The Disappearance of Eleanor Rigby : Them - Critique

Stéphane Argentin | 18 mai 2014
Stéphane Argentin | 18 mai 2014

Ce n'est pas un hasard si l'affiche de Un homme et une femme orne le mur de la chambre de l'héroïne de The Disappearance of Eleanor Rigby tant la simplicité du titre du film mythique de Claude Lelouch est inversement proportionnelle à la complexité d'une multitude de longs-métrages traitant du sujet au cinéma.

En apparence, Conor et Eleanor sont heureux, amoureux et complices comme l'atteste la séquence d'ouverture. En apparence, jusqu'au jour où Eleanor tente de mettre fin à sa vie. Qu'est-ce qui a bien pu pousser la jeune femme à commettre un tel acte ? En distillant des éléments de réponse au fil de l'histoire au travers de discussions et de flashbacks mais sans pour autant tomber dans le gimmick scénaristique, le film répond peu à peu à cette question et aux raisons de l'étiolement lent, imperceptible et immuable de ce bonheur apparent. Mais ce fil d'Ariane n'est que la partie émergée d'un iceberg dont la véritable finalité pourrait se résumer à la célèbre tirade shakespearienne : « To be or not to be » ?

Pour autant le but n'est pas nullement de philosopher sur l'existence mais simplement d'amener le couple et par extension le spectateur à s'interroger sur ses aspirations (familiales, sentimentales, professionnelles) dans la vie ainsi que les désillusions et compromis qui en découlent. À l'image en somme de cette question que pose Eleanor à son père : « Comment avez-vous réussi à rester heureux ensemble depuis tout ce temps ?" Et le père d'être bien en peine de pouvoir lui apporter un début de réponse tant cette dernière est loin d'être triviale. C'est au travers d'affirmations et de négations, de dits et de non-dits que The Disappearance of Eleanor Rigby va tenter de cerner toute la complexité d'un tel sujet.

 

 

Pour y parvenir, Ned Benson a recours à la plus élémentaire des techniques pour son premier long-métrage : la subtilité. Inutile donc d'espérer les grandes eaux ou encore les piles de vaisselles réduites en morceaux. Le maître-mot du cinéaste est la finesse à tous les niveaux : écriture, mise en scène et interprétation grâce à une brochette de comédiens au diapason, le couple James McAvoy / Jessica Chastain en tête. D'aucuns jugeront sans doute le résultat trop prévisible et/ou classique mais ce serait alors passer à côté des trésors d'émotions qui exsudent de The Disappearance of Eleanor Rigby. À l'image de ce prologue, vrai-faux happy end sur fond de musique mélancolique (mention spéciale au score signé Son Lux) qui nous laissent exsangue et plein de questions dans la tête.

 

Résumé

Derrière son apparente simplicité, The Disappearance of Eleanor Rigby déploie des trésors de finesse et d'émotion pour évoquer les joies et les peines de la vie à deux avec une justesse qui nous touche en plein cœur.

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