Critique : After Life

Allan Blanvillain | 9 juillet 2012
Allan Blanvillain | 9 juillet 2012

Pour son premier long-métrage, Agnieszka Wojtowicz-Vosloo (à qui l'on doit Pâté, un court-métrage ultra primé en 2002) réunit un solide casting pour un thriller aux relents morbides. Une jeune femme (Christina Ricci) se réveille dans un funérarium où le directeur (Liam Neeson) lui annonce qu'elle est morte. Est-elle vraiment morte ou est-elle la captive d'un tueur en série ? Cette question n'aura de cesse de nous titiller tout le long d'After life en faisant ainsi la principale force (relative) de l'œuvre, la réalisatrice s'efforçant de multiplier les fausses pistes pour laisser planer le doute jusque dans les dernières minutes.

Malheureusement, le résultat final n'est pas à la hauteur des espérances et l'on peut regretter que chaque bonne idée soit suivie d'une mauvaise. Si le funérarium est un haut lieu de jeu de lumières et de mise en scène sobre, créant une atmosphère lugubre voire angoissante, une fois ses portes fermées, le soufflet retombe vite. Le film retrouve alors une routine des plus convenues quand il ne sombre pas purement et simplement dans le slasher de bas étage, à l'instar d'une séquence de cache-cache guignolesque.

Si les interactions entre Christina Ricci et Liam Neeson parviennent à créer une réelle  intensité, au contraire de seconds rôles totalement inutiles (la palme revenant à Justin Long,  pas crédible pour un sou), le récit n'échappe pas à une redondance fatale, comme si Agnieszka Wojtowicz-Vosloo cherchait à combler les meubles en attendant le dénouement de son histoire. A ce titre, certains dialogues s'avèrent plus que significatifs à l'image de ce  « c'est toujours pareil » que balance plusieurs fois Liam Neeson.

Au final, la réalisatrice nous pond un film entre deux eaux, naviguant entre le thriller routinier et le nanar fantastique qui fit les beaux jours des vidéoclubs. Mais c'est vers son désir (involontaire) de lorgner du côté de la série télé qu'After life, et ses trois ans de retard pour avoir le droit de sortir en salles, trouve son petit salut. Avec le recul, l'aficionado du petit écran pourra voir dans le personnage de Liam Neeson des airs du Michael. C Hall de Dexter tout en trouvant que l'ambiance du récit lui rappelle un certain Six Feet Under. Quant à l'héroïne, Christina Ricci, il pourra toujours disserter, entre deux rebondissements mollassons, sur l'annulation (après une saison) du show Pan Am dont elle était l'un des protagonistes principaux. L'été, on s'occupe comme on peut au cinéma. 

Résumé

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