Target : Critique

Simon Riaux | 10 février 2012
Simon Riaux | 10 février 2012

Target est de ces films dont on se dit avant de les découvrir, une pointe d'appréhension à l'esprit, qu'il leur suffira d'un rien pour s'élever au rang de comédie réjouissante et neuneu, ou pour basculer dans la fosse d'aisance des concepts creux, incapables de s'assumer. Étrangement, le résultat ne rentre dans aucune de ces cases, et c'est tout le problème : il se refuse à choisir son camp, quitte à perdre le spectateur en cours de route.

 

 

Pour peu que vous arriviez en retard et soyez obligé de quitter la salle avant la fin de la projection, vous risquez de passer un excellent moment. Car dès lors que l'intrigue est lancée, c'est une avalanche de gags, tantôt audacieux, tantôt faciles, mais toujours drôles, qui s'abat sur le spectateur. Grâce à la formidable alchimie entre Tom Hardy et Chris Pine, crédibles dans la fraternité comme la concurrence la plus échevelée, on gobe avec un plaisir certain les rebondissements successifs. Certaines séquences font d'ailleurs preuve d'un mauvais esprit réjouissant, telle la déculottée infligée à une tripotée de marmots ignorant qu'ils vont affronter au paintball un agent secret, ou encore la mine défaite d'une hôtesse de l'air, qui ne s'attendait pas à se faire jetlarguer.

 

 

 

En revanche, si vous prenez le film dès le début, vous vous endormez au milieu, et ouvrez les yeux lors de la dernière bobine, la chose risque de vous laisser un goût amer en travers de la gorge. En effet, alors que les premières images nous laissaient espérer une entrée dans le vif du sujet, il faudra se farcir une introduction déjà vue mille fois ailleurs (et en mieux), avant d'assister à la trop lente mise en place du dispositif qui justifie la compétition de nos deux héros. Compétition ralentie par des parenthèses girlies, mettant en scène Reese Witherspoon, qui risque de mettre vos nerfs à rude épreuve si les blondes hystériques ne sont pas votre tasse de caféine, et Chelsea Handler, la caution vulgarité subversive, dont la partition a un petit goût de provocation rance. Le second acte tend à faire oublier ce début trop lourd, avant que la conclusion n'en remette une couche. Sans vous révéler sa teneur, sachez qu'elle est d'un classicisme et d'un puritanisme certes typiquement hollywoodien, mais qui rompt brutalement avec la férocité des gags précédents, et donne le sentiment de s'être clairement fait avoir.

 

Résumé

Target est loin d'être infréquentable, mais en ne choisissant jamais entre farce jubilatoire et comédie pantouflarde, le long-métrage prend le risque de laisser l'ensemble du public indifférent, plutôt que d'en satisfaire véritablement une partie. De notre côté, on préfère largement visionner à nouveau L'espion qui m'a tirée...

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