Critique : Azumi 2

Par Stéphane Argentin
19 janvier 2006
MAJ : 15 octobre 2018
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Ironie du sort, le seul véritable tort d’Azumi, deuxième du nom, est précisément d’arriver en seconde position dans l’ordre chronologique. Après une adaptation à l’écran du manga de Yu Koyama dont les différents ressorts dramatiques se trouvaient démultipliés par la mise en scène survoltée de Ryuhei Kitamura (Versus) aboutissant à un véritable jeu vidéo de massacre sur grand écran (le combat final à 1 contre 200 repris quelques mois plus tard par un certain Quentin Tarantino dans son Kill Bill : Volume 1), Azumi 2 tente d’inverser cette tendance, certes des plus bestiales et sanglantes, mais indubitablement des plus jouissives.


Le titre complet de ce second volet, Azumi 2 – Death or Love, est d’ailleurs parfaitement clair à ce sujet : immiscer quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes. Suite directe d’Azumi (la trame reprend peu ou proue là où elle s’achève dans le film précédent), Azumi 2 tente donc de faire graviter tout cet amour autour de son héroïne-titre. À nouveau campée par une Aya Ueto toujours aussi ravissante mais tiède (son jeu est une fois encore pour le moins limité, mais peut-être est-ce le personnage et/ou la direction d’acteur qui en sont finalement la cause), Azumi se mue désormais en une véritable Angélique marquise des anges version samouraï nippone qui s’aperçoit (avec un petit temps de retard sur le spectateur) que tous les hommes qu’elle côtoie finissent immanquablement par « tomber » pour elle, au sens propre comme au sens figuré.


Et quelle meilleure dramaturgie que la mort par amour, dans un camp comme dans l’autre ? Si les raisons et les sentiments, aussi simplistes soient-ils (la présence d’une traîtresse aussi rapidement flairée que débusquée), ne sont nullement à remettre en cause dans cet Azumi 2, les morts qui en découlent sont en revanche plus discutables. Souffrant précisément du comparatif avec son prédécesseur, illustre en la matière, les combats d’Azumi 2 ressemble désormais davantage à un Bioman sous Valium qu’aux furies visuelles que l’on était en droit d’attendre pour une suite. Et seuls un ou deux affrontements sortent finalement du lot, dont celui en forêt avec un adversaire – araignée aux filins tranchants qui ne seront pas sans rappeler l’un des pièges mortels du Cube de Vincenzo Natali ou encore ces quelques plans où la caméra est positionnée à même l’épaule d’Azumi.


Si l’idée de s’appuyer sur les troubles de son héroïne hantée par ses démons du passé aboutit au final à une suite plus approfondie en matière de sentiments, Azumi 2 souffre d’un manque général flagrant de dynamisme. Un mix des deux films aurait peut-être pu remédier au problème et aboutir à une œuvre globalement beaucoup plus accomplie.

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Kylie

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