Mission : Impossible - Rogue Nation : critique explosive

Simon Riaux | 12 août 2015 - MAJ : 07/09/2019 18:51
Simon Riaux | 12 août 2015 - MAJ : 07/09/2019 18:51

Mission : Impossible – Rogue Nation se sera donné du mal pour nous surprendre. Avançant sa sortie de quatre mois malgré des rumeurs mettant en cause la finition du film, le blockbuster débarque au cœur d’un été aux airs de morne plaine et compte bien emporter la mise. La nouvelle aventure de Tom Cruise s’impose-t-elle comme le divertissement le plus réussi de la saison estivale ?

MISSION : POSSIBLE

Les critiques américaines le proclament depuis quelques semaines et la presse hexagonale devrait la suivre à l’unisson. Oui, Mission : Impossible 5 est, assez indiscutablement, le meilleur épisode de la saga. Il enterre tous ses prédécesseurs avec une évidence confondante, nous offrant au passage un récit dont le rythme et l’intensité forcent le respect par leur capacité à ne jamais relâcher la pression, tout en surprenant régulièrement le spectateur.

Mais la plus belle réussite de Mission : Impossible - Rogue Nation ne tient pas dans sa seule efficacité, notion un peu bâtarde qui voudrait qu’un film vaille pour sa puissance plus que sa maîtrise, mais bien dans les techniques qu’il déploie pour finalement nous laisser groggy et admiratif, alors que les lumières de la salle se rallument.

 

Ethan, encore debout

 

Christopher McQuarrie livre ici une leçon de mise en scène. Le réalisateur attrape, littéralement, le cinéma d’action contemporain au vol, pour le ramener sur le plancher des vaches et délivrer une péloche survitaminée. En chef d’orchestre maîtrisant parfaitement ses instruments, il balance les morceaux de bravoure les plus impressionnants (sur le papier) dès la première moitié du film. Au fur et à mesure que l’action fait mine de se calmer, le découpage prend le relais, pour conférer aux rebondissements une puissance cinématographique exceptionnelle.

 

Une scène mémorable

 

DANS LES AIRS (D'OPÉRA)

On passe ainsi d’un hommage opératique à Hitchcock, pour enchaîner brutalement sur un déferlement d’action de plus en plus minimaliste, souligné par une absence de musique et un montage qui tire des regards, des mouvements et d’un sound design exceptionnel toute sa vigueur. Et ce, jusqu’à un climax qui se paie le luxe de nous pétrifier de tension, avec simplement trois protagonistes assis sur une chaise, et un dialogue acéré.

Audace géniale, McQuarrie ouvre son film sur la plus invraisemblable cascade de Mission : Impossible 5, une séquence aérienne délirante, pour conclure son récit sous terre, dans un décor minimaliste, qui ressuscite brillamment l’esthétique et les codes de la saga d’origine. Soit le mouvement inverse de celui opéré par Brian De Palma dans le premier film, qui avait précipité la franchise dans les bras du cinéma d’action lambda.

 

Jeremy Renner est de retour

 

Et si la mise en scène impressionne, elle se paie en outre le luxe de servir à merveille un casting proche de la perfection. Rebecca Ferguson est la révélation du film, qui vole régulièrement la vedette à Tom Cruise et jouit manifestement d’incarner une espionne aussi redoutable qu’imprévisible. Loin d’être un love interest ou une distraction pour un public mâle en quête de simili-James Bond Girl. Elle permet à la team qui entoure Cruise de se concrétiser enfin, et de nous offrir, après tant d’années, une véritable renaissance du mythe initié par la série.

 

Résumé

Mieux construit, écrit, réalisé et interprété que les précédents films, Mission : Impossible - Rogue Nation réussit à ramener la franchise dans le giron de la série originelle.

