Critique : Le Lorax

Par Nicolas Thys
8 juin 2012
MAJ : 25 février 2020
1 commentaire

Le Lorax est typiquement le genre de film qui croit qu'être porteur d'un message fera de lui un bon film, peu importe la manière. Ecolo, il l'est et oui protéger la nature c'est bien et détruire les arbres c'est mal car c'est joli et qu'ils produisent de l'oxygène. Le dire c'est chouette, mais si c'est pour produire un tel film et gâcher autant de moyens pour si peu, autant produire des tracts à distribuer dans les écoles.

Et c'est d'autant plus dommage que la source du film est intéressante. Le Lorax est d'abord un livre écrit par le Dr. Seuss, un écrivain peu connu en France mais très célèbre aux Etats-Unis et dont les excellents ouvrages ont été maintes fois adaptés : Les 5000 doigts du Dr. T, Le Grinch, Le Chat chapeauté ou Horton font parti de ses titres phares. Et Le Lorax. Mais, et c'est le premier problème, l'histoire d'origine a été transformée par les scénaristes qui ont fait du lorax un personnage secondaire, voire même inutile : il n'est guère plus que le souvenir d'un homme raconté à un enfant qu'on oublie à la moitié du film pour tomber dans une course poursuite inutile et improbable dans une ville close aux murs énormes entre un gamin amoureux et un vendeur d'air pur. Et plus rien ne tient la route : les habitants semblent tous avoir oublié ce qu'était un arbre alors que le dernier n'a été coupé que 10 ou 20 ans auparavant, ils se sont laissés enfermés et rien n'est expliqué…

En outre, aucun cliché ne nous est épargné, des gags référentiels qui masquent la vacuité intégrale du film aux beaux discours entendus mille fois et auxquels on va finir par ne plus croire. Mais ceci ne serait rien sans les chansons, véritables sinécures interprétées par… Zac Efron (entre autre) et dont les paroles et la musique sont dignes des pires choses musicales signées Kamel Ouali, Elie Chouraqui et consort. L'ensemble n'est pas simplement kitsch, il est à vomir et posé sur une animation plate, à peine fluide, plutôt caoutchouteuse. Tout est lisse et sans profondeur, les personnages ressemblent à mille autres et les couleurs criardes ne font que renforcer la laideur de l'ensemble, avec le nounours aux jolis yeux et les petits poissons que tous les amateurs d'Anne Geddes trouveront « trop mignons » (il faut bien vendre).

En bref, beurk. Mais que le studio se rassure, le film trouvera sans nul doute un public (soit aveugle qui prendra ce truc pour du Pixar soit qui, simplement, sait se contenter de peu).

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Zorro

Une critique assassine, une démolition en règle mais pleine de fôôôtes d’orthographe et de grammaire. Un régal pour les yeux.

Faites-vous plutôt votre propre avis sur ce film dont la morale finale est sans doute la meilleure que j’aie entendue depuis longtemps.