Critique : Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare

Maryne Baillon | 7 août 2012
Maryne Baillon | 7 août 2012

Sur le papier, cette romance sur fond d'apocalypse à venir soutenue par un duo Carell/Knightley aussi improbable qu'intriguant, avait tout pour plaire et figurer parmi les bonnes surprises de l'année. Thème d'autant plus séduisant que Lorene Scafaria, pour ses grands débuts derrière la caméra, a décidé de prendre le contre-pied de toute cette vague dépressive et très sérieuse sur la fin du monde pour offrir une variation tragi-comique intéressante qui malheureusement est loin d'être totalement réussie.

Comédie ou drame fataliste, si cette indécision apparaît comme un avantage qui vaut une première moitié de film sympathique savamment piquée d'humour noir, les choses se gâtent à mesure que le film se terre dans une romance trop superficielle. Ce duo d'acteurs qui s'avérait être une idée séduisante au départ, frôle l'indigestion. A qui la faute ? Keira Knightley, qui n'a toujours pas appris à faire dans la demi-mesure. Peut-être est-elle encore hantée par son rôle de déséquilibrée dans A dangerous method (déjà bien sur-joué) qui demeure la seule explication possible aux mimiques limites simiesques qu'elle arbore pour refléter la nature instable de son personnage. Résultat dramatique, Steve Carell, roi de la nuance qui excelle pourtant dans le registre mélancolique (Little Miss Sunshine, Crazy Stupid Love) perd en crédibilité à mesure que Knightley gagne en agacement.

Le plus regrettable est encore que cet événement pré-apocalyptique pourtant tragique ne soit pas abordé avec plus d'intelligence et de finesse, aussi bien dans la mise en scène que dans le déroulement de l'histoire. Peut être manquait-il un vrai regard de cinéaste qui aurait permis de donner une toute autre portée à une morale trop simpliste et une fin plus que décevante. Sans jamais perdre de sa dérision, un tel sujet méritait de susciter en amont de véritable interrogations. D'autant que le thème, plus que tendance ces derniers temps avait de quoi rassasier et argumenter cette démarche restée ici trop velléitaire.

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