Zack et Miri font un porno : Critique

Florent Kretz | 7 octobre 2010
Florent Kretz | 7 octobre 2010

Entre la suite tant attendue de l’un des films cultes de sa carrière et le très raté Top Cops, Kevin Smith aura mis en boite le pilote d’une série télévisée (Reaper) mais aura surtout écrit et réalisé Zack et Miri font un porno

Tournée en 2008 et laissé pas tout à fait indemne suite à quelques malencontreux ébats avec la censure américaine, cette comédie romantique, qui pioche autant dans les souvenirs cinéphiles de Smith que dans le pot de Vaseline, se sera vue privée de sortie en France pour d’obscures raisons. Bien que finalement dévoilé un peu partout dans le monde et jouissant d’une réputation des plus chaleureuses, le film ne parviendra jamais jusqu’aux salles obscures de notre métropole. Une erreur incompréhensible que corrige enfin la mise en vente, ces jours- ci, du disque. L’occasion de découvrir l’œuvre coupable de quelques polémiques mais qui n’a, finalement, de polémique que le titre.

 

 

Car s’il traite bel et bien du tournage d’un film X amateur, Zack et Miri font un porno est pour le coup tout sauf sulfureux. Et on est bien loin des digressions ou de tout élan de verve outrancière. Bien au contraire, malgré son sujet tapageur, Smith se fait plutôt raisonnable parvenant du coup à éviter les clichés vulgaires et ce sans pour autant se priver de quelques répliques graveleuses bien senties. D’ailleurs outre quelques séquences à la démesure effrontée qu’on lui connait, l’ensemble s’apparente plus à une bluette peu farouche qu’à un objet du scandale, racoleur et obscène comme aurait pu le laisser entendre ce genre de sujet.

 

 

Parce que, sans pour autant tomber dans le portrait d’une époque libertine et décomplexée à la Boogie Night, et même s’il en partage une certaine fraicheur dans le regard porté au sexe, le film de Smith semble avant tout être une véritable histoire d’amour avec le lot de fils blancs et de rebondissements que l'on attend. D'ailleurs, le scénariste-monteur-réalisateur fait preuve, comme toujours, d’une réelle maitrise de la mise en scène et de son matériau même s'il peine à éviter certaines embûches du genre: parvenant à boucler de réels moments touchants, il désamore parfois quelques ressorts romantiques lorsque sa verve comique prend le dessus.

 

 

Une caractéristique pas forcément déplaisante que semblent avoir beaucoup de ces nouveaux réalisateurs prolixes (Quentin Tarantino en tête). Faute à des dialogues verbeux parfois savoureux même si à limite du bavardage, l’ensemble finit par en pâtir légèrement. Mais porté par un casting trois étoiles absolument parfait, le film a à sa ttête, une belle et enthousiasmante Elizabeth Banks (40 ans, toujours puceau; la trilogie Spider Man) faisant de l’œil au toujours aussi sympathique Seth Rogen qui, s’il quitte pour l’occasion la team de Judd Apatow, en emporte tout de même une bonne dose de fraicheur. Un couple craquant qui se découvre grâce à leurs rencontres avec différentes protagonistes intervenant de près ou de loin à leur tournage sauvage: avec le roi des geeks aux manettes, on retrouve bien évidemment quelques stars tels Justin Long et Brandon Routh géniaux en amants gays hardcore, le maitre des FX Tom Savini ou encore la hardeuse Tracy Lords… Le tout sur une bande-son rock et choc composée entre autre des Pixies, Blondie ou des Jesus and Mary Chain! Des atouts non négligeables qui offre de passer avec Zack et Miri font un porno un excellent moment sans pour autant découvrir le nouveau film culte du réalisateur !

 

 

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