Critique : Après la pluie

Par Nicolas Thys
10 juin 2007
MAJ : 25 octobre 2018
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Réalisé à partir du dernier scénario de Kurosawa décédé avant d'avoir pu le tourner, Après la pluie reprend certains des thèmes fétiches du maître du cinéma japonais : la sublimation de la nature et de l‘homme, le samouraï et ses valeurs, la recherche et la maîtrise de soi. L'histoire, à la fois réaliste et lyrique se centre sur un samouraï différent, trop poli, trop sensible, respecté de tous les gens dans le besoin mais qui sans le désirer s'attire la foudre des plus grands en enfreignant les règles d'un protocole trop strict.

Hymne humaniste vantant les vertus de l'amour, du respect et de la tolérance dans un univers aux règles prédéterminées et ridicules, le film se dote en outre d'une photographie réussie misant sur des lumières naturelles et de paysages somptueux qui nous plongent dans un univers mélancolique d'une beauté inouïe.

Malgré tout la mise en scène trop quelconque laisse de nombreux regrets. Le réalisateur, qui fût l'assistant de Kurosawa pendant près de 20 ans est malheureusement loin du niveau de ce dernier. Souvent imprécise, beaucoup moins ingénieuse dans l'utilisation des cadrages et des scènes de combats, il peine à trouver son style et ne ressemble guère au final qu'à une mauvaise reproduction d'une toile de maître : artificielle et sans âme.

La preuve est faite : n'est pas Kurosawa qui veut. Et au vu de la matière scénaristique dont Koizumi disposait on déplore d'autant plus le décès de celui qui aurait pu aisément faire un chef d'œuvre de ce qui n‘est qu'un film bancal et oubliable.

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