Critique : Modern love

Lucile Bellan | 9 mars 2008
Lucile Bellan | 9 mars 2008
Au vu des affiches aux images évocatrices (pomme d'amour, pâquerette et palmito) et du casting, on s'attendait tous à une énième resucée du très contesté On va s'aimer. Force est de constater que, en plus d'être beaucoup plus que ça, Modern love a tout de ce que devrait être la comédie romantique à la française. Intelligente et pas cucul pour deux sous, drôle et sensible, elle étonne aussi parce qu'elle offre à ses spectateurs en couple une petite psychanalyse pas piquée des hannetons, un regard réaliste et conscient sous une guimauve juste apparente.

Pour ceux qui seraient encore un peu frisquets aux charmes de l'objet, une explication s'impose : Modern Love dans le film est en fait un autre film du même titre, soit une jolie mise en abyme pour une comédie romantique et musicale qui use et abuse sans vergogne de tous les clichés du genre. Ce gimmick permet ainsi, contrairement au sympa-sans-plus Ma vie n'est pas une comédie romantique par exemple, d'en délester le reste du métrage et les intrigues des personnages. Un film que tous iront voir à un moment ou à un autre et qui centralise donc toute l'action autour d'un seul personnage, le scénariste de celui-ci, le sublime et irrésistible Pierre-François Martin Laval.

Pourtant, le résultat ne demeure pas infaillible et le traitement du seul personnage gay laisse un peu à désirer, tant il représente un cliché un peu particulier, celui de l'homme parfait, drôle, sexy, et ayant toutes les qualités de la terre. Un personnage pourtant assez justement interprété par Stéphane Debac, ce qui n'est pas toujours le cas pour les personnages féminins (Clotilde Courau, Bérénice Bejo, Alexandra Lamy) un peu plus inégaux.

Stéphane Kazadjian, réalisateur de Sexy boys (oui, vous lisez bien) et scénariste de Bloody Mallory (nan, mais vraiment, je vous jure) propose une charmante et enivrante alternative aux classiques américains du genre. Plus léger et pourtant maîtrisé, Modern love a le goût d'une bonne surprise acidulée, comme les Harlequin... les bonbons, pas les romans.

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