Abraham Lincoln, chasseur de vampires : critique des dents du navet

Simon Riaux | 8 août 2012 - MAJ : 14/06/2020 20:25
Simon Riaux | 8 août 2012 - MAJ : 14/06/2020 20:25

Abraham Lincoln : Vampire Hunters était une promesse, naïve et simple, l'engagement de concocter une recette connue de tous : celle du gros nawak des familles. Avec son postulat délirant, ce biopic d'action azimutée se devait de respecter quelques règles pour s'assurer notre bonheur : nous raconter une histoire stupide sans jamais nous prendre pour des imbéciles, jouer la carte du divertissement efficace plus que facile, et enfin embrasser totalement son sujet, afin de nous cramer les rétines à coups de relectures historiques jubilatoires. Hélas, Timur Bekmambetov n'ayant aucune idée de comment mettre en scène un film, ni mener un récit à bien, l'expérience est plus proche du chemin de croix que de la virée jouissive.

 

photo, Benjamin Walker

 

Car Timur a tragiquement mauvais goût, à l'heure où plus personne à part Guy Ritchie (c'est dire) n'ose imbriquer ralentis et accélérés, il en caviarde son film, qui devient instantanément encore plus ringard que les resucées de Matrix et autres poilades numériques à la 300. Encombré de ses très laids décors numériques, il les fait disparaître presque à chaque fois qu'un combat a lieu (très souvent donc), résultat : on observe de malheureux échalas s'affronter à coups de poses minables devant un écran de fumée qui vous rappellera plus quelques soirées honteuses en boîte que votre dernier combat de rue. Côté spectaculaire, il faudra donc se faire une raison, le spectateur n'aura rien de mieux à se mettre sous la dent qu'un duel où l'on se frappe à coups de chevaux (sic), idée stupidement drôle, mais ici traitée avec un sérieux papal qui brise toute tentative de fun, tandis que la laideur des effets spéciaux achève de nous crever les yeux.

 

 

photo

 

Les personnages sont traités avec aussi peu d'égards. Sachez que le titre du film est largement mensonger, puisque dans l'absolu on ne traite quasiment pas de Lincoln. En effet, nous suivons le personnage jeune homme, alors qu'il n'est pas rentré en politique, avant d'assister à une embarrassante ellipse, qui nous propulse dans les derniers jours de sa présidence. On vous passera le détail des derniers rebondissements du scénario, du traitement de Dominic Cooper, lequel passe sa première scène à se barbouiller de crème solaire (comprends-tu spectateur le subtil message que t'assène Timur à coup de bulldozer ?). Abraham n'est donc jamais Lincoln, son mentor est une sorte d'avorton priapique, mais le pire traitement est réserver à sa femme, l'irrésistible Mary Elisabeth Winstead, gratifiée du maquillage le plus loupé de la décennie.

 

 

Affiche fr

 

Résumé

On pourrait encore déverser un peu de fiel sur la relecture idéologiquement infâme que le film fait du massacre des indiens ou encore de la guerre de Sécession, mais l'honnêteté nous force à évoquer les rares réussites du film, à savoir son excellent, quoique sous-employé, acteur principal, et une poignée de plans d'introduction, qui se font un plaisir de détourner de grandes œuvres picturales classiques, telles le Déjeuner sur l'herbe. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas demain la veille que Timur emballera un truc qu'on puisse qualifier de film.

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