Films

Superman IV : Critique

Par Laurent Pécha
12 octobre 2007
MAJ : 17 août 2021

Superman IV est une purge dont le seul exploit valable est d’enfoncer à coup de voiture-bêlier les frontières de nullité instaurées par le précédent épisode. 

Superman IV : Photo Christopher Reeve

En même temps, une fois que l’on sait que le film fut produit par une Cannon au bout du rouleau – aka le meilleur employeur de Charles Bronson et Chuck Norris dans les 80’s -, pouvait-il en être autrement ? Mis à part les cinglés sécuritaires arpentant les vidéo-clubs et certains membres de cette rédaction nostalgiques d’une adolescence drivée par les productions du tandem Menahem Golan / Yoram Globus (on les reconnaît à leur emploi du diminutif « Mémé et Yoyo » aussi affectueux que complaisant, à leur coffret DVD American Ninja et aux notations surréalistes d’Invasion U.S.A.), l’évocation de la Cannon a davantage rimé avec « étron » qu’avec « parangon » et ce Superman IV fait honneur à la maison de bout en bout.

 

 

Dans un sens, Superman IV impressionne par cette propension à se mordre la queue et se fâcher avec tout le monde. Le fan transi de l’Homme d’Acier hurle à la trahison pendant que l’amateur de grand spectacle se sent roulé dans la farine quand l’alcoolique au bord du coma n’en peut plus de ricaner parce qu’il a conscience de ne pas avoir encore assez bu pour oublier les incohérences débiles d’une histoire écrite par dessus la jambe. La preuve par l’exemple : un morveux demande à Superman de se débarrasser de toutes les têtes nucléaires pour que s’arrête la Guerre et qu’enfin la paix, elle puisseuh régner sur la Terreuh. Récapitulons : il est bien connu que Superman ne se mêle pas de géopolitique humaine (la trahison), particulièrement si son ingérence est dépeinte avec une telle niaiserie (l’« entubage ») ; ensuite, c’est bien connu, les peuples ont attendu l’avènement de la Bombe A afin de pouvoir se mettre sur la gueule pour mieux casser ensuite les prix sur la mégatonne atomique suite au discours neuneu d’un gugusse en slip rouge / collant bleu à la tribune de l’ONU ; discours applaudi par ceux qui, précisément, refusaient de se désarmer il n’y a pas cinq minutes (le grand n’importe quoi !)

 

 

Enfin il reste le cas pathétiquement tordant du vilain-pas-beau : Nuclear Man, cloné par Lex Luthor à partir de l’ADN de Kal-El. Faire passer l’uranium avant la kryptonite dans le classement des éléments les plus dangereux pour notre héros et nous faire découvrir le rayon oculaire «  réparation de chantier à trois cent briques » amène forcément un ricanement difficile à réprimer. Mais alors ce Nuclear Man… Non content d’être affublé d’un faciès à remiser Dolph Lundgren dans la catégorie «  acteur cérébral », d’une coupe de cheveux à la Duran Duran (merci les 80’s) et d’un rictus de mongoloïde hésitant entre colère affichée et constipation passagère, le Nuclear Man souffre d’être mal nommé puisque, à la manière des poulets de OSS 117, il ne s’active qu’à la lumière pour détruire Superman… et harceler le personnage de Mariel Hemingway (qui ne sert à rien, tout comme la sous-intrigue du Daily Planet transformé en torche-cul)

 

 

 

Rédacteurs :
Résumé

Finalement, résumer Superman IV reviendrait à citer Lex Luthor (Gene Hackman, pensant un peu trop fort à son chèque) à propos de son neveu Lenny (insupportable Jon Cryer) : « la partie dégénérée de ma famille » Voilà une affirmation tout à fait adaptée à ce film, un genre d'union incestueuse à Tchernobyl, un mélange détonnant et horrible qui ne peut engendrer qu'une atrocité et conduire un héros vers une mort certaine.

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Flo1

Fin de l’ère Salkind, les productions Cannon reprennent le flambeau et ça sera évidemment dramatique.
Sidney J. Furie, habitué aux Séries B jusqu’à la fin, ne fera pas de miracles alors qu’il y a de gros manques de moyens (ou des économies bien trop strictes) :
Effets spéciaux définitivement indigents, redondances avec les précédents films, par exemple des problèmes avec les pouvoirs, hélas sacrifiés aux montage (la vue d’un Clark vieilli et mourrant est saisissante, 8 ans avant l’accident de Christopher Reeve) et une aide venant encore du cristal kryptonien.
Et toujours la routine (générique, blague sur les transports, fin tout sourire) et des raccourcis scénaristiques…