Films

Les Kaïra : critique

Par Louisa Amara
10 juillet 2012
MAJ : 17 octobre 2018
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Mousten, Abdelkrim et Momo, les trois membres du Kaïrashopping débarquent sur les grands écrans. Si vous ne connaissiez pas ces 3 lascars avant leur campagne de promo, c’est que vous viviez dans une cave. D’abord websérie indépendante, ils sont repérés et diffusés sur le site de Canal+. Leurs vidéos vantant les mérites des produits les plus farfelus en mode banlieue ont tellement plu qu’ils ont été diffusés en clair dans Groland tous les samedis soirs. Là, Pepsi leur a proposé une pub, mettant en scène Eric Cantona, Eric the King en jogging, une jambe relevée, c’étaient eux ! Leur flow rapide convenait au format court, mais pourquoi pas penser à un long-métrage ? Un doux rêve pour la tête pensante, Franck Gastambide depuis longtemps, puisqu’il a fait plusieurs tournages en tant que dresseur d’animaux. 

 

 

Gaumont a eu l’excellente idée de miser sur eux en leur donnant les moyens de développer un vrai scénario, et en les entourant d’une équipe solide. Fini la caméra posée à même le sol, désormais ils auront 60 pros pour réaliser ce projet. Les Kaïra, c’est avant tout une success story, une histoire de oufs, par des oufs, pour des oufs. Alors on enfile les baskets, la casquette et c’est parti pour 1h35 de plongée dans l’univers magique de la banlieue. Ces tours «cages à lapins », sa vie de quartier, son mode « qui aime bien charrie bien », sa musique, son ambiance. Et comme on parle toujours mieux de ce qu’on a soi-même vécu, Gastambide s’attache à décrire le quotidien des kaïra entre ennui, chômage, rivalités ou alliances entre bandes, mythomanie, et ce rapport si complexe avec les filles. Déjà drôles, ils deviennent également très touchants de maladresse. 

 

 

Car le réalisateur a bien compris que le film n’aurait pas la même saveur si les héros restaient entre couilles. Il fait donc la part belle aux filles : la décidément très douée Alice Belaïdi (très remarquée dans Radiostars) interprète la sœur d’Abdekrim, qui fait mouche à chaque tirade, autant dans le rire que l’émotion. Une future star, on vous dit. A remarquer aussi, Pom Klementieff qui fait fondre Mousten.  C’est en développant cette part cachée de ses héros, que le film prend toute son ampleur et évite l’écueil de la suite de sketches. Evidemment les gags s’enchainent, en suivant une trame cohérente, saluons d’ailleurs la prestation de Ramzy Bedia, qui n’est jamais aussi bon que dans les rôles de tête à claques. De même, François Damiens est impressionnant de réalisme en producteur porno. Tous semblent prendre un malin plaisir à se donner la réplique et cette bonne humeur est très vite communicative.

 

 

Franck Gastambide réussit un film drôle, sans temps mort mais aussi rempli de vrais moments d’émotion. Parce qu’il y a un cœur qui bat sous le survêt Adidas ! Retenons désormais leurs noms, outre le réalisateur, Medi Sadoun dont la puissance vocale restera dans les annales de l’histoire, on n’a jamais aussi bien imité Daniel Guichard, et Jib Pocthier, le seul mec capable de résister aux attaques de chiens et à Cantona. Alors la banlieue, c’est pas mortel, bande de bâtards ? A voir, à revoir, et je vous parie même ma casquette que vous danserez cet été sur leur chanson, le son des Kaïra. Pouces en l’air et mains en l’air.

 

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