Sur la piste du Marsupilami : critique jaune

Simon Riaux | 24 avril 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 24 avril 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Apparu en 1952 dans Spirou et les héritiers, sous la plume de Franquin, le Marsupilami est petit à petit devenu une créature emblématique du neuvième art, jusqu'à apparaître dans sa propre bande-dessinée à partir de 1987. Si plusieurs albums font le personnage principal d'aventures débridées, il est souvent un sidekick précieux, et un ami fidèle pour Spirou et Fantasio, ainsi que quelques autres personnages dessinés par Franquin ou issus de ses créations. 

Connaissant l'humour qui caractérise l'œuvre du dessinateur et celui d'Alain Chabat, il n'y avait pas de véritable surprise à voir le réalisateur du meilleur épisode d'Astérix prendre le chemin des plateaux, bien décidé à recréer l'alchimie gauloise qui fit sa gloire. Pour autant, les premières images du film et sa campagne promotionnelle nous avaient dûment refroidis, évoquant plus les superproductions de prime time ripolinées que les exubérances millimétrées dont Chabat s'est fait le spécialiste. Nous nous sommes donc engagés Sur la piste du Marsupilami avec une réelle appréhension, un peu excessive il est vrai.

 

photo, Lambert Wilson, Jamel Debbouze, Alain Chabat

 

Le metteur en scène, co-scénariste et acteur de la chose s'appuie logiquement sur la structure des récits à dominante “humaine“ des aventures de la bébête jaune, et le fait avec un certain bonheur. Son univers, singulier mélange de potacherie déchaînée, d'absurde, de fantaisie colorée et de bons mots s'accorde merveilleusement à la Palombie de Franquin, sa jungle chaude et sa capitale bordélique, sans jamais donner l'impression d'une greffe contre-nature. Les gags s'enchaînent sans discontinuer, jusqu'à atteindre d'ahurissantes proportions, qu'il est difficile d'évoquer sans gâcher le plaisir du visionnage. Sachez simplement que les perroquets en prennent pour leur grade, que Lambert Wilson y livre une des prestations les plus hallucinées et dévergondée de sa carrière, que le viol animal est un drame dont il fait parfois bon rire, et que la généalogie du personnage interprété par Fred Testot vaut son pesant de cacahuètes. Le casting s'en donne à cœur joie, à l'image de Liya Kedebe ou Géraldine Nakache, ensorcelantes d'humour et de charme.

 

 

photo

 

Hélas, les quelques problèmes perceptibles dès la bande-annonce du film sont bien présents. Ainsi, le design du Marsupilami risque de choquer les fans hardcore de la bande-dessinée, alors que l'animal se voit affublé d'un duvet blanc fort peu seyant. On regrettera des incrustations et effets pas toujours totalement aboutis, qui viennent ici et là détonner avec le festin visuel général. Quant à la mise en scène, si elle est inventive, voire proprement cartoonesque dans la mise en place du rire, elle se fait bien trop timorée lors des séquences explicatives, ou d'exposition. Enfin, sans être trop long, le film s'essouffle en s'échinant à clore tous les arcs narratifs ouverts précédemment, quitte à en boucler certains paresseusement.

 

 

Affiche

Résumé

Notre Marsupial ami emporte finalement l'adhésion grâce à la patte reconnaissable entre mille de notre Chabat national, et si le film ne restera probablement pas comme sa création la plus aboutie, elle le consacre comme l'un des artistes les plus capables de retranscrire à l'écran les planches, cases et bulles du neuvième art.

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Lecteurs

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commentaires
thierry
24/04/2018 à 23:15

J'aurais adoré adorer.
Mais hélas on reste "sur la piste du Marsu" en permanence, (le titre, au moins, ne ment pas).
Il doit être présent moins de dix minutes à l'écran sur deux heures de film.
Plus étonnant ; jamais l'image n'arrive à cadrer correctement la bestiole, parfois dépassant du cadre ou totalement isolée sur une moitié de l'image, c'est parfois illisible.
La structure de ce genre film est celle du film de montre classique :
Un héros looser, doit aller à l'autre bout du monde pour prouver sa valeur. il rencontre la bête, après une confrontation, il s'en fait un ami, la bête se fait capturer par des méchants qui la ramène en ville, le héros va la délivrer, la bête s'échappe et va semer le désordre en ville, puis retourne dans sa jungle ou il se débarrasse des méchants pour de bon. Le héros aura trouvé sa place, ou l'amour et décidera de rester vivre sur place.
(oui c'est un peu King kong, avatar, etc...)
Quelque soit le ton du film, il se doit de respecter les bases de ce type de structure.
Mais ici on s'égare dans trop de sous intrigues, un dictateur chanteur, un guide qui vampirise totalement le récit, un climax tout riquiqui dans un studiotv de 50 mètres carré (moi qui rêvais d'une poursuite gaguesque à travers la ville).
Et je parle même pas de Jamel qui n'articule plus ces phrases et que l'on comprend une fois sur trois. (mais bon, c'est juste moi surement).
Certes, c'est de bon ton, avec des qualités réelles surtout dans les dialogues et une volonté de bien faire, mais qui, pour moi, passe totalement à côté de son sujet. surtout pour 39 M de budget (heureusement remboursés et c'est le principal).
C'est un peu comme son Santa ; 10 pour cent de vrai magie de noël, mais le reste est détourné, "chabatisé", parfois pour le meilleur et parfois pour le moins bien.

yellow submarine
24/04/2018 à 22:37

Ce film est une immonde purge, digne d'un DTV anglais des années 90.

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