Critique : Le Chantage

Thomas Messias | 8 janvier 2008
Thomas Messias | 8 janvier 2008

Il n’aura pas fallu beaucoup de patience pour dénicher le premier film bien con de 2008. Dès le 2 janvier, Le chantage place la barre bien haut grâce à son scénario hors pair. Si son twist final est particulièrement gratiné, le film de Mike Barker n’attend pas les dix dernières minutes pour nous entraîner vers les sommets. Tout commence avec la description d’une famille heureuse à 200% : il est beau, elle est belle, ils sont pleins de fric, leur fille joue sagement à la poupée, et leurs dents sont bien blanches. Un bonheur de courte durée, puisque le vilain Pierce Brosnan est planqué dans la voiture avec une arme. Il faut moins de cinq minutes pour réaliser que l’acteur aurait vraiment dû prendre sa retraite en quittant le costume de James Bond : ses mimiques et son œil qui pétille sont usés jusqu’à la corde.

Dès lors, c’est l’escalade, puisque l’on découvre bien vite que le méchant en question n’est pas intéressé par l’argent, mais (sans doute) par une vengeance bien plus personnelle. C’est sur ce mystère que joue le film, et la résolution ne décevra personne. En attendant, Pierce-le-pas-gentil contraint le couple Ultra Brite à exécuter pour son bon plaisir une série d’épreuves haletantes (pour eux, pas pour nous) : courir très vite pour déposer une enveloppe, trouver 300 dollars, tenir en équilibre en haut d’un building… Dans le genre sensations fortes, l’émission « Fear factor » faisait sans doute aussi bien. Son personnage étant particulièrement brimé, Gerard Butler se surpasse pour jouer la souffrance, et se révèle autrement moins convaincant que dans 300. Ici, il ressemble à un Julian MacMahon sans sex-appeal. Et c’est fichtrement ridicule.

Déjà bien naze dans son déroulement (comme une version toute pourrie de The game), Le chantage se savoure bien davantage une fois la révélation finale accomplie. C’est juste après ce dernier plan se voulant particulièrement édifiant et cruel que le film de Barker libère enfin son potentiel de stupidité. Bizarrement, on ressort du film presque enthousiaste, ahuri par tant d’audace, avec une envie inavouable d’aller le revoir aussitôt pour savourer avec un œil nouveau la profonde bêtise de chacun de ses rouages.  

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