment aux films. En plus la silhouette de la première Lara n'est pas vraiment réaliste pour être transposée

Juste bon pour des cosplay

Angelio pas jolie
23/03/2021 à 09:23

la face de Serpent....
une Sold out

Tuk
22/03/2021 à 22:00

Rien à dire, elle s'investit et semble aimer son métier, donc respect !
Et puis qu'on aime ou pas les Tomb Raider, c'est le sosie de Lara Croft, casting parfait (grande, maigre, à forte poitrine et au profil anguleux, comme le jeu.)

Pat Rick
22/03/2021 à 19:58

Ce n'est pas une mauvaise actrice, mais perso elle ne m'a jamais vraiment marqué ni intéressé.
En tant que réalisatrice, son film Au pays du sang et du miel est très bien.

Angie
22/03/2021 à 17:06

Angelina Jolie est une femme et une actrice incroyable!!!

Ethan
22/03/2021 à 16:51

Je n'ai pas vu tous ses films. Mais sans plus. Je n'ai pas du tout aimé les TR. C'était une caricature en fait

Geoffrey Crété - Rédaction
22/03/2021 à 14:00

@Marvelleux

Moi je préfère le deuxième film Tomb Raider, et j'assume.
https://www.ecranlarge.com/films/critique/1117861-lara-croft-tomb-raider-le-berceau-de-la-vie-critique-sans-legend

Marvelleux
22/03/2021 à 13:36

J'ai bien aimé Tomb Raider, et j'assume.

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