Skyfall : critique classieuse

Sandy Gillet | 29 novembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Sandy Gillet | 29 novembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Avant de découvrir Skyfall, on se demandait ce que pouvait donner un James Bond avec un réal qui pouvait prétendre apporter avec lui une véritable filmographie ou/et un univers propre.

IL ETAIT UN GENRE

C'est que l'histoire de la saga a eu jusqu'ici plutôt tendance à montrer et à démontrer que le personnage s'est toujours plus ou moins bien passé d'un véritable maitre d'œuvre cinématographique. Entre un ancien « clapper-boy » (Peter R. Hunt), des habitués aux films bourrins bas de plafond (Lee Tamahori, Martin CampbellRoger Spottiswoode...), le gars trop tendre pour une entreprise si énergivore (Marc Forster), d'autres qui n'existent que par et pour James Bond (de Terence Young à John Glen)... On constate que James Bond est un cas atypique, dont les "chefs d'oeuvres" n'ont pas façonné le genre, mais dont le genre a façonné les meilleures aventures de l'agent secret.

 

Photo Daniel CraigDaniel Craig

 

Avec Skyfall, Barbara Broccoli semble vouloir changer son fusil d'épaule et choisir une nouvelle « formule » entre production à poigne héritée de son père et nécessité de lâcher du lest. Entre respect du cahier des charges et grains de sable censés enrayer une machine trop bien huilée qui finit par tourner à vide (Quantum of Solace au hasard). Ces empêcheurs de tourner en rond s'appellent ici Sam Mendes, Javier Bardem, l'extraordinaire photo signée Roger Deakins (Les Évadés, No Country for Old Men, ou plus récemment Blade Runner 2049) et la très belle partition de Thomas Newman, un habitué des films de Mendes. Mais pas que.

 

photo, Javier BardemJavier Bardem

 

LE GRAND BOND EN AVANT

En fait la très grande réussite de Skyfall tient paradoxalement dans le fait qu'il semble synthétiser en un seul film 50 ans de la franchise. On y trouve la violence brute de Goldfinger, l'esthétique visuelle de L'espion qui m'aimait, la détermination vengeresse et obsessionnelle de Permis de tuer, un méchant que l'on n'avait pas vu aussi « délicieusement » méchant depuis longtemps (même si l'on peut avoir un faible pour Le Chiffre dans Casino Royale). De l'autre côté du spectre (qui l'a ?) il y a une quasi absence de gadgets et de James Bond girls plus que rafraichissants, tandis que la légendaire énergie sexuelle assez masculino-bourrine est retournée comme un gant, plus ambigüe que jamais.

 

Photo Bérénice MarloheBérénice Marlohe

 

Sam Mendes, par sa mise en scène racée et avare en mouvements de caméra superflus, donne à cette histoire assez éloignée des canons usuels de la récente saga, une tonalité d'une grande justesse raccrochant le mythe à une sorte de réalité surprenante. Bond en devient faillible (pas humain non), pathétique même. On touche du doigt une « vérité » que trop peu avant ont daigné développer de peur certainement de se brûler les ailes auprès des fans. Loin du « Jason Bourne like » du précédent, ce James Bond répond aux codes d'un ancien temps qu'il faut sans cesse raviver (mais pas forcément à l'identique) pour donner un sens à son boulot, à sa vie et pourquoi pas à son pays.

 

Affiche française

 

Résumé

Est-ce à dire alors que Sam Mendes est le premier vrai réalisateur que James Bond ait rencontré ? De ceux qui enrichissent, sensibilisent, aèrent, vidangent, légifèrent, personnalisent une saga au point de lui donner un second souffle que l'on n'espérait plus ? Que ceux qui en doutent encore aillent donc voir Skyfall.

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(3.7)

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commentaires
Kay1
30/11/2020 à 13:38

Je suis de ceux qui ont détesté Skyfall .
Ce n’est pas un mauvais film , mais c’est pas un bon James Bond .

Les points positifs :

- Une assez bonne réalisation
- une belle photographie
- les acteurs sont tous bons
- certains Easter eggs sont bons
- un assez bon méchant
- une bonne scène d’intro et surtout un générique avec un musique déjà mythique.

Les points faibles

- Un scénario assez mauvais ( James Bond qui abandonne la nation pour prendre des vacances : impossible )
- des scènes d’actions ennuyantes ( peu de dynamisme , trop terre à terre , voici absurde notamment la scène finale
- un méchant beaucoup trop copié sur Alec Trevelyan (006 dans GoldenEye) et le Joker de Nolan . Son plan fonctionne beaucoup moins bien que celui du Joker dans The Dark Knight.
- Retour au James Bond des années 70 ( Craig tient plus du Roger Moore que de Connery dans ce film )
- l’hypocrisie de certaines scènes ( Q qui explique que c’est fini le temps du stylo explosif pour qu’on nous mette une scène où les mitrailleuses de la DB5 sont utilisés
- La tentative de faire oublier Quantum of Solace où on avait droit à la fin du film à la véritable naissance de James Bond .
- Le traitement de Bond et son évolution inexistant