Autre avis Geoffrey Crété
Christopher McQuarrie a du style, dans l'écriture et la mise en scène, et son Rogue Nation est un épisode solide, rempli de moments sensationnels. Mais la machinerie est un peu froide, trop huilée, et il lui manque un peu de folie, de cœur et d'audace pour véritablement briller au final.

commentaires

neo
16/08/2015 à 03:35

Encore une fois, la recette Mission: Impossible se révèle savoureuse et Christopher McQuarrie se montre en chef d'exception.

Un scénario bien plus profond qu'il n'y parait, des scènes d'actions aussi folles que maitrisées, un humour subtile (et multiple), un rôle féminin fort et bien écrit (vous pensiez Mad Max féministe... bitch please!), un Simon Pegg au top, et un Tom Cruise qui, quoi qu'on en dise, ne semble pas subir les effets du temps.

L'un des meilleurs... si ce n'est le meilleur.

La grande classe.

JK
15/08/2015 à 11:57

@Tchitchikov
Bien d'accord avec toi, Tchitchikov.

Et concernant le travail d'équipe, il faut voir à quel point le personnage de Ving Rhames n'est là que pour faire de la figuration.
Je trouve en fait que le travail d'équipe est moins présent dans cet épisode que dans les 4 précédents, mais c'est au niveau du ressenti, je n'ai pas revu le 1er depuis longtemps.
Dans l"épisode 2, je trouve que le scénario opposait clairement 2 équipes, et j'avais trouvé ça bien vu.

Tchitchikov
14/08/2015 à 11:15

@Jojo

Je suis totalement d'accord avec toi, je n'ai pas compris cet engouement concernant jupiter ascending. Ne l'ayant pas vu au cinéma je l'ai acheté dès sa sortie en bluray en toute confiance vu la critique du site mais je fus extrêmement surpris devant ce film décevant au possible et ennuyeux !! Je n'ose même pas le recommandé.

Alors bien sur je vais avoir le droit aussi aux " tu ne connais rien au cinéma", drôle d'habitude que celle de vouloir imposer "son cinéma" aux autres en désignant ce film comme un navet ou celui là comme un chef oeuvre sans discussion possible...

Concernant Rogue nation, je trouve qu'il s'agit en effet d'un bon épisode de l'univers mission impossible, en fait mis à part le 2 j'apprécie chacun des épisodes.
Par contre je ne suis pas d'accord lorsque je lis que cet épisode fait la part belle à l'équipe, bien plus que les autres, les personnages secondaires sont bien plus présent, mais depuis MI3 l'équipe joue un rôle important dans chaque film. On ressentait d'ailleurs bien plus le travail d'équipe dans les deux films précédents.

Concernant l'action, je trouvais aussi les scènes bien plus prenantes dans l'épisode précédent même si on commence à avoir l'habitude de ces moments d'action où l'on attend avec impatience la chose qui fera tout foirer, Protocole fantôme en abusé largement d'ailleurs.

Pour conclure et comme beaucoup, j'attend avec impatience le retour à une "simple" mission.

Jojo
13/08/2015 à 22:02

@Simon Riaux

Désolé d'avoir ébranler ta susceptibilité mais la note attribuée par les internautes ne vient pas me contredire.
Mais bon chacun ses goûts comme on dit ;)

Simon Riaux - Rédaction
13/08/2015 à 17:49

@Jojo

Quand on accole "ridicule" et Jupiter Ascending, on évite de causer cinoche ;)
Sauf bien sur, quand on est protégé par l'anonymat d'Internet.

JK
13/08/2015 à 15:13

Le film est sympathique, mais j'ai du mal à comprendre comment l'on peut être unilatéralement dithyrambique à son sujet.
MI:5 ne bouscule aucun code, ne renouvelle aucune scène d'action. La poursuite en moto est bien menée et visuellement sexy, mais aligne les clichés et est dénuée de tension à cause du personnage de Simon Pegg (comic relief pendant 2h et particulièrement là).
Le suspense, tout au long du film, est ténu. Les personnages ont tous une immunité scénaristique. Quand on voit autour de qui elle est attachée, qui peut penser un seul instant que la bombe va exploser dans la scène finale ?
Il paraît que Ving Rhames était aussi dans le film, mais j'ai dû manque son personnage... ;)

Le film est à la gloire de Tom Cruise, mais lui-même n'a pas l'air plus convaincu que ça. Je l'ai largement préféré dans Jack Reacher et Edge of Tomorrow. Ici, il est prisonnier de ses propres rails.

