Critique : Infidèlement vôtre

Par Laurent Pécha
26 avril 2007
MAJ : 18 septembre 2018
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Cinéaste injustement méconnu ou du moins trop souvent oublié lorsqu’on évoque les grands réalisateurs hollywoodiens des années 30-60, Preston Sturges a pourtant offert quelques bijoux de comédies déjantées et influençait le cinéma américain et ses auteurs pour l’éternité. Il suffit de voir aujourd’hui à quel point les frères Coen se revendiquent du réalisateur allant jusqu’à le citer directement dans O’ Brother ou à lui rendre un hommage non déguisé dans Intolérable cruauté.

Œuvre de fin de carrière qu’il tourna pour la Fox de Zanuck alors qu’il connut ses meilleures années à la Paramount (The Palm Beach Story), Infidèlement votre possède pourtant tout ce qui faisait la force du cinéaste : une qualité d’écriture immense (Sturges fut d’abord un des plus brillants scénaristes de sa génération), un sens du tempo époustouflant, un humour et une inventivité visuels d’une modernité étourdissante sans oublier une interprétation sans faille (démentiel Rex Harrisson) et incroyablement soignée jusque dans les plus petits rôles que le cinéaste réservait quasi exclusivement à sa troupe de comédiens fétiches, issus de sa propre compagnie de théâtre.

Mélangeant les genres avec un brio fascinant au risque de dérouter le spectateur (est-ce un film romantique, un drame, un suspense,…) tout en utilisant bien avant le Kubrick de Orange mécanique la musique classique comme un élément prépondérant et indissociable de l’intrigue, Preston Sturges signe avec Infidèlement votre l’une des comédies américaines les plus modernes et les plus intemporels qui soient

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