Angles d'attaque : Critique

Ilan Ferry | 11 mars 2008
Ilan Ferry | 11 mars 2008

Quand l'opportuniste producteur Neal H.Moritz se propose de livrer sa propre version de Rashomon à la sauce 24, un doux sentiment d'appréhension et de curiosité envahit le spectateur. 

Hélas, malgré une bande-annonce aguicheuse et un intéressant pitch (un assassinat vu par huit point de vue différents, chacun censé apporter une pièce supplémentaire au puzzle), Angles d'attaque ne dépasse jamais le stade du direct to dvd clinquant laissant une désagréable impression d'esbroufe. La faute en incombant tout particulièrement à un «ressort» scénaristique  relevant du gimmick mal exploité.  

En effet, a contrario de séries aussi réussies que Boomtown ou Damages, la multiplicité des points de vue sert ici avant tout à meubler une intrigue qui, si elle en était dépouillé, aurait tenu sur à peine cinquante minutes de métrage. Ajoutez à cela de grossières symboliques invoquant tour à tour le 11 septembre et l'assassinat de Kennedy, un racisme larvé (font chier ces arabes à vouloir tout faire péter, semble nous dire le film), et  des ficelles narratives plus qu'épaisses (Saïd Tagmaoui et sa «télécommande magique», le traitre de service immédiatement identifiable), et vous obtiendrez la définition même du thriller politique selon les créateurs de Fastand Furious !

 

 

Au milieu de cet indigeste patchwork patriotique au casting aussi international qu'inutile, il reste toutefois à sauver une belle poursuite finale singeant efficacement La mort dans la peau et une explosive séquence inaugurale qui laissait présager une suite à l'avenant. Et si le résultat se rapproche plus du navrant The sentinel que des Trois jours du Condorgageons que sa redécouverte en vidéo-club dans six mois permettra peut être de lui redonner une seconde chance en tant une série B du samedi soir à déguster avant tout chez soi.

 

Résumé

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire