Critique : Flamme et femme

Par Nicolas Thys
12 avril 2008
MAJ : 29 mai 2024
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Flamme et femme possède les défauts et qualités propres aux films de Kijû Yoshida. C'est à dire que les recherches formelles et narratives perdent le spectateur, l'emmènent sur le terrain parfois glissant de la réflexion et de l'introspection tout en desservant le pan émotionnel qui pourrait jaillir de ces films. Ce qui dans certains cas peut être bénéfique et aboutir à un résultat admirable, par exemple dans Le Lac de la femme les flash-back en moins, ne convient pas à ce film, pourtant porteur de plusieurs séquences admirables prises indépendamment, la première et la dernière en particulier.

 

Ici une femme dispute à son mari le droit de se déclarer le père d'un enfant qu'elle ne voulait pas et conçu par insémination artificielle, pendant qu'un second couple fait irruption de manière assez orageuse dans leur relation. Le personnage joué par Mariko Okada refuse le législatif au profit du biologique, la tradition au profit de son être charnel, en n'autorisant pas son mari à approcher de l'enfant qu'il a voulu créer artificiellement, outrepassant la volonté de sa femme et en lui donnant les moyens de se rebeller en actes et en paroles. L'enfant n'est alors plus qu'une idée monstrueuse, une poupée caduque puisque générée par un unique individu auquel il faut trouver le référent manquant, quitte à détruire la cellule familiale.

 

Judicieusement féministe dans son approche qui fait de la femme l'égale de l'homme, en ne la subordonnant plus aux désirs de son mari dès le moment où elle prend conscience que son corps et ce qui en sort n'appartient qu'à elle, le film oblitère malheureusement la condition de l'enfant et intellectualise trop cette condition féminine au détriment des émotions et de l'avancée d'un récit par ailleurs très bon.

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