A Most Violent Year : Critique libérale

Christophe Foltzer | 31 décembre 2014
Christophe Foltzer | 31 décembre 2014

En l'espace de deux films, Margin Call et All is lost, J.C. Chandor s'est imposé comme l'un des jeunes réalisateurs à surveiller. Alors que son troisième effort arrive sur nos écrans, le réalisateur confirme-t-il, avec son sujet le plus ambitieux, les attentes que nous avions placé en lui ?

 

On pourra s'étonner qu'un film comme A most violent year sorte le dernier jour de l'année. Un choix que l'on qualifiera de suicidaire pour un long-métrage d'une telle noirceur. En effet, en nous racontant la guerre terrible entre différents exploitants de fioul new-yorkais en 1981, lorsque la ville a connu un pic de violence jamais vu jusqu'alors, J.C. Chandor n'invite pas à la célébration et à la gaudriole. A la manière de Margin Call, le réalisateur poursuit sa critique virulente du libéralisme, en s'attardant cette fois sur son versant humain, torturé, plutôt que sur l'aspect purement économique. 

A most violent year nous invite ainsi à suivre le combat d'un patron d'une société en pleine expansion, pris en tenaille entre sa morale et son désir d'embrasser le rêve américain. La réalité lui rappelle chaque jour avec violence que dans son secteur gangréné par la mafia, tous les coups sont permis. Les idéaux et les sentiments volent en éclat face à un principe de réalité impitoyable.

 

 

Si le film contient son lot de baisses de rythme et de longueurs, il impressionne par sa facture technique maîtrisée, d'inspiration fortement 70's, et sa mise en scène à priori classique et posée, mais au final plutôt inspirée. Le jeu de dupes opéré par tous les personnages se trouve renforcé par une distribution exemplaire où chaque comédien laisse éclater son talent. Oscar Isaac évidemment qui, avec les années, s'impose de plus en plus comme l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération et qui nous offre ici une composition remarquable toute en retenue. Jessica Chastain pour sa part, montre encore l'étendue de son talent en explorant des zones d'ombres où l'on ne l'attendait pas forcément.

 

 

La seule faiblesse est qu'il méritait un développement un peu plus poussé. Le scénario ne surprend pas et nous laisse un peu sur notre faim. Sans doute la volonté du réalisateur était-elle de ne pas tomber dans le manichéisme et le conte moral, de coller au plus près des personnages pour nous expliquer qu'à l'origine, il y a toujours un drame humain, une lutte d'ambitions, des visions contraires qui s'entrechoquent. On ne sort pas de A most violent year avec le sourire, car son final, à priori positif, nous prouve une nouvelle fois que l'individu n'a pas sa chance face à la machine économique qui le digère et le transforme. Un constat dur et froid, mais essentiel par les temps qui courent.

 

Résumé

Si A most violent year souffre de longueurs et de baisses de rythme, la puissance de son histoire, la profondeur de ses personnages, la maitrise de sa mise en scène et son casting quatre étoiles compensent largement ces quelques faiblesses. 

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commentaires
Louis XIV
25/01/2015 à 00:09

La critique, elle aussi, devrait être un peu plus poussée. Et l'orthographe amélioré. Sinon, ressenti plutôt fidèle du film.

Chris
14/12/2014 à 09:13

Cool

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