Enfin, le personnage de Rebecca Fergusson ne fait qu'ajouter une pierre supplémentaire à l'édifice machiste des blockbusters hollywoodiens : elle n'a d'existence que par rapport à Ethan Hunt. Ses lignes de dialogues tournent exclusivement autour de Hunt (quitte à décrédibiliser le concept du personnage), et elle n'a pour lui que des regards intenses... sans que l'on comprenne vraiment ce qui ait pu la faire craquer (mis à part le fait de voir l'homme de 50 ans le mieux conservé de la planète attaché dans une cave, ok)... Sur ce point, Michael Mann rend la tension romantique entre Chen et Hathaway, dans Blackhat, beaucoup plus tangible.

L'idée du Syndicate, à défaut d'avoir un nom original, était elle plutôt réussie. La révélation du pot-au-rose est convaincante (mais fait passer les Anglais pour les dindons de la farce face aux bons Américains).

J'ai passé un bon moment devant MI:5, mais je pense que ce n'est ni "indiscutablement" le meilleur épisode de la saga, ni un excellent film.

Jojo
13/08/2015 à 14:46

Le film se tape la même note que le ridicule Jupiter : le destin de l'univers, ahahahaha !!!
M.I. :Rogue Nation est plutôt pas mal, Tom Cruise a avec M.I. son propre James Bond et c'est sympa, j'ai passé un bon moment ;)

Jojo
13/08/2015 à 14:46

Le film se tape la même note que le ridicule Jupiter : le destin de l'univers, ahahahaha !!!
M.I. :Rogue Nation est plutôt pas mal, Tom Cruise a avec M.I. son propre James Bond et c'est sympa, j'ai passé un bon moment ;)

Simon Riaux - Rédaction
13/08/2015 à 12:02

@Tim Bisley

Non non, c'est bien du De Palma qu'on parle. M:I 2, c'est un film d'action bourrin, point barre.
Le film de De Palma suit un mouvement qui amène l'univers de la série dans celui du blockbuster. On commence avec tous les ingrédients de l'oeuvre originale, on les détruit un par un, et on termine par une pure scène de blockbuster. Après ça, Ethan Hunt est bon pour devenir un héros de film d'action.

Le De Palma raconte la fin du thriller parano justement. Et ça n'est pas du tout une attaque, c'est juste une interprétation du film.

MystereK
13/08/2015 à 07:00

Mise en scène exemplaire et pas seulement dans les scènes d'action qui n'ont rien d'ultra basique. A postériori, on se rend compte du travail très précis sur la photo et les dialogues, où une phrase ou une focale nous donne discrètement un indice sur ce qui va suivre quelques secondes plus tard. Les scènes d'action ou bastons sont filmées avec assez de distance pour qu'elle soit parfaitement lisibles avec un montage assez serré pour faciliter l’immersion. Peu d'utilisation du numérique, mais malheureusement, une magnifique scène de poursuite se termine par une voiture modélisée roulant en marche arrière et gâche un peu le plaisir. La toute dernière scène est exemplaire, jamais je n'aurais pensé, en 2015, voir un blockbuster se terminer ainsi ,sans tambour ni trompette, sans sa star et sur un dialogue à couper au couteau ! Ayant vu le 4ème épisode et ses cascades too-much il y a 3 jours, je suis allé voir ce numéro 5 à reculons, avec beaucoup de méfiance. Pour mon compte, ce Mission Impossible là m'a scotché au fauteuil dès le générique reprenant la fameuse mèche dans un tourbillon de musique et d’images...

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