Films

Hell Driver : critique endiablée

Par Simon Riaux
22 mars 2011
MAJ : 11 décembre 2020
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A première vue, la rencontre entre Nicolas Cage et Patrick Lussier laissait craindre le pire. Encore groggy après un Dernier des templiers qui fleurait bon le Z, on ne savait pas trop à quoi s’attendre de la part du réalisateur de Dracula 2001. Maudit soit notre scepticisme, car Nic Cage et son metteur en scène nous livrent une péloche furibarde en trois dimensions, où les pneus crissent et l’hémoglobine fuse.

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Hell driver a été directement tourné en 3D, et cela se sent, on est à des lieues des conversions au rabais qui ont envahi les salles. Le film regorge de jaillissements toujours bien dosés et enthousiasmants, pour peu que comme nous, vous vous réjouissiez de voir des membres coupés et autres fluides corporels envahir l’écran. Bien utilisé, la troisième dimension vient décupler l’impact de cet hommage survitaminé. Car non content de nous offrir une sacrée dose de fun décomplexé, Lussier prend soin d’inscrire son film dans une longue tradition de cinéma d’exploitation où muscle cars et grosses pétoires se disputent l’affiche.

 

 

Des flingues et des bagnoles, mais pas seulement. Nicolas Cage confirme qu’il est en passe de devenir un incontournable du genre, un rescapé de Sailor et Lula sous acide. Amber Heard, véritable condensé de sexe appeal et de rage, lui renvoie la balle avec une aisance exceptionnelle, ne cédant jamais aux sirènes convenues d’une romance dénuée d’intérêt, elle est une partner in crime de premier choix. Mais la révélation du film est incontestablement William Fichtner, qui nous fait oublier en quelques secondes tous les suppôts de satan et autres démons humanoïdes croisés ces dernières années au cinéma. Il campe le Malin avec un mélange de roublardise et de raffinement sidérant, nous faisant passer du rire au frisson en un instant. À côté de ce trio tonitruant, on féliciterait presque Lussier d’avoir choisi un méchant des plus fades en la personne de Billy Burke, qui apporte du coup un contrepoint nécessaire aux autres personnages, un second degré et un souffle salutaire à ce récit testostéroné.

 

 

La psychologie des personnages, l’arc narratif ou encore la conclusion du film ne vous réservent pas la moindre surprise, et les effets spéciaux ne sont pas toujours du plus bel effet. Mais qu’importe, car le coeur du film ne réside pas là. Hell driver est histoire de générosité, Lussier met à chaque image toutes ses cartes sur table pour nous divertir, toujours avec sincérité. Jamais le projet ne sent l’opportunisme, à l’image de la rencontre entre Cage et Amber (qui arborent singulièrement une coiffure presque identique) dans un diner croulant du vieux sud. C’est aussi dans ses dialogues, qu’on devine aussi jouissifs pour l’équipe que pour nous, que le film s’illustre et fait mouche, à l’image de Milton, expliquant laconiquement pourquoi il est inopportun de l’exécuter : « I am driving. »

 

Rédacteurs :
Résumé

Hell Driver en est la preuve, les séries B sont comme l'enfer, pavées de bonnes intentions. Si vous espériez avec la même ferveur que nous voir Nicolas Cage donner sa pleine mesure dans un film de pure exploitation comme il les affectionne désormais, foncez. Non la série B n'est pas condamnée aux sorties techniques et aux DTV foireux, il reste quelques artisans désireux d'offrir au spectateur un spectacle nerveux et revigorant, ne les boudons pas.

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