Grace de Monaco Critique : Grace de Monaco

Simon Riaux | 14 mai 2014
Simon Riaux | 14 mai 2014

Il est des films à la destinée cruelle. Grace de Monaco est de ceux là. Nanti d'un casting improbable, réalisé par l'auteur de La Môme, dont le prestige s'est bien vite évanoui et précédé de rumeurs toutes plus chaotiques les unes que les autres, le film d'ouverture de la 67ème édition du Festival de Cannes accoste sur la Croisette en terrain miné. Pour autant, ce film que de nombreux commentateurs ont déjà jugé vaut-il mieux que son inquiétante réputation ?

Sur le papier, Grace de Monaco ressemblait déjà à une improbable choucroute : semi-biopic emmené par une star déclinante, entreprise digne d'un rêve alcoolisé de Stéphane Bern, on ne voyait pas bien ce qui motivait Olivier Dahan dans ce projet mouvementé. Après le visionnage, l'incrédulité laisse place à une désolation fortement teintée d'hilarité. En effet, tout semble fait pour nous empêcher de croire à l'histoire qui nous est contée. Photographie digne d'un épisode surgonflé d'Amour, gloire et beauté, mise en scène empesée par un cahier des charges fait de lourdeurs et d'interminables mouvements de grue, tout évoque un docu-fiction mégalomane plutôt qu'une œuvre de cinéma.

 

 

 

 

La sidération provoquée par cette version chantilly-roteux de Game of Thrones atteint son point culminant lorsque le scénario dévoile enfin ses intentions véritables : plus que narrer la vie édifiante de la courageuse Grace Kelly (rires), Olivier Dahan entend la dépeindre en actrice politique naissante. Altesse en devenir, Nicole Kidman singe donc une princesse ingénue, ignorant tout de la cour monégasque et des usages du monde, pourtant similaires aux ors d'Hollywood en bien des points. Ainsi le film enchaîne-t-il les séquences grossières, voire parfaitement absurdes. Difficile de ne pas éclater de rire quand la nigaude prend des cours de théâtre avec un spécialiste du protocole, ou quand elle rassure un Tim Roth transparent en lui rappelant qu'après tout, le couple pourra toujours se payer une petite ferme sur les hauteurs de Montpellier.

 

 

 

 

Au moins le film a-t-il un mérite, celui de nous rappeler que la France et en particulier le Général de Gaulle n'ont pas toujours été d'une grande indulgence envers Monaco et sa souplesse fiscale. Pour un peu, on se surprendrait presque à fantasmer que notre gouvernement sorte momentanément de son apathie pour marcher sur la Principauté, puis massacrer l'intégralité de ses dirigeants. Juste histoire de s'assurer que plus personne ne s'oublie en filmant les atermoiements supposés de la dynastie Grimaldi.

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