Bienvenue à Zombieland : critique

Florent Kretz | 18 octobre 2009 - MAJ : 16/10/2019 00:22
Florent Kretz | 18 octobre 2009 - MAJ : 16/10/2019 00:22

Jusqu'à présent lorsque l'on évoquait l'étrange combinaison « comédie avec des zombies », le seul véritable prétendant au titre était le génial Shaun of the dead d'Edgar Wright, tous les Dead and Breakfast et autres Nuit des loosers vivants ne parvenant même pas à s'illustrer positivement dans le registre de l'horreur. Pourtant, il va dorénavant falloir faire avec Bienvenue à Zombieland, alternative ricaine bien sentie et carrément allumée. Rock'n'roll, irrévérencieux, très drôle et franchement  dingue, le premier film de Ruben Fleischer a tout pour devenir instantanément culte et ce malgré quelques légères maladresses.

Assurément Bienvenue à Zombieland risque de souffrir de la comparaison avec son homologue britannique : si Shaun of the Dead se révélait être une authentique comédie ayant pour fond une dimension horrifique, elle est surtout réputée pour être un des fleurons du film de zombie. Et c'est très certainement en toute connaissance de cause que Ruben Fleischer se sera lancé dans l'entreprise Zombieland. Car à l'arrivée, il s'agit de deux métrages bien distincts n'ayant finalement comme unique point commun la présence des hordes zombiesques. D'ailleurs si le premier sera évidement imprégné de l'humour « so british » , le second se fera porte-étendard d'un cinoche totalement décomplexé et définitivement « wild »! Fin de la comparaison...

 

 

Bienvenue à Zombieland se révèle donc être une brillante métaphore de la complexité américaine : le film véhicule sans interruption cette improbable faculté à faire cohabiter des dogmes et cette hallucinante revendication libertaire sans fin... Assez logiquement, le métrage prend donc les allures d'un road movie déjanté, ballade sauvage dans laquelle s'embarque Columbus (Jesse Eisenberg, fils spirituel de Rick Moranis), un tocard qui ne survit dans le chaos ambiant que par à la mise en application de règles de survie. Ne pas aller aux toilettes, attacher sa ceinture, faire du cardio... Autant de doctrines salvatrices qu'il suit rigoureusement jusqu'à sa rencontre avec Tallahassee (Woody Harrelson débridé), un plouc aux allures de cow-boy chasseur de zombies, partisan d'une politique anarchisante! Road movie, Buddy movie, comédie grasse et outrancière, Zombieland s'apparente plus à un tour de montagne russe dans la grandiloquence américaine, chaque incartade dans un nouveau registre apportant son lot d'émotions.

 

 

Et c'est peut être là que le bas blesse : à force d'aborder de nouveaux sentiers, le film ne fait que les survoler, le spectateur trouvant systématiquement son confort dans la nouvelle farce mais ne trouvant jamais assez pour se rassasier. Subsistent malgré tout une accumulation de séquences d'anthologie, le scénario faisant la part belle aux rebondissements absolument dingues. Car plus encore que de proposer comme uniques survivants des minables dont les actions seront légitimes mais de mauvais goût (la destruction du magasin d'un indien pour se défouler est forte symboliquement en provocation), le film s'évertue dans la recherche du défi: au détour d'une réplique, on crache sur la maison de production concurrente, on renouvelle ici notre passion pour les beaufferies les plus inavouables...

 

Résumé

A l'évidence, Ruben Fleischer se permet tout et n'importe quoi, conscient qu'il s'agit de son premier et (peut être?) unique film. Mais vu la folie qu'il vient de nous livrer, soyons certains et espérons que Zombieland connaîtra quelques suites : car si la fin du monde selon le réalisateur s'apparentera au délire ultime, il nous reste encore beaucoup d'attractions à découvrir. Vive les Rednecks et vive l'Amérique!

 

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