Critique : Le Fantôme de l'Opéra

Nicolas Thys | 22 mars 2008
Nicolas Thys | 22 mars 2008

Le Fantôme de l'opéra réalisé en 1925 par Rupert Jullian est la deuxième adaptation du roman de Gaston Leroux, après une version germanique d'Ernst Matray en 1917, et sans conteste la meilleure de toutes jusqu'à aujourd'hui notamment grâce à la prestation magistrale et inoubliable de l'acteur principal Lon Chaney dont Todd Browning saura exploiter tout le potentiel par la suite. Souvent surnommé l'homme aux mille visages pour sa capacité à changer de visage et de corpulence lors de chaque apparition à l'écran, Chaney est ici grimé en un monstre hideux dont l'apparition, longtemps retardée par de multiples masques ou plans d'ensemble ne permettant pas de le voir clairement, choque à chaque vision.

 

L'intrigue principale du roman est reprise et retravaillée par la mise en scène de Jullian (suivie de près par Lon Chaney) de manière à insuffler un suspense croissant à l'action et une dramatisation des plus fortes à un récit qui tourne autour de la performance du « fantôme ». D'ailleurs, à cette occasion, deux séquences, absolument sublimes et d'une grande intensité, furent tournées en couleurs et non simplement teintées comme c'était souvent le cas au temps du muet dont la seconde très ingénieuse puisqu'elle figure un incendie et gagne grandement en énergie sinon en réalisme. La première, une séquence à l'opéra, permet elle aussi de faire le contraste entre la majesté et la légèreté des lieux bourgeois où la foule s'expose dans tout son luxe et sa splendeur et la noirceur extrême et oppressante de l'antre du monstre et du labyrinthe y menant.

 

On pourrait reprocher au film quelques éléments manquants par rapport au livre qui auraient pu y figurer car ils expliquent notamment la raison du comportement criminel du personnage joué par Chaney ainsi que l'attraction de l'héroïne pour le monstre mais ces points ne sont au final que secondaires et leur absence ne fait au contraire que renforcer le côté magique, alchimique et démoniaque de ce chef d'œuvre.

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