Critique : Toolbox murders

Par Jean-Baptiste Herment
15 mars 2005
MAJ : 29 mai 2024
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Pas facile de réaliser un chef-d’œuvre dès son premier film. Depuis la réussite Massacre à la Tronçonneuse, Tobe Hooper n’a jamais à réussi à surpasser ce premier essai (de toute façon insurmontable) et a déçu bon nombre d’admirateurs tant cet opus cynique et malsain avait laissé présager la naissance d’un grand réalisateur. Pourtant, et contrairement à l’avis général, la carrière de Hooper ne se résume pas uniquement à son cauchemar texan puisque jusqu’au milieu des années 80 il a signé quelques perles de films d’horreur (The Funhouse, Le Crocodile de la Mort) et une suite gore et déjantée des aventures de Leatherface (Massacre à la tronçonneuse 2). Mais passé ce milieu de carrière très estimable, Hooper s’est mis à enchaîner les produits les plus fauchés (Nightmare pour Menahem Golan, entre autres) voir les plus bis (Crocodile et ses images de synthèse sorties d’un Atari ST), annihilant tout espoir de retour sur le devant de la scène.

La surprise n’en est que plus jouissive puisque ce remake de Toolbox Murders est son premier vrai bon film depuis près de vingt ans ! Renouant avec le genre qu’il maîtrise le mieux, le film d’horreur putride et violent, Hooper reprend les ingrédients classiques de ce type de produit (gore, images sous exposée et casting ambigu) pour nous livrer un pur produit délicieusement daté. À l’image du House of 1000 Corpses de Rob Zombie, Hooper concocte un slasher qui à plus à voir avec un The Burning qu’avec les néo-thrillers actuels. Ici pas de twist final ou de star télé à la mode mais un ambiance prenante, magnifiée par la lumière tout en clair-obscur de Steve May Yedlin, et un premier degré efficace. Avec ses personnages typiques de série B (actrice torturée, gérant magouilleur, homme à tout faire louche..), Hooper joue le huis clos claustrophobe et malsain, faisant de Toolbox… du Polanski matiné de giallo et d’ accoucher d’un B certes classique mais diablement jouissif et imaginatif (tous les outils du tueur sont mis à contribution). Hooper fait montre d’un sens du cadre qu’on lui croyait perdu (quelques sursauts bien sentis), installe une ambiance glauque au détour de longs couloirs vides avant de lâcher la pression lors d’un final grand guignol proche de celui de Massacre à la tronçonneuse 2 avec son coté train-fantome. Sa maîtrise n’est peut-être pas aussi impressionnante que celle de son premier Massacre… mais on ne l’avait pas connu aussi efficace depuis très (trop) longtemps et on aurait tort de se priver !

Toolbox Murders est loin d’être parfait (un manque de subtilité de la part de ses scénaristes, quelques idées pas assez exploitées) mais ne perd pas de sa superbe et s’en tire haut la main. Nostalgiques des slashers d’antan – avec leurs meurtres craspecs, leurs couloirs sombres et leurs psychopathes déjantés – ce Toolbox Murders 2003 est définitivement fait pour vous ! Pour les autres…

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