Mr Wolff : Critique autiste

Simon Riaux | 26 octobre 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 26 octobre 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Avec son histoire d’autiste/comptable/beau-gosse/machine à tuer, on tenait un concept gentiment stupide, mais prompt à offrir une série B décomplexée typique des années 80-90. Manque de pot, il s’agit d’un des films les plus ratés et crétins de ces dernières années.

COMPTER N'EST PAS JOUER 

Avec Warrior et Jane Got a Gun, Gavin O’Connor s’est fait une spécialité de retaper des scripts ou des projets branques, transcendant leurs matériaux d’origine pour se concentrer sur les personnages et l’impact émotionnel des récits. C’est une nouvelle fois ce qu’il tente de faire, comme l’indique l’attention qu’il accorde à son héros, ainsi que la rigueur avec laquelle il emballe les scènes d’action. Mais cette fois, le metteur en scène s’est frotté à un scénario si déséquilibré et invraisemblable que sa technique ne peut rien pour sauver l’ensemble du naufrage.

 

Photo Ben Affleck

 

Le scénariste Bill Dubuque a manifestement rassemblé dans cette intrigue alambiquée quantité d’ingrédients qu’il apprécie, sans se soucier une seconde de leur hiérarchisation, ou de leur cohérence. Le résultat est un gloubi-boulga absurde, dans lequel un militaire ultra-macho entraîne son fils autiste avec un maître chinois, lui apprend à tuer des gens pour s’intégrer (si si), avant que ce dernier ne décide de devenir le comptable de toutes les mafias du monde parce que… heu… il a besoin d’énormément d’argent  pour entretenir le camping-car dans lequel il vit, tandis qu’une apprentie comptable tombe sous son charme de goujat mutique et psychotique.

 

Photo Anna Kendrick

 

WILL HUNTER 

La narration éclatée du film fait son possible pour donner un semblant de complexité à l’intrigue, mais génère un autre problème, à savoir des transitions régulièrement incompréhensibles. D’où un sabotage des rares scènes d’action, dont on ne saisit pas toujours où et quand elles se déroulent (ah la séquence de la ferme, aussi  badass qu’incompréhensible, tant elle est montée au forceps). On ne révèlera pas le grand twist de Mr. Wolff, hilarant, mais sachez qu’à ce niveau de n’importe quoi, il justifie presque à lui seul le visionnage de la chose.

 

Photo Jon Bernthal

 

Ce mélange de Rain Man et Commando relu par un poney défoncé à l’antigel aurait pu s’en tirer grâce à ses comédiens, mais là encore, le film se vautre avec une insistance qui force l’admiration. La charité interdit de se moquer trop longuement de la prestation de Ben Affleck, qui y met tout son cœur et nous rappelle que personne ne peut le battre au grand jeu du regard vide. Le plus embarrassant demeure sa confrontation avec Jon Bernthal, toujours tenant du titre du plus mauvais imitateur de Robert De Niro et qui se cogne avec Mr. Wolff au cours d’un duel évoquant l’affrontement entre un veau aux hormones et une tique cocaïnée.

Cette recette déviante pourrait être celle d’un savoureux nanar et convoquer les excès de la Cannon de jadis, hélas, le film se prend bien trop au sérieux, à l’occasion d’interminables dialogues philosophico-torep , qui distille un ennui profond. Ni film d’action moderne et efficace, ni produit d’exploitation vitaminé, ce Mr. Wolff est un patchwork d’idées mal exploitées et contradictoires.

 

Affiche

 

Résumé

Trop ennuyeux et discursif pour nous offrir le bon nanar musclé que promettait son synopsis.

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Lecteurs

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commentaires
No pseudo
17/11/2016 à 17:07

Interdiction de se moquer du regard de Ben Affleck... Il est The Best dans ses jeux de rôles,,,, c'est tellement facile d'ironiser loin des caméras .... Je donnerais cher pour vous voir à sa place... Ce film est excellent,,,,....Bravo Monsieur Ben Affleck vous êtes un Grand Monsieur et un Grand Acteur ...

Colonel Stuart
03/11/2016 à 22:40

Désolé pour vous!
Mais moi je trouve que c'est un des 10 meilleurs films de cette année ciné (pourrie!!!) 2016!

Champy
27/10/2016 à 16:13

Arrêtez les gars ha ha ha je risque ha ha ha de me ha ha ha ha

Simon Riaux - Rédaction
27/10/2016 à 12:32

Merci copain.
Je précise que tenia est un lecteur d'EL de longue date, et pas un de mes innombrables avatars pseudonymiques, symptomatiques de mon délire mégalomane de bourgeois frustré.

tenia
27/10/2016 à 11:12

Tout ce que je vois, c'est qu'il n'y a jamais autant de commentaires (et je suppose autant de trafic) que sur des critiques possédant un avis tranché, encore plus quand elles y vont sec sur les formules extrêmes.

Cela étant dit, Simon n'est pas plus violent que bien d'autres de ces confrères. Suffit d'aller sur RT pour trouver ces merveilles :
"Maybe it was made for adults, but it sure doesn't feel like it was made by them."
"Piles up plotlines like an overbuilt house of cards that comes crashing down at the first well-earned guffaw of ridicule."
"Affleck plays a math wiz whose position on the autism spectrum allegedly makes him a perfect assassin. That notion is offensive on so many levels, especially in the service of such low-grade crime fiction, that it's painful to watch."

New Republic, Rolling Stones et New Yorker.

El Pais sont super sévères aussi, tout comme Leonard Maltin.

Jacques Ritcheur
27/10/2016 à 11:09

Tiens encore Mr Riaux qui utilise un 3ème pseudo pour faire le malin...

C'est presque rigolo.

Goupil
27/10/2016 à 10:02

Tiens y a un mec se faisant appeler "pseudo", qui explique à l'univers qu'il possède un don d'omniscience et qui essaie de donner des leçons de déontolgie.

C'est rigolo.

pseudo
27/10/2016 à 09:24

@Cyprine3000
C'est sûr que prendre un pseudo de ce genre pour insulter l'auteur d'un commentaire c'est la grande classe du journalisme made in EL.
Et le faire juste après avoir joué le côté humoristique en prenant le pseudo de votre "rédaction"...c'est d'un professionnalisme remarquable Mr Riaux.

Ded
27/10/2016 à 01:00

Comme aurait dit Audiard, S. Riaux a le sens de la formule... Désopilant !

Krys
26/10/2016 à 20:06

''Quand Rain Man rencontre Commando, mieux vaut laisser son cerveau à l'entrée du cinéma.''

Les barres de rire que je viens de me taper nom de D*.

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