Une once de réconfort
30/11/2020 à 11:31

On reconnaît la patte du scénariste John Logan, donc c'est un best of de scène et situation de films déjà existant. La partie dans le casino de macao jusqu'à l'île abandonné... c'est l'homme au pistolet d'or. Avec le pistolet qui utilise la technologie d'empreintes de Permis de tuer. Clin d'œil qui dure deux minutes. (Ce film passe sont temps a faire de l'œil)
Gladiator, Star trek Némésis...Logan recycle des passages de films où genre et a charge du réalisateur de bien emballé le tout.
Après c'est du Dark Night. Et là arrive le problème. James Bond et le MI5...6...5 on un ennemis. Un Némésis comme dans tout films de super héros.
Ben non. James Bond n'est pas un super héros à la base. Le Némésis c'est sensé être lui. Ça n'empêcher pas d'avoir de l'humanité. Mais la spécificité de James Bond c'est d'être un emmerdeur, immorale, qui sabote les projets de quelques, qui en général ne l'avais pas mis dans ses plans. C'est pas sensé être un victime.
D'ailleurs le méchant c'est un mélange du Joker de Dark Night et du criminel d'un épisode d'un inspecteur Barnaby.
Oui il existe un épisode de Barnaby où un ancien agent anglais qui a été balancé et torturé à Hongkong, se venge sur la personne qui l'a trahi en Angleterre. C'est juste une vengeance sans transfert psychologie à deux balles pour faire croire que le méchant est complexe. Ce Barnaby, d'ailleurs, donne plus de complexité et d'humanité à un criminel que ce film.
La réussite du film peut s'expliquer aussi par l'année de sa sortie. 2012.
La fin du monde, donc peut-être le dernier James Bond. Longue absence d'un James Bond, 50ans de la série mais aussi les JO 2012 à Londres. D'ailleurs la vidéo d'intro des JO c'était Daniel Craig qui accompagne,en James Bond, la reine d'Angleterre pour un saut en parachute au dessus du stade olympique. Tout le monde avait les yeux rivés sur l'Angleterre et Londres. Ce James Bond est autant un anniversaire qu'un produit d'appel pour les JO ou l'inverse.
L'environnement lui été propice.
Donc. L'emballage dans l'air du temps qui ce veut classe (je suis mitigé la dessus, une affaire de goût)pour recouvrir le néant du à un assemblage de situations déjà vu/scènes déjà vu/BO lambda/événementiel de JO... C'est pas nouveau au cinéma, mais là, les coutures me saute au visage en tentant de la faire passer ça pour un truc classe, artistique et fin.
Bref... je m'ennuie. Une première pour moi devant un James Bond.
Donc, et c'est juste un avis personnel, le plus mauvais James Bond avec Spectre.

mrmoustache
30/11/2020 à 11:26

Je comprends pas cette fixation sur le metro?
Vous avez un metro tout les deux jours chez vous?
Il y'a a londres un metro toutes les 3-4min donc y'a pas a attendre longtemps pour que le metro arrive d'ailleurs ils parlent bien 2 min avant que ca saute

Roro
30/11/2020 à 09:24

Comme Guillame, l'omniscience du méchant me gâche le plaisir... Surtout sur le segment qui se déroule à Londres.
Car pour le reste, excellent Bond, et très bon film tout court.

Guillaume 11
30/11/2020 à 08:20

Le traitement de James est certes incroyable mais suis-je le seul à avoir vu un film où le méchant peut hacker et faire péter le MI6, s'introduire durant une commission ministérielle, savoir à quel moment et où dans tout ce dédale de souterrains James va le rattraper pour faire exploser une cavité qui va projeter un métro dessus (excellente connaissance des horaires de métro d'ailleurs) pour au final mourir bêtement dans un manoir à l'abandon piégé par Macaulay Culkin dans Maman j'ai raté l'avion qui a deux fusils et un couteau sur lui.

zoom7
30/11/2020 à 08:13

Après un enième visionnage hier skyfall est remonté dans mon estime. Certes je l aimais bien mais ne comprenais pas son enorme succés car je le trouvais ennuyeux par moment manquant d action et de james bond girl mais le visionnage d hier a corrigé tout ça. C est tout simplement le goldfinger moderne le meilleur james bond avec casino royale et encore il le depasse un peu à cause de la realisation qui est parfaite et un daniel craig au sommet de son art

Mikatdk
30/11/2020 à 07:53

@/jacamel
D’après les livres , son père est écossais car Ian FLeming avait adorer sean connery qui était écossais aussi dans le rôle
Et sa mère , Monique de La Croix , est suisse
À mon bon souvenir

MG
29/11/2020 à 23:48

Et que dire du retour aux premiers bonds tout à la fin ? C'est une idée sympa je trouve, pour marquer le coup des 50 ans et pas trop mal fait (j'aime particulièrement le tableau du siège du MI6 qui symbolise bien le mélange entre passé et modernité) .

jacamel
29/11/2020 à 23:32

Si j'ai bien compris, la mère de James Bond est française (vu sur la pierre tombale des parents, à la fin, près de la chapelle)

Sanchez
29/11/2020 à 23:08

Beauf mais chiant , très scolaire et ça se la raconte un peu trop. Je préfère de loin casino royale qui reste ce qu’un bond doit être : un film d’action

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