Critique : Push

Vincent Julé | 2 février 2009
Vincent Julé | 2 février 2009

Si vous trouviez que le conceptuel et déroutant Jumper de Doug Liman ressemblait un peu trop à un pilote de série, avec Push, vous aurez la suite. Mais pas du même film. En un flash-back et une voix-off, la mythologie est expédiée à la manière d'un « Previously on Heroes » et nos super héros adolescents sont déjà en fuite à Hong Kong. Pourtant, la galerie de pouvoirs n'est pas inintéressante avec ses movers qui bougent les objets, ses watchers qui voient l'avenir, ses shifters qui changent l'apparence des choses et d'autres réjouissances encore - dont les comiques hurleurs et sniffeurs ! Mais les pushers du titre alors ? C'est d'eux que le film tire son originalité et sa vraie nature. En effet, alors que toute la promo est acquise à Chris Evans et son pouvoir spectaculaire, celui-ci n'est qu'un mover et « pousse » les objets, alors que les pushers Camilla Belle et Djimon Hounsou « poussent » les gens à avoir de faux souvenirs ou de fausses émotions. L'esprit de la force contre la force de l'esprit.

 

Ainsi, dès lors que Chris Evans se rend compte que son pouvoir de bourrin est inefficace contre les watchers et les pushers, il est obligé de se servir de sa tête et écrit littéralement un scénario dans lequel il joue avec toutes ces capacités pour mieux les déjouer. Une mise en abyme ludique qui renvoie alors plus à Death Note, dont l'influence est certaine et se retrouve jusque dans le nom du personnage de Camilla Belle qui est aussi le pseudo utilisé par le héros justicier du manga pour accomplir ses méfaits : Kira - ou « killer » prononcé à la japonaise.

 

Malheureusement, ce n'est pas forcément le film que les producteurs ont demandé de faire à Paul McGuigan, le faiseur doublé d'un poseur de Wicker Park et Slevin. Ainsi, on se prend à entendre notre rédacteur en chef Laurent Pécha marmonner « trop vieux pour ces conneries », tant la narration et surtout le montage (voire remontage) sursignifie tout et ne semble acquis qu'à l'équation fun + action. Le film passe ainsi parfois à côté de son vrai sujet, même si l'exil du réalisateur américain à Hong Kong lui a été bénéfique puisqu'il abandonne ses tics visuels au profit d'une mise en scène plus roots et guerilla style. Une idée de liberté qui se retrouve aussi dans la cool attitude des personnages, leur gentille insolence (Dakota Fanning se trimballe à 13 ans avec deux guns et une bouteille de whisky) ou leur je-m'en-foutisme. A l'image de cette scène où Djimon Hounsou explique les tenants et les aboutissants de l'histoire à Chris Evans, qui le coupe : « Attends, c'est censé m'intéresser ?! »

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