Mamma Mia ! : critique disco

Jean-Noël Nicolau | 9 juillet 2008 - MAJ : 20/07/2018 15:35
Jean-Noël Nicolau | 9 juillet 2008 - MAJ : 20/07/2018 15:35

ABBA c’est 400 millions de disques vendus depuis 1972 et un mythe indéboulonnable. Séparé depuis 1982, le groupe associe à son nom des réactions qui passent d’un extrême à l’autre. Symbole de la festivité la plus débridée mais aussi de la pop la plus parfaite (jusqu’à être comparé aux Beatles et aux Beach Boys) pour les uns, ABBA est pour d’autres l’emblème de l’esthétique kitsch et du mauvais goût des années disco. Pourtant la popularité des quatre Suédois n’a jamais été démentie, jusqu’au succès de la comédie musicale Mamma mia ! qui donne à présent naissance à une adaptation cinématographique.

L’histoire de Mamma mia ! s’avère fort simple et repose sur les bases de la comédie romantique intergénérationnelle, avec une emphase certaine sur les peines de cœur des quinquagénaires. Trois pères pour une très jeune mariée et une mère volage qui doit faire face à son passé pour mieux accepter son avenir. Du classique, de l’efficace, il suffit d’habiller le tout avec des personnages secondaires attachants et de la bonne humeur pour que la fête soit complète. Bonne nouvelle, Mamma mia ! triomphe sur presque tous les tableaux.

La première raison de la réussite du film tient évidemment dans les chansons d’ABBA. Allergiques s’abstenir ! Tous les tubes sont là (ou presque) et ils sont tous très intelligemment intégrés à l’histoire. Le second point fort, tout aussi important que les chansons, c’est Meryl Streep. Absolument extraordinaire (on se permet d’insister), elle porte le film à elle seule. Même si tous les acteurs s’avèrent dans la juste tonalité, l’actrice multi-oscarisée délivre une performance incroyable. Elle chante, elle danse, rit, pleure, chahute dans tous les coins du cadre.

 

 

Mais ce dynamisme débordant ne se fait jamais au détriment de l’émotion. La voix et le jeu de Meryl Streep font ressortir la mélancolie de certaines chansons. Le sommet étant bien sûr The Winner Takes It All, probablement la plus belle composition du groupe, interprétée par l’actrice avec une intensité qui ne semble jamais déplacée au sein d’une œuvre par ailleurs follement légère.

Le gros point faible de Mamma mia est sa mise en scène. Manquant de souffle et d’imagination, la réalisation ne fait généralement que capturer platement l’énergie déployée par les comédiens et les chorégraphies. Certes, cette énergie est telle qu’on oublie fréquemment la gestion minimale de l’espace et du rythme par Phyllida Iloyd. Mais on se plaît à rêver de ce qu’un metteur en scène de Bollywood nous aurait offert avec les mêmes séquences.

 

 

Mamma Mia ! est un idéal de comédie musicale, un bonheur de film estival (les paysages de Grèce invitent aux vacances). La joie, l’enthousiasme, une pointe de tristesse, des passages fantastiques (Dancing Queen, Does Your Mother Know, Voulez-Vous, Take a Chance on Me) et une actrice en état de grâce balaient toute résistance. Sur le papier, le projet pouvait effrayer, le résultat risque d’engendrer un culte réjouissant et de provoquer de grandes crises d’euphorie à la sortie des cinémas. You can dance, you can jive, having the time of your life !

 

Résumé

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