Critique : Disco

Par Thomas Messias
3 avril 2008
MAJ : 13 septembre 2018
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Pour le film : 3/5

 

Dire que Disco ne plaît pas aux membres de la rédaction d’Ecran Large est un doux euphémisme (voir notre tableau de note). Pourtant, et l’auteur de ces lignes est là pour militer pour une certaine réhabilitation du film, détruit plus bas dans ces lignes il y a quelques semaines, Disco ne mérite pas un tel courroux.

Pour apprécier Disco, il est impératif de ne pas le voir comme le film drôle (même si l’on rit ou du moins sourit plus d’une fois) que les précédentes réalisations d’Onteniente (3 zéros et Camping en tête) pouvaient laisser imaginer. Avec ce film, le réalisateur et son co-scénariste-acteur vedette, Frank Dubosc jouent la carte d’un cinéma bien plus sensible et humain. Dans les chaussures de Didier Travolta, père à côté de la plaque, atteint du syndrome de Peter Pan pour rendre heureux un fils qu’il ne voit plus, Dubosc se montre plus d’une fois étonnant quand il n’est pas simplement extrêmement touchant. « Mais dans quel monde vivez-vous, Didier » lance une France Navarre (admirable Emmanuelle Béart réussissant le pari de nous faire croire à son improbable histoire d’amour avec Travolta) après une soirée romantique anthologique au Buffalo Grill du coin. « Dans le mien » répond Didier.

Un dialogue simple qui résume parfaitement l’humanité d’un film qui fait appel à des valeurs essentielles (amitié, amour,…) en les faisant jouer par des personnages de pieds nickelés attachants, et au final assez loin de l’étiquette, trop vite attribuée, de simples beaufs. Finalement pas si éloigné du cinéma des frères Farelly dans sa capacité à rendre attachant des freaks (pour se rassurer, on a forcement envie de classer Travolta et sa bande dans la fameuse catégorie B…), Onteniente et Dubosc proposent un spectacle maladroit (il n’y pas la finesse d’écriture des deux frères précités, par exemple), mais ô combien sincère.

Comme un joli cri du cœur que la fièvre du disco revigore le temps de quelques séquences musicales emballantes (mention spéciale à Samuel Le Bihan, très à l’aise en docker havrais aux mooves endiablés). Populaire, Disco l’est assurément. Terriblement humain, Disco l’est encore plus.  

 Laurent Pécha

 

Contre le film : 1/5

Grisés par les 5 millions d'entrée d'un Camping assumant sympathiquement son statut de film beauf et populaire, Fabien Onteniente et Franck Dubosc ont remis ça. Disco entend surfer sur ce qui fut un phénomène de société et demeure aujourd'hui encore comme l'un des symboles récurrents de la nostalgie à la française. On espérait un hommage tendre à une culture musicale qui anima la jeunesse des quadras et quinquas ; Onteniente nous livre un film vulgaire et pas drôle, qui mise absolument tout sur la seule personnalité de Dubosc. Ce dernier n'étant pas vraiment aussi drôle que Will Ferrell, le ratage est complet.

 

Disco signe la faillite du système Dubosc, qui fut un temps un espoir de l'humour à la française avant de rapidement s'enfermer dans un seul et unique personnage et de ressasser encore et encore les mêmes vannes, comme une vieille cassette tournant en boucle. La vacuité du scénario met en avant  les limites du bonhomme, qui n'a plus que quelques slips kangourou et autres tenues ringardes pour tenter de nous arracher un sourire. Pathétique. Et malgré l'abattage de quelques comédiens qui gardent miraculeusement la tête hors de l'eau (notamment Béart et Le Bihan, à l'origine des rares séquences supportables), on sera bien en peine de trouver un quelconque potentiel comique dans ce marasme. L'absence de gags (même mauvais) est criante, et la plupart des scènes sentent le remplissage.

 

Et  l'esprit disco dans tout ça ? Quelques tubes pas trop démodés pour vendre des B.O., trois pauvres scènes de danse vite expédiées, et puis c'est tout. Onteniente n'exploite même pas à fond l'idée déjà vue mais souvent efficace du concours de danse. Mieux vaut revoir dix fois un Podium plus ambitieux et réussi sur tous les plans (comédie, disco attitude, portrait d'un ringard se cachant derrière sa passion) que de s'infliger ce sinistre spectacle qui ne manquera pas d'attirer en masse les fans transis d'un rigolo plus has been que les personnages qu'il défend.

Thomas Messias 

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