Hostel - Chapitre II : Critique

Ilan Ferry | 10 juin 2007
Ilan Ferry | 10 juin 2007

Eli Roth est un type marrant... si cette affirmation peu paraître quelque peu présomptueuse au vu de la filmographie du bonhomme, il faut bien reconnaître qu'Hostel 2 confirme par l'image la réputation de sale gosse durement acquise par le poulain de Tarantino. 

Toutefois en ces temps troublés où la franchise Saw s'embourbe dans des suites de plus en plus médiocres, le bien fondé d'une nouvelle séance de démastiquages façon boucherie à l'ancienne s'impose comme une question évidente. De moins en moins enclin à céder aux concessions mainstream de la machine hollywoodienne, Eli Roth se propose de rassurer les sceptiques  de la manière la plus frontale possible. Au programme donc de cette deuxième visite dans la désormais célèbre chambre des tortures: décapitations, émasculations autres petites réjouissances, soit une certaine idée du tourisme à l'européenne !

 

 

À l'image des plus célèbres suites du genre, le film opte pour la surenchère et se donne enfin les moyens de ses ambitions. Alors qu'Hostel premier du nom oscillait maladroitement entre Spring Break movie et horreur à l'état pur, Hostel 2 assume enfin ses parti pris, aussi extrêmes soient-ils, en offrant à son public ce qu'il était légitimement en droit d'attendre depuis la fin du premier volet. De fait, le métrage semble marquer une nouvelle étape dans l'évolution de son réalisateur qui délaisse un temps les maladresses du précédent opus. À la beauferie semi assumée de ce dernier, ce nouveau chapitre répond par un second degré inattendu, drôle à défaut d'être fin, mais en phase totale avec la décomplexion de l'entreprise.  

 

 

Scénaristiquement, la mythologie Hostel s'enrichit et nous invite à plonger dans les plus sombres arcanes de cet univers pervers et atroce en nous gratifiant au passage d'une glaçante mise aux enchères à travers le globe. La réalisation, travaillée et posée, laisse une large place aux plans larges et assène de donner à l'ensemble une plus grande ampleur. Enfin, le film gagne en « profondeur » grâce à des personnages plus consistants. En choisissant comme proies trois adorables étudiantes, Roth appelle à un renversement aussi attendu que logique pour mieux inverser les rapports de force. Une impression que confirme un casting éclectique puisque les belles Lauren German et Bijou Phillips ont pour bourreaux deux transfuges masculins de Desperate Housewives.

 

Résumé

Nanti d'une morale toujours aussi ambiguë, Hostel 2,  peut, à défaut d'être un modèle de subtilité, se targuer de contenir tous les ingrédients du véritable plaisir coupable faisant rimer gore et fun dans un maelstrom de tripailles plus cartoonesque que complaisant. Si l'on peut regretter une petite baisse de régime due à une vitesse de croisière trop prématurément acquise, le film reste un pur divertissement de salles obscures qui, contrairement à certains de ses « concurrents », (qui a dit Jigsaw ?) prend suffisamment de distance avec son sujet pour ne pas être pris au sérieux.

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