Critique : Soap

Lucile Bellan | 25 mai 2008
Lucile Bellan | 25 mai 2008

Pour son premier film, Pernille Fischer Christensen a choisi de parler d'amour. Un choix assez peu original si l'on prend en compte le nombre incalculable de films déjà réalisés sur le sujet. Mais ce qu'apporte la réalisatrice, c'est un regard burlesque, à l'humour très nordique, et une sensibilité à fleur de peau sur la relation de voisinage entre Charlotte, une femme qui ne sait pas ce qu'elle veut ni ce qu'elle a besoin et s'éloigne donc de tout, et Veronica, sa voisine transsexuelle dont les choix la coupent du monde. De la répulsion à l'amitié, puis d'une dépendance affective au désir naissant, les cartes brouillées de l'habituel jeu entre les sexes donnent lieu à ce que l'on pourrait juste appeler une valse entre les corps.

 

Sans oser un jugement sur les choix et les modes de vie des deux protagonistes, la réalisatrice crée une alchimie entre les personnages et les partis pris de mise en scène. Comme son titre l'indique, elle fait le lien, amusant et dédramatisant, de rapprocher tous ces atermoiements amoureux  à un soap opera, ces programmes télévisés quotidiens où des rebondissements perpétuels sont nécessaires pour rendre accros les ménagères. Et plus que des résumés très emphatiques avec voix-off et arrêts sur images floutées (par ailleurs de très belles photographies), c'est aussi ce soap qui rapproche les deux corps lors d'un rendez-vous journalier.

 

Poétique et sensible, l'univers de Soap cache aussi un discours sur la tolérance et la différence loin d'être moralisateur. La beauté de l'exercice est toujours palpable, de même qu'une sacrée sensualité, insolente pour Charlotte, indécente pour Veronica. Et si le film laisse un peu le spectateur sur sa faim, le début de magie qu'il arrive à créer, est déjà un petit miracle.

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