Avec son île aux maisons blanches, ses intérieurs spartiates, son sable noir, son eau bleutée, bercés par le cri ininterrompu des vagues, Evolution a une force indéniable. Lucile Hadzihalilovic compose un pur univers de cinéma, qui emprunte autant au film d’anticipation qu’à l’horreur. Fable sur la mère et la mer, hantée par des visages féminins effrayants et d’obscures expériences scientifiques, son deuxième film confirme cette belle aptitude à instaurer une ambiance à la lisière des genres.
Dans un paysage français sinistré au rayon du film de genre, Lucile Hadzihalilovic a donc une place à tenir. D’autant que Manu Dacosse, directeur de la photo de L’Etrange Couleur des larmes de ton corps et Alleluia, prouve à nouveau son talent pour générer des images sensationnelles.
DEVALUATION
Mais Evolution reste un film de genre français jusque dans ses défauts. En première ligne : un auteurisme qui donne à la chose des allures d’objet arty, qui pense plus qu’il n’est. Parce qu’elle abuse des silences et scènes obscures, s’appuie sur un réseau d’images symboliques, la réalisatrice verouille son film jusqu’à le rendre sec et indigeste. Au lieu de se transformer en cauchemar éveillé, et hanter le spectateur avec une poignée de visions effrayantes, Evolution reste aux portes de l’expérience sensorielle.
A tel point qu’on s’interroge au final sur le choix si catégorique de résister à la mécanique classique de la narration. Arrivé à la dernière image, qui fait écho à Blade Runner, le sens d’Evolution semble échapper un peu plus. Le spectateur pourra certes demêler la chose avec le peu d’indices qu’il a (le champ des possibilités est vaste), mais il manque au film une vraie puissance pour rendre cette réflexion indispensable et inévitable. A la place, et faute d’avoir été un choc cinématographique comme Under the skin (auquel on pourra, de loin, le rattacher), Evolution reste un film obscur, éventuellement intrigant mais jamais vraiment passionnant.
@的时候水电费水电费水电费水电费是的 Matt Benoît Debie c’était occupée d’Innocence, Manu Dacosse de ce film ci. Pas de coquille donc.
Attention petite coquille : je crois qu’il s’agit plutôt du chef op’ Benoit Debie.
@sylvinception
Avec plaisir.
« un choc cinématographique comme Under the skin »
Merci, j’ai bien ri.