Le Loup de Wall Street : critique sous cocaïne

Sandy Gillet | 11 juin 2017 - MAJ : 28/07/2020 18:53
Sandy Gillet | 11 juin 2017 - MAJ : 28/07/2020 18:53

Deux ans après le plutôt sage Hugo Cabret, Martin Scorsese revient sur le terrain sulfureux qui l'a fait connaître avec Le Loup de Wall Street.

LOUP-GEKKO

Il paraît que Gordon Gekko fut et reste l'idole de Jordan Belfort, le loup de Wall Street comme on le surnomma dès la fin des années 80. C'est donc que le dernier Martin Scorsese est la véritable suite du Wall Street d'Oliver Stone ? Trop simple mais pas complètement faux non plus. En fait il y a aussi un peu de Sherman McCoy / Tom Hanks du Bucher des vanités dans la personnalité de Belfort. Dans sa façon irrationnelle de penser qu'il a toujours droit à plus, qu'il est prédestiné à aller toujours plus haut. Le pedigree de quasiment tous les personnages scorsesiens au final me direz-vous. Mais celui-ci est de pure race. De celle dont a émergé un Henri Hill interprété par Ray Liotta dans Les affranchis. Le chef-d'œuvre de Scorsese dont Le Loup de Wall Street est une relecture attendue et brillante.

 

photo, Leonardo DiCaprioIl a l'air calme comme ça, mais Leonardo DiCaprio est complètement hystérique

 

Attendue, parce que depuis, Martin Scorsese n'a pas fait mieux dans le genre. Brillante, parce qu'elle prolonge avec brio et intelligence la réflexion entamée avec Mean Streets sur ces hommes qui se sont faits et défaits tout seuls en crochetant une société pourrie jusque dans ses fondations et toujours prête à tendre l'autre joue. Jordan Belfort est de ces hommes-là. De ceux qui considèrent que le monde est à leur pogne avec à leur droite une montagne de coke où plonger le pif avant d'en saupoudrer l'anus d'une pute.

 

photo, Leonardo DiCaprio, Margot RobbieLe rôle qui a lancé la carrière de Margot Robbie

 

MONTANA BATEMAN

Car pour Scorsese, ex gros consommateur de psychotropes en tous genres, l'un ne va pas sans l'autre. Tel un rejeton de Tony Montana qui se serait approprié le meilleur du Patrick Bateman d'American psycho, Jordan Belfort symbolise tout ce que l'Amérique post-reganienne avait de plus vil et donc de plus bandant à offrir à ces ouailles. Les plumés comme ceux qui les plument. En fait Le loup de Wall Street est le chainon manquant, « the missing link » comme disent les anglo-saxons, entre Wall street et Bernard Madoff. Trois décennies qui auront mis à terre un capitalisme désormais exsangue dont Scorsese nous narre l'acte II en retrouvant le style de sa jeunesse cocaïnée.

 

photo, Leonardo DiCaprio, Jonah HillProbablement la scène la plus drôle du film

 

Une vigueur retrouvée qui profite pleinement à un Leonardo DiCaprio qui tombe enfin le masque. Il aura fallu cinq films pour cela. Pour enfin toucher du doigt l'acteur de génie que l'on ne faisait qu'entrapercevoir jusqu'à présent devant la caméra de Scorsese mais aussi de tous les autres à l'exception peut-être de son interprétation dans Les Noces rebelles de Sam Mendes. Le cinéaste lui insuffle enfin la vie et l'urgente dépravation qui manquait à son jeu de la même manière qu'il avait filé à Ray Liotta le rôle d'une carrière. L'urgence. C'est en effet bien de cela dont il s'agit enfin ici.

L'urgence, à 71 ans, de filmer une société qui n'a jamais cessé de dériver. L'urgence d'en montrer les icônes les plus noires mais aussi les plus foutrement vivantes, tels des anges déchus aux ailes brulées sur l'autel du bûcher des vanités. Oui, on y revient et Scorsese lui aussi, inlassablement. À la manière d'un loup, le dernier d'Hollywood.

 

Affiche française

Résumé

On attendait plus autant de flamboyance de la part de Martin Scorsese et le voici qui démontre qu'il n'a rien perdu de son énergie ni de l'acuité de son regard.

Autre avis Simon Riaux
S'auto-caricaturant jusqu'à l'écoeurement, Martin Scorsese gigote en vain pour insuffler un peu de vie à un scénario boulémique, aux thèmes trop flous et aux outrances trop téléphonées pour parvenir à raconter quelque chose.
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Lecteurs

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commentaires

ntm
18/10/2019 à 09:53

jhon t'es nul

sheila coco
14/12/2017 à 20:42

j'adore ce film drôle et divertissant

Stridy
17/10/2017 à 07:13

Le film le plus drôle depuis The Big Lebowski.

Masterpiece

john
16/10/2017 à 23:48

Trop de trop dans ce film... C'est voulut certes... Pas un des meilleurs scorsese

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