Films

Hard Eight – Critique

Par Julien Foussereau
22 février 2008
MAJ : 30 mars 2020
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Se destiner à une carrière de cinéaste est loin d’être évident. Il faut bien démarrer quelque part. Sur ce point, Paul Thomas Anderson a su faire preuve d’un certain talent. Son court-métrage Cigarettes & coffee lui permet de se faire remarquer par le Sundance Institute. Un financement lui est octroyé pour qu’il puisse s’atteler à la réalisation de son premier long. Anderson met en scène en vidéo une intrigante conversation : Sydney, un homme vieillissant propose d’aider John, trentenaire déboussolé et sans le sou, à renflouer son compte dans l’espoir d’enterrer dignement la mère du second. Un pacte est conclu : John accompagne Sydney à Reno pour qu’il lui apprenne comment blouser les casinos. Bingo ! Anderson peut tourner son film. En pellicule et en Scope, s’il vous plaît. Ce sera Hard eight.

Rétrospectivement, après que l’on eût été émerveillé par Punch drunk love ou Magnolia, Hard eight semble un peu léger sur le fond et souffre de déséquilibres dans la mesure où l’énigmatique première partie fascine nettement plus que la seconde. Il tient résolument la distance tant que le mystère Sydney est au centre du film, tant que l’on reste derrière la porte fermée à se demander le pourquoi du comment. Lorsqu’elle s’ouvre et que le film bascule dans le polar vengeur, les réponses fournies apparaissent convenues. Attention toutefois, Hard eight est un galop d’essai plus qu’honorable parce que Anderson excelle dans la direction d’acteurs et laisse éclater au grand jour un don quasi instinctif pour la mise en scène.

Certes, on sent que Anderson fourbit ses armes, forme sa garde rapprochée Philip Baker Hall / John C. Reilly / Philip Seymour Hoffman. L’influence scorsesienne dans ses constructions de cadres est évidente. Mais l’amour qu’il a à revendre pour son modèle et ses comédiens achève de rendre Hard eight attachant. Ne manque peut-être que de l’ambition. Une carence qui sera corrigée avec Boogie nights, son deuxième film.

 

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