Films

Je danserai si je veux : critique qui kiffe la vibe

Par Simon Riaux
11 avril 2017
MAJ : 18 octobre 2018
1 commentaire

Si des productions Israëliennes ou Palestiniennes parviennent régulièrement sur nos écrans, rares sont celles qui dévient du conflit opposant les deux peuples pour traiter d’autres choses. C’est ce que fait Maysaloun Hamoud dans Danserai si je Veux, chronique du quotidien de trois femmes en quête d’indépendance, d’amour ou de respect, entre Jaffa et Tel-Aviv.

maysaloun hamoud

KIFFER LA VIBE

Leila, Salma et Noor sont trois colocataires Palestiniennes, installées au cœur de Tel-Aviv. Qu’elles cherchent un travail dans la restauration, s’accomplissent comme avocates ou poursuivent des études en attendant le mariage, toutes trois entendent mettre à profit le bouillonnement économique, humain et culturel qui les entoure. En se focalisant sur un univers finalement peu représenté, à savoir la classe moyenne supérieure arabe, dont la première problématique est plus l’inclusion dans la société israélienne et sa modernité occidentalisée, Je danserai si je veux génère une grande curiosité.

 

maysaloun hamoud

 

Fort d’un ton est de prime abord peu commun, que grâce à un remarquable travail sur son mixage et sa bande-sonore, cet univers devient instantanément palpable et organique. Accompagnée par trois formidables actrices, la puissante Mouna Hawa en tête, Maysaloun Hamoud navigue initialement très finement dans son scénario, entre autofiction, témoignage brut et réflexion féministe. Sa caméra fait corps avec ses comédiennes pendant de longues séquences nocturnes, où les groupes, les amitiés et l’empathie circulent entre les personnages avec un naturel souvent confondant.

 

COUP DE MOU

Pour autant, la proposition de la cinéaste demeure encore fragile. Pour enthousiasmante que soit l’interprétation, on ne peut pas dire que le scénario nous ménage de grandes surprises. Le programme qui se déroule sous nos yeux est celui, désormais archi-classique du « film de femmes ». Comprendre que chacune de ces étapes (exception faite de la « vengeance » de Noor) est prévisible et dévisse jamais de la participation attendue.

 

maysaloun hamoud

 

De même, si Hamoud excelle dans le portrait de ces femmes aux personnalités complexe et à la réflexion passionnante, elle échoue à incarner les hommes auxquelles elles font face. Dépeints uniquement comme une ribambelle de porcs sexistes et dominateurs – sans que ce parti pris ne s’intègre pas harmonieusement à l’ensemble du récit. Plus embêtant, en traitant dans sa deuxième partie exclusivement du rapport de ses femmes à la gent masculine, Je danserai si je veux  fait un contresens en n’envisageant plus ses héroïnes comme protagonistes à part entière mais uniquement comme des individus sexués, définis par le regard de l’autre.

 

Affiche officielle

 

 

Rédacteurs :
Résumé

Excellemment interprété et doté de prime abord d'un point de vue très intéressant sur les relations israélo-palestiniennes, Je danserai si je veux finit par souffrir d'un scénario trop mécanique.

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Kamitora

« Fort d’un ton est de prime abord peu commun, que grâce à un remarquable travail sur son mixage et sa bande-sonore, cet univers devient instantanément palpable et organique. »
« sans que ce parti pris ne s’intègre pas harmonieusement à l’ensemble du récit. »

PAR PITIÉ, RELISEZ-VOUS !!! Merci.
Ce genre d’aberration devient habituelle sur ce site..