Critique : The World is big

Nicolas Thys | 23 juillet 2011
Nicolas Thys | 23 juillet 2011

Les films bulgares qui sortent sur les écrans français sont peu nombreux. Raison de plus d'en attendre beaucoup. Si Eastern plays de Kamen Kalev avait amplement comblé nos attentes, et celles que le cinéaste laissait entrevoir depuis ses deux premiers courts-métrages, on ne peut pas en dire autant de The World is big réalisé par Stephan Komandarev. Sans être vraiment mauvais, il n'est ni plus ni moins qu'un film perdu dans la masse et qui n'en sortira jamais vraiment. Mignon mais insignifiant.

La cause déjà à la première moitié du film, plutôt insipide. Partagée entre l'enfance en flashback d'un homme sous le régime communiste dans les pays de l'est et son réveil amnésique d'un accident de voiture de nos jours, l'intrigue ne décolle pas vraiment. Pourtant Miki Manojlovic, l'un des acteurs fétiches de Kusturica, est magnifique. Mais son petit-fils d'une vingtaine d'années qui lui fait face ressemble à un bloc de granit, fade et sans intérêt. De plus, le rythme, bien trop lent, peine à s'imposer et s'étale dans des considérations politiques et mémorielles rebattues depuis des lustres.

Le film ne prend réellement son envol qu'à la sortie de l'hôpital du héros sans mémoire ; libération qui s'accompagne de la fuite de la Bulgarie pour lui, plus jeune, et ses parents et de l'arrivée en Italie dans une nouvelle prison : un camp de réfugiés. Tout commence en fait lors de ce plan magnifique sur fond d'éoliennes pendant que le grand père et sont petit-fils roulent sur un tandem, parcourant les routes. La mise en parallèle de ces deux mouvements vers l'avant, portés par l'air et par l'homme résonne comme une marche vers la mémoire perdue. Un temps suspendu qu'il s'agira de remettre en marche.

Comme le dit le grand père, il est le cerveau, ce qui manque à son petit-fils qui nage dans un brouillard confus. Ce dernier, ce sera les muscles car c'est à lui de faire le chemin vers ce qu'il a oublié. Et avec la métaphore filée du backgammon, il parcourra un tablier mental pour retrouver la mémoire et la vie, l'amour et le désir, le temps et l'espace. Cette seconde partie reste entachée par un final un peu gros sur fond de partie de dés improbable et de retrouvailles un peu mièvres, mais le cinéaste ayant à ce moment là réussi à nous faire adhérer à son univers, l'intrigue prend sans difficulté.

On regrette toutefois une forme bien trop solennelle et commune et un discours général un peu niais. Le passé couleur sépia et la musique, du sous Yann Tiersen, accompagnés d'un récit d'amnésique et d'un propos politique simpliste souvent rassassé (en mieux), perdent le film. Reste un joli petit moment à passer... qu'on oubliera aussi vite.

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