Critique : Yes man

Nicolas Thys | 19 janvier 2009
Nicolas Thys | 19 janvier 2009

Oui, Jim Carrey est la plus belle création hollywoodienne depuis 1994. Il rend comestible les navets, transcende les chefs-d'œuvre et c'est le seul aujourd'hui dans cette Mecque du cinéma qui en soit capable avec autant d'énergie et à un tel rythme. Yes Man n'appartient à aucune des deux catégories de films cités ci-dessus mais la seule présence de l'acteur suffit à donner au film une envergure qu'il n'aurait certainement jamais dû avoir. Carrey fait le film au moins autant que Peyton Reed, comme les grands acteurs burlesques au temps du muet.

 

Il dévore le monde, l'engloutit, le débarrasse de ses angoisses pour le faire sien avant de le déglutir dans une démesure rare enchainant gags et situations ridicules parfaites caricatures de la société américaine. Plus que jamais ici Carrey est un enfant dans un corps d'adulte duquel il cherche à se débarrasser : il rajeunit au cours du film. Voilà pourquoi, puisque le monde est un terrain de jeu mais que seul les plus jeunes s'en souviennent comme le dit si bien Zooey Deschanel, Carrey s'y sent particulièrement à l'aise, à la fois en marge et au centre.

 

En dépit de la lourdeur de quelques grosses ficelles scénaristiques bien convenues - lire ici : un couple se rencontre, connait une crise mais tout finit bien -, d'un message que d'aucuns trouveront facile et d'une mise en scène discrète mais cinéphile à défaut d'être innovante à l'exception de quelques plans, Yes Man regorge de trouvailles comiques s'enchainant à un rythme effréné parfaitement mis en valeur par une bande son et un casting de premier choix.

 

Outre l'acteur principal, chaque autre personnage compose une galerie de portraits loufoques et écervelés qu'on aimerait voir plus souvent. Depuis Zooey Deschanel en poupée décalée par rapport au monde réel à une mamie graveleuse et libidineuse en passant par Terrence Stamp génial de retenue et de magnétisme en gourou du « Yes » ou encore Rhys Darby, comique néozélandais peu connu tout droit sorti des années 70 et excellent dans son double rôle de boss et de geek adulescent.

 

Indéniable réussite pour peu qu'on y adhère sans arrière pensée aucune, ce film est une bouffée d'air frais et un puissant revigorant pour le moral !

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