Critique : Bon à rien

Par Nicolas Thys
9 avril 2008
MAJ : 29 mai 2024
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Premier film de Kijû Yoshida en tant que cinéaste, Bon à rien est une représentation brute de la jeunesse japonaise du début des années 1960, filmé comme une sorte d'A bout de souffle made in Japan. On le sent dans la mise en scène, osée pour l'époque, caméra à l'épaule, cadrages détonants, tournage en pleine rue, un vent de liberté souffle. Les studios veulent autre chose et Yoshida rafle la mise. Sans être son meilleur film, il est sans conteste une bonne première œuvre qui peut, pour nous spectateur occidentaux, paraître très référencée, mais ne l'est pourtant qu'involontairement, preuve que les histoires nationales du cinéma se croisent même à l'autre bout du monde.

 

Petite musique jazzy, variations sur quelques notes, aux faux airs du Godard précédemment cité et sorti à la même époque ; plusieurs dialogues sur certaine idée du Paris germanopratin (Montand, Gréco) et de l'Amérique vue à travers l'œil d'une caméra et d'un scénario qui oscille entre trame crapuleuse, drame amoureux et vision sociale. C'en est à la fois déconcertant et jouissif. Mais Yoshida n'en est qu'à ses débuts. Il ne fait qu'esquisser son œuvre future et, malgré nombre de nouveautés formelles affirmées et assumées, sa mise en scène n'a pas encore l'audace de ses prochains films.